Et si vous tombez gravement malade en avion ?

Dernière mise à jour: juin 2018 | 14845 visites
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Et si vous tombez gravement malade en avion ?

dossier A l’heure des grandes transhumances estivales, un nombre considérable de vacanciers s’envolent vers des destinations plus ou moins lointaines.

Aujourd’hui, grâce au transport aérien, la Terre s’est faite toute petite.

L’écrasante majorité des passagers arriveront sans encombre à bon port. Mais pas tous : chaque jour, plusieurs centaines de personnes souffrent d’un problème médical à bord d’un avion.

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En soi, l’avion reste l’un des moyens de transport les plus sûrs. Ceci étant, il véhicule une telle densité d’individus qu’il est inévitable que des accidents – en l’occurrence de santé – surviennent à bord.

On imagine le scénario catastrophe : la crise cardiaque quelque part au-dessus de l’Atlantique, à des milliers de kilomètres de l’aéroport le plus proche. Il va évidemment sans dire (mais c’est mieux en le précisant…) que le personnel navigant bénéficie d’une formation spécifique pour tenter de faire face à ces situations.

Toutefois, comme le souligne un rapport de l’Association médicale mondiale (AMM), « il ne dispose que de connaissances et d’une expérience limitées, et ne peut fournir la même assistance qu’un médecin ou d’autres professionnels de santé agréés ».

Heureusement, et de manière d’ailleurs assez surprenante, la probabilité qu’un « pro » soit présent lors de ces événements est particulièrement élevée. Selon des données recensées par la société « em-consulte », alors que la moitié des incidents requièrent un avis médical, celui-ci est obtenu à bord dans… sept cas sur dix. Soit auprès d’un médecin (40%), d’une infirmière (25%) ou d’un « paramédical » (4%).

A ce propos, l’AMM pointe un écueil d’une réelle pertinence. En effet, s’il semble tout naturel de venir en aide à un passager en difficulté, qu’en est-il de la responsabilité légale ? Autrement dit, comme pour tout geste médical pratiqué « au sol », qu’adviendra-t-il si le patient, mécontent pour l’une ou l’autre raison, décide d’intenter un procès au soignant ? Cette réaction peut paraître insensée, mais cela s’est déjà vu, singulièrement aux Etats-Unis ! Les compagnies ont pris des dispositions pour assurer un certain degré de protection aux « bons samaritains », mais cela n’empêche pas quelques hésitations…

Les situations d’urgence

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Toujours est-il que les intervenants peuvent puiser dans un équipement de secours, au contenu variable selon les compagnies et surtout le type de vol (court, moyen ou long courrier).

Les normes européennes recommandent, comme matériel basique, un kit médical d’urgence (la mallette de soins classiques du médecin), un kit de premiers secours, ainsi qu’une pharmacie de bord (une série de médicaments d’usage courant, comme les antidouleurs). Ceci ne suffit évidemment pas dans les cas graves. Notons d’abord qu’une estimation fait état d’un incident médical pour 15.000 à 40.000 passagers. Beaucoup de ces problèmes ne portent pas à conséquence (un souci digestif, par exemple).

Toutefois, une proportion non négligeable met en jeu le pronostic vital, à l’instar de ce millier d’infarctus qui surviendraient chaque année en plein vol. A ce propos, un nombre sans cesse croissant de compagnies aériennes se sont équipées de défibrillateurs automatiques (le personnel est bien entendu formé à leur utilisation), dont on sait à quel point ils s’avèrent précieux dans les situations d’extrême urgence.

Celles aussi qui peuvent décider le commandant de bord à se dérouter, soit d’initiative, soit sur les conseils d’un médecin ; que ce dernier soit présent dans l’avion ou contacté à distance. La mise à disposition d’une « hotline », reliée par satellite à un centre de régulation médicale spécialisé, est d’ailleurs de plus en plus fréquente.

Après l’atterrissage, les passagers malades sont pris en charge par une cellule sanitaire, qui va d’abord stabiliser leur état avant de les diriger vers l’hôpital le plus proche. C’est forcément vers cette même cellule que seront orientés les passagers accablés par un problème de santé dans l’enceinte de l’aéroport.

Des précautions élémentaires

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Si par définition, un problème peut survenir n’importe où à n’importe quel moment, l’environnement à bord d’un avion augmente les risques. Les effets de la pressurisation sont responsables de l’essentiel des incidents. Hypoxie (oxygénation insuffisante des tissus), hypobarie (baisse de la pression atmosphérique, avec notamment dilatation cellulaire) et réduction de l’hygrométrie (le taux d’humidité de l’air) apparaissent comme les trois facteurs déterminants.

Pour la plupart des voyageurs, les précautions élémentaires suffisent (marcher à intervalles réguliers, ne pas boire d’alcool…). Pour d’autres, les risques sont plus élevés. Un bon conseil : en cas de doute, ne pas hésiter une seule seconde à alerter les membres d’équipage.

Attestations et prescriptions

Il va de soi qu’une bonne assurance préviendra bien des désagréments en cas de problème médical à l’étranger, nécessitant des soins sur place, ou au pire un rapatriement. En tout état de cause, informez-vous dans un premier temps auprès de votre mutualité, qui vous fournira des renseignements importants.

Autre point crucial : les médicaments. Etant donné le climat d’hyper-méfiance qui règne aujourd’hui, il ne sera certainement pas superflu de se munir d’une attestation médicale si l’on doit voyager avec une quantité inhabituelle de produits, histoire de lever les suspicions à la douane. Attention : toujours garder à l’esprit que seules des quantités très limitées de liquides – même à usage médico-sanitaire (sirop, désinfectant…) - peuvent être emportées en cabine (bagage à main).

Par ailleurs, quelques prescriptions de « réserve » permettront de faire face à la perte ou la détérioration des médicaments. La plupart des médecins le font déjà, mais s’il n’en va pas ainsi, demandez à votre praticien de mentionner le code DCI du médicament. Autrement dit, la « dénomination commune internationale », qui permet à n’importe quel pharmacien à travers le monde d’identifier sans ambiguïté la substance dont il est question.

La plupart des personnes souffrant de troubles médicaux sont autorisées à voyager en avion. Une attestation médicale pourra toutefois être demandée par la compagnie si cette aptitude est mise en doute et/ou si des soins particuliers sont nécessaires au cours du vol. Le cas échéant, et après autorisation, les patients peuvent embarquer avec du petit matériel médical (oxygène, nébuliseur…).


publié le : 28/06/2018 , mis à jour le 26/06/2018
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