L'hypertension artérielle en dix questions

Dernière mise à jour: août 2015 | 14210 visites

dossier Quelles sont les causes de l’hypertension artérielle ? A quelles complications expose-t-elle ? Comment la prévenir ? Comment la traiter ? Voici les réponses à dix questions sur cette maladie souvent silencieuse.

Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?

« L’hypertension artérielle est une élévation permanente de la pression artérielle qui augmente le risque de développer une maladie cardiovasculaire, en particulier l’accident vasculaire cérébral et l’infarctus du myocarde », explique le Pr Marc Leeman (Hôpital Erasme).

Qui poursuit : « L’hypertension artérielle est parfois appelée le « tueur silencieux » : elle peut endommager le système cardiovasculaire pendant de nombreuses années sans que le patient s’en aperçoive. Il est donc important qu’elle soit dépistée, par la mesure de la pression artérielle à chaque consultation médicale, quel qu’en soit le motif. »

L’hypertension est définie par une valeur systolique égale ou supérieure à 140 mmHg et/ou une valeur diastolique égale ou supérieure à 90 mmHg (140/90). Mais, mais ! « Le risque de développer une maladie cardiovasculaire est continu », précise le Pr Leeman. « Plus la pression artérielle est élevée, plus le risque est élevé. »

L’hypertension systolique isolée (égale ou supérieur à 140, avec une valeur diastolique inférieure à 90), le type d’hypertension le plus fréquemment rencontré chez la personne âgée, est clairement associée aux maladies cardiovasculaires chez les plus de 55 ans.

Quelles sont les causes de l’hypertension ?

Dans la majorité des cas (90% des hypertendus), la cause précise de l’hypertension artérielle n’est pas connue : on parle d’hypertension artérielle « essentielle » ou « primaire » ou « primitive ».

« L’origine de ce type d’hypertension est l’interaction entre des facteurs génétiques (le risque de développer une hypertension est plus élevé si les parents sont hypertendus) et des facteurs environnementaux (mode de vie) », souligne le Dr Hilde Heuten (service de cardiologie de l’UZ Antwerpen).

Les hypertensions « secondaires » peuvent trouver leur origine dans une maladie rénale, un dérèglement hormonal, le syndrome d’apnées obstructives du sommeil ou encore la prise de certains médicaments.

Pourquoi l’hypertension est-elle dangereuse ?

Nous avons mentionné son caractère de « tueur silencieux ». Les complications potentielles sont nombreuses, graves, peuvent toucher plusieurs organes, et coexister chez un même patient.

On citera : les atteintes du cœur (athérosclérose des artères coronaires pouvant mener à l’infarctus du myocarde), des vaisseaux cérébraux (accident vasculaire cérébral), des reins (insuffisance rénale) et des grosses artères (athérosclérose des artères des jambes).

Ainsi que l’observe le Pr Alain Dupont (UZ Brussel - VUB), « les études épidémiologiques montrent que le risque de complication débute déjà pour une pression artérielle de 115/75 mmHg et double pour chaque augmentation de 20/10 mmHg. De plus, le risque de maladie cardiovasculaire ne dépend pas uniquement de la présence d’une hypertension artérielle, mais aussi de l’existence d’autres facteurs de risque, comme le diabète, le tabagisme, l’hypercholestérolémie… »

L’hypertension artérielle est-elle fréquente ?

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« La fréquence de l’hypertension artérielle est difficile à évaluer parce que beaucoup d’hypertendus ne sont pas dépistés », indique le Pr Jean-Marie Krzesinski (service de néphrologie – CHU Sart Tilman). « La fréquence dépend aussi de la valeur seuil choisie comme définition ».

Ceci étant, en Belgique, les études disponibles indiquent que 25 à 30% des adultes présentent une hypertension artérielle, sachant que sa fréquence augmente avec l’âge.

Comment peut-on mesurer la pression artérielle ?

Chez le médecin dans le cadre d'une consultation de routine, sachant que des appareils semi-automatiques ou automatiques d’auto-mesure à domicile sont disponibles dans le commerce. La mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) pendant vingt-quatre heures peut aussi être indiquée.

Quel bilan réaliser lors d’un diagnostic d’hypertension ?

« Un adage médical bien connu nous apprend que l’on ne traite pas des valeurs de pression artérielle mais bien un patient dans sa globalité », souligne avec beaucoup d’à-propos le Pr Alexandre Persu (service de pathologie cardiovasculaire – Cliniques universitaires Saint-Luc). Les finalités du bilan sont les suivantes :

• confirmer que l’hypertension est bien réelle, permanente et n’est pas une hypertension de la blouse blanche (stress face au médecin)
• rechercher une éventuelle cause secondaire d’hypertension
• évaluer le retentissement éventuel de l’hypertension (dégâts qu’elle aurait déjà provoqués au muscle cardiaque, aux reins…)
• identifier et traiter les facteurs de risque cardiovasculaire fréquemment associés à l’hypertension (obésité abdominale, excès de cholestérol, diabète…)

Examen clinique complet, analyse de sang et d’urine, échographie cardiaque… : les outils ne manquent pas.

Qu’entend-on par risque cardiovasculaire global ?

Le risque cardiovasculaire global est généralement défini comme le risque de présenter un accident cardiovasculaire (infarctus, AVC…) dans les dix ans à venir.

« Il est influencé par l’ensemble des facteurs de risque et dégâts au cœur et aux vaisseaux, et pas seulement l’hypertension artérielle », poursuit le Pr Alexandre Persu. Les facteurs de risque cardiovasculaire ne s’additionnent pas, mais se « multiplient », explique le spécialiste, qui fournit cet exemple : « Avoir concomitamment « un sucre sanguin un peu élevé », un « cholestérol limite », une « tension artérielle à peine trop élevée » et un gros ventre implique un haut risque cardiovasculaire ! »

L’évaluation de ce risque global influence la nature, la rapidité et l’intensité du traitement de l’hypertension et conditionne le remboursement de certains médicaments (certains hypocholestérolémiants, par exemple). Sachant, et c’est bien là l’essentiel, que le risque cardiovasculaire global n’est pas fixé une fois pour toutes, et qu’une prise en charge adaptée – mode de vie, médicaments… - permet de l’abaisser.

Comment prévenir l’hypertension artérielle ?

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Le Dr Jean-Marie Krzesinski retient une série d’approches majeures :

la réduction pondérale (l’excès de poids est probablement le facteur le plus important de développer une hypertension artérielle)
la limitation de la consommation de sel (le lien est connu, sachant que nos besoins physiologiques s’établissent aux alentours de 0,5 g par jour, alors que nous en consommons en moyenne… 10 g quotidiennement !)
l’adaptation du régime alimentaire (avec abondance de fruits et de légumes, peu de graisses saturées…)
la limitation de la consommation d’alcool (à défaut de ne pas en boire, pas plus de deux verres par jour pour les femmes et maximum trois pour les hommes)
la pratique régulière d’une activité physique (une demi-heure par jour de marche soutenue, par exemple)
l’arrêt du tabac (en raison du risque cardiovasculaire, même s’il n’y a pas d’évidence que le tabagisme provoque de l’hypertension artérielle)

Quel traitement contre l’hypertension ?

Il inclut toujours des mesures non médicamenteuses (hygiène de vie) et généralement des médicaments.

Il existe plusieurs classes d’antihypertenseurs : diurétiques, antagonistes calciques, inhibiteurs du système rénine-angiotensine-aldostérone, bêta-bloquants.

La réponse à ces médicaments est variable d’un patient à l’autre, et des ajustements peuvent être nécessaires. Le traitement est à suivre à vie.

Quel est l’objectif du traitement ?

Réduire la pression artérielle, bien sûr, mais aussi, et surtout, réduire le risque de complications cardiovasculaires.

L’objectif à atteindre est une pression inférieure à 140/90 mmHg, voire 130/80 mmHg chez les hypertendus à très haut risque cardiovasculaire.

Source: Fonds pour la chirurgie cardiaque (www.hart-chirurgie-cardiaqu)
publié le : 12/03/2015 , mis à jour le 08/08/2015
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