Le dépistage du cancer du côlon

Dernière mise à jour: mai 2018 | 12185 visites

dossier Le diagnostic précoce du cancer colorectal permet de réduire considérablement le risque de mortalité qui lui est lié.

A qui s’adresse le dépistage et en quoi consiste-t-il ? Le point avec le service de gastroentérologie de l’Hôpital Erasme (Bruxelles).




Pourquoi un dépistage ?

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Chaque année, plus de 9000 nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués en Belgique. Il touche autant les hommes que les femmes, et survient, pour 90%, après 50 ans. Les trois quarts affectent une population ne présentant pas de facteur de risque autre que l’âge. « Malheureusement, lors du diagnostic, seul un tiers des patients sont à un stade précoce, associé à un meilleur pronostic de survie », apprend-on.

En fait, la majorité des tumeurs colorectales résultent de la transformation maligne de polypes. Ceux-ci sont fréquents (ils concernent 25% à 40% des plus de 50 ans) et se répartissent sur l’ensemble du côlon (les localisations privilégiées varient cependant selon la tranche d’âge). Environ 5% des polypes se cancérisent, une évolution maligne qui s’étale sur cinq à dix ans. Considérant cela, l’ablation de tout polype est essentielle.

Les spécialistes de l’Hôpital Erasme insistent sur ce point majeur : « Le dépistage par endoscopie diminue le risque de développer un cancer et réduit la mortalité de celui-ci de moitié ». Il doit faire l’objet d’une approche similaire au dépistage du cancer du sein ou du cancer de la prostate.

Les buts du dépistage sont donc :

1° - Un diagnostic précoce et un retrait des polypes au stade bénin, dans le but de prévenir le développement d’un cancer.

2° - Un diagnostic de cancer au stade le plus précoce possible, avec un bien meilleur pronostic de guérison.

A qui s’adresse le dépistage ?

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On retiendra quatre catégories de population.

1° - Toute personne présentant des symptômes d’alarme

A savoir la modification persistante du rythme de défécation, la présence de sang dans les selles, des douleurs abdominales d’apparition récente ou encore une perte de poids inexpliquée. Dans ces cas, il est vivement conseillé de consulter.

2° - Les personnes à risque moyen

Toute personne âgée de plus de 50 ans.

3° - Les personnes à risque élevé

Toute personne présentant :

• des antécédents personnels de polypes
• des antécédents personnels de maladie inflammatoire du tube digestif (recto-colite ou maladie de Crohn)
• des antécédents familiaux au 1er degré de polypes et/ou de cancer colorectal. Plus nombreux et plus jeunes sont les membres de la famille à avoir été atteints, plus le risque est élevé pour le parent.

4° - Les personnes à risque très élevé

Toute personne présentant une histoire familiale :

• de polypose familiale multiple
• de cancer colique héréditaire :

- au moins trois membres du 1er ou du 2ème degré atteints (dont au moins un du 1er degré)
- au moins deux générations consécutives atteintes
- un membre ayant développé un cancer avant 50 ans

Comment se faire dépister ?

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Le type d’examen et la périodicité sont déterminés par l’ampleur du risque.

1° - Sang dans les selles. Le prélèvement de selles s'effectue chez soi. L'échantillon est envoyé à un laboratoire et une analyse permet de déterminer la présence de sang occulte (non visible) dans les selles. Cet examen ne nécessite pas de préparation. En Belgique, ce dépistage est proposé gratuitement tous les deux ans à partir de l'âge de 50 ans.

2° - La recto-sigmoïdoscopie. Un examen de courte durée (cinq à dix minutes), bien toléré, avec une préparation simple. Il se limite à l’examen de la partie distale du côlon (rectum et sigmoïde). Cependant, il risque de manquer une proportion importante (25% à 50%) des cancers, surtout après 65 ans.

3° - La coloscopie totale. L’examen le plus complet, en hôpital de jour, permettant le diagnostic et l’ablation des polypes dans l’ensemble du côlon. La préparation n'est pas très agréable, puisqu'il faut avaler de grandes quantités d'un mélange poudre - liquide qui va entièrement nettoyer le côlon. L'exploration par endoscope dure environ une demi-heure et elle se déroule sous sédation (le patient est endormi).

4° - La coloscopie virtuelle. Un examen radiologique non invasif, qui ne nécessite pas le même type de préparation que la coloscopie totale. Il ne permet pas de réaliser l’ablation des polypes.


publié le : 17/05/2018 , mis à jour le 16/05/2018
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