Grippe : en quelle année êtes-vous né ?

Dernière mise à jour: février 2017 | 3 réactions | 18508 visites
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news Il semblerait que l’année de naissance joue un rôle dans la protection contre les complications de la grippe : comment expliquer cela ?

Jusqu’à présent, les spécialistes pensaient que l’exposition au virus de la grippe pendant l’enfance n’offrait (quasiment) aucune protection contre les virus grippaux qui frappaient par la suite. Si on en croit cette étude américaine (universités de Californie et d’Arizona), il faut sans doute revoir cette théorie. Les chercheurs ont considéré deux souches virales de la grippe aviaire (transmise par les oiseaux), toutes deux de type A : H5N1 et H7N9. L’une des caractéristiques de ces virus, très préoccupants (on se souvient notamment du vent de panique déclenché à plusieurs reprises par H5N1), porte sur le fait que les jeunes adultes paraissent particulièrement exposés aux complications graves, alors qu’habituellement, celles-ci affectent surtout les personnes âgées et les enfants en bas-âge.

Les chercheurs ont examiné en détail le profil des patients qui avaient développé des complications graves, voire mortelles, après avoir été infectés par ces virus grippaux. Ils ont ainsi découvert que les caractéristiques de la première infection grippale à laquelle une personne est confrontée détermine son « empreinte immunologique », c’est-à-dire la capacité ou non à résister à l’avenir à la même souche, ou plutôt au même groupe de virus. Tout tient à une protéine, indiquent les chercheurs, appelée hémagglutinine, présente à la surface du virus de la grippe, et qui lui permet de se fixer sur la cellule qu’il va infecter.

Deux « saveurs » de virus : bleue et orange


Il existe une vingtaine de types différents d’hémagglutinine, mais seulement deux « saveurs », selon le terme employé par les spécialistes américains, qu’ils ont baptisées « bleue » et « orange ». Et ils expliquent ainsi le processus : si pendant l’enfance, on a été exposé à la saveur bleue, et que plus tard dans l’existence, un virus bleu frappe à nouveau, les risques de complications sévères sont considérablement réduits. Par contre, s’il s’agit de la saveur orange pendant l’enfance, la protection conférée par la première infection ne se produit plus face à un virus « bleu ». Ceci ne signifie pas que la maladie engendrera nécessairement des conséquences graves, mais la personne ne bénéficie plus d’une protection croisée.

On peut effectuer un rapprochement avec la grippe espagnole, qui a causé la mort de dizaines de millions de personnes en 1918 - 1919 et qui a surtout concerné des adultes jeunes : bien plus tard, des analyses ont montré que ces victimes avaient été exposées dans leur enfance au virus grippal de type H3, et que cela ne leur avait conféré aucune protection contre le virus de la grippe espagnole, de type H1. Les chercheurs ajoutent que les personnes nées avant la fin des années 60 ont surtout été exposées à des virus « bleus » (H1 et H2), et que cela leur confère une certaine protection contre les complications liées à H5N1, lui aussi « bleu », mais pas contre H7N9, un virus « orange ». Pour ceux qui sont nés après 1968, c’est l’inverse.

Ce que soulignent les spécialistes, c’est que ces informations, qui doivent être affinées, devraient contribuer à mieux déterminer - sans jamais de certitude absolue évidemment - les tranches d’âge qu’un virus grippal « bleu » ou « orange » frapperait le plus durement, et alors mieux adapter la prévention et la surveillance.

Source: Science (www.sciencemag.org)
publié le : 01/02/2017 , mis à jour le 02/02/2017

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