Insuffisance rénale : causes, symptômes et traitements

Dernière mise à jour: mars 2018 | 78415 visites

dossier Les reins jouent un rôle crucial en tant que station d’épuration de l’organisme, puisqu’ils ont en charge la filtration du sang, afin d’en éliminer les substances toxiques, ainsi que le contrôle de l’équilibre du corps en eau et en sels minéraux.

En cas de (sérieux) problème de fonctionnement, les toxines s’accumulent, avec une intoxication progressive : c’est l’insuffisance rénale. Dans les cas les plus avancés, lorsque tout est (quasiment) à l’arrêt, la dialyse va se substituer aux reins, alors qu’une greffe sera envisagée.

Insuffisance aiguë et chronique

Dans le cas de l’insuffisance rénale aiguë, la perte de fonction est brutale et dans la plupart des cas réversible (mais pas toujours). Ses causes peuvent être diverses : hémorragie, déshydratation, choc allergique, insuffisance cardiaque, effet secondaire de certains médicaments, hypertrophie de la prostate, calcul aux reins… Il s’agit d’une urgence médicale.

L’insuffisance rénale chronique, que nous aborderons ici plus en détail, se traduit par une perte de fonction (très) progressive, avec la formation de lésions qui présentent un caractère irréversible.

Quelle origine ?

Toutes les maladies affectant le rein sont susceptibles d’évoluer vers une insuffisance chronique. En insistant sur le fait que lorsque ces affections d'origine sont prises en charge suffisamment tôt, cela augmente considérablement les chances de guérison, et permet à tout le moins, pour beaucoup d’entre elles, d’en ralentir la progression. D’où l’importance de procéder, lors d’un bilan de santé, à une analyse des urines.

L’utilisation sur une longue durée de certains médicaments (comme les antidouleurs) peut aussi entrer en ligne de compte ; tout comme les infections urinaires à répétition et les malformations de l’appareil urinaire.

L’hypertension artérielle constitue un facteur de risque majeur : elle doit être maîtrisée, étant donné qu’elle peut accélérer la détérioration rénale. Le diabète doit faire l’objet de la même attention.

Quels symptômes ?

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La progression de la maladie rénale est souvent silencieuse : elle altère peu à peu la fonction du rein sans que le patient s’en aperçoive. La personne peut se considérer en bonne santé apparente alors que ses reins ne fonctionnent plus qu’à 10% ou 20% de leur capacité optimale. Certains symptômes doivent être considérés comme des signaux d’alerte :

• besoin fréquent d’uriner, notamment la nuit
• urine rouge ou rosée (en raison de la présence de sang)
• urine qui mousse
• difficultés à uriner
• mauvais goût dans la bouche
• perte d’appétit ou de poids
• nausées, vomissements
• essoufflement
• démangeaisons persistantes
• crampes nocturnes
• gonflement des paupières et/ou des chevilles
• fatigue intense

Ces manifestations (ou une partie d’entre elles) doivent inciter à consulter un médecin, qui effectuera un bilan par prise de sang et analyse d’urines.

Quelles conséquences ?

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Un mauvais fonctionnement des reins peut engendrer des conséquences sévères.

Les déchets toxiques s’accumulent dans l’organisme : une sensation de mal-être se développe, avec nausées, vomissements, perte de l’appétit, troubles du sommeil…
• Une acidose métabolique s’installe : les reins ne parviennent plus à éliminer les acides issus de la digestion des aliments.
• La moelle osseuse ne produit plus assez de globules rouges, nécessaires au transport de l’oxygène dans le sang, en raison d’une baisse de la sécrétion d’érythropoïétine (essentiellement fabriquée par le rein). L’anémie prend place, avec fatigue persistante et un essoufflement lié au manque d’oxygène. Il existe un risque de dommages cardiaques, puisque le cœur est alors davantage sollicité.
• Le mécanisme de l’absorption du calcium est déréglé (hypocalcémie), alors que les concentrations de phosphore augmentent. Double menace : une fragilisation osseuse (le calcium est puisé dans les os pour en réguler le taux sanguin) et des complications cardiovasculaires.
• Lorsque les reins produisent moins d’urine, cette élimination insuffisante de liquide peut être à l’origine de la formation d’œdèmes (par accumulation de l’eau en excès).
• A un stade encore plus avancé, le potassium (provenant de l’alimentation) n’est plus éliminé correctement, ce qui peut provoquer des troubles – potentiellement gravissimes – du rythme cardiaque.

Le diagnostic

Il est souvent posé fortuitement, dans le cadre d’un bilan de contrôle périodique ou de la surveillance de l’évolution d’une autre maladie.

Ceci étant, le degré de gravité de l’insuffisance rénale chronique est déterminé par le dosage du taux de créatinine dans le sang (voire également dans les urines), avec prise en compte du poids, de l’âge et du sexe. Le coefficient qui en résulte permet de classer l’insuffisance comme débutante, modérée, sévère ou terminale. On parle de clairance de la créatinine, c’est-à-dire la capacité du rein à éliminer cette molécule produite dans les muscles et transportée dans la circulation sanguine.

D’abord, freiner l’évolution

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Le premier objectif de la prise en charge consiste à traiter la cause de la maladie rénale chronique. Si cela n’est pas possible, il faut essayer de ralentir sa progression. Quatre points sont essentiels.

• Viser une pression artérielle qui ne dépasse pas 130/80 mmHg (13/8).
• Traiter la protéinurie (albuminurie).
• Le cas échéant, arrêt du tabac (toxique pour les reins).
• Equilibrer de manière optimale le diabète (s’il est présent, bien entendu).

L’insuffisance terminale

Le stade ultime de l’insuffisance rénale chronique : la perte de fonction rénale est telle que la vie du patient est menacée. Il s’agit donc soit de pallier mécaniquement l’inefficacité rénale (dialyse), soit de remplacer l’organe (greffe).

La dialyse

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Elle permet de débarrasser le sang des toxines et de l’eau en excès.

• Soit par le biais d’une machine à dialyse (rein artificiel). Le sang est pompé, filtré par une membrane et ensuite réinjecté : on parle d’hémodialyse (à domicile ou dans un centre).
• Soit en exploitant les capacités de filtration du péritoine, la membrane qui enveloppe l’intérieur de la cavité abdominale. Un liquide composé d’eau, de sucre et de sels minéraux (le dialysat) est introduit via un cathéter, agit durant quelques heures avec une lente épuration du sang et la captation du surplus d’eau, avant d’être éliminé et remplacé par du dialysat frais : on parle de dialyse péritonéale.

La transplantation

La greffe est réalisée soit à partir d’un donneur vivant (avec les meilleurs résultats et sans altération de la santé du donneur), soit à partir d’un donneur décédé. La greffe nécessite un suivi régulier et un traitement immunosuppresseur rigoureux (afin de prévenir le phénomène de rejet). L’organe greffé a une durée de vie limitée : il peut donc être nécessaire de procéder à une nouvelle transplantation, avec entretemps l’intervention de la dialyse.

Source: www.saintluc.be - www.renaloo.com
publié le : 10/09/2015 , mis à jour le 01/03/2018
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