Que faut-il savoir sur le lipofilling mammaire ?

Dernière mise à jour: mai 2017 | 3405 visites

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La correction ou augmentation mammaire réalisée avec son propre tissu graisseux (lipofilling, augmentation mammaire autologue ou transplantation de graisse autologue) est une technique opératoire relativement neuve pour augmenter quelque peu le volume des seins, ou pour corriger les anomalies mammaires apparues suite à une chirurgie mammaire conservatrice ou à une opération de reconstruction mammaire.

L’un des avantages de cette technique est qu’aucun matériau de prothèse n’est utilisé et que le résultat se veut très naturel et permanent. Le désavantage est que l’ensemble du tissu graisseux injecté ne survit pas et que plusieurs interventions peuvent se révéler nécessaires.

Qu’est-ce que le lipofilling ?

Lors du lipofilling, le propre tissu graisseux, qui a été prélevé ailleurs (abdomen, fesses,…), est injecté dans la poitrine. Vu que cette technique n’utilise que le tissu graisseux propre, on parle d’une correction ou augmentation mammaire naturelle. Une fois que le tissu graisseux se sera développé, l’effet sera permanent.

À qui s’adresse le lipofilling ?

Le lipofilling s’effectue principalement à la suite d’une opération mammaire (ablation d’une tumeur, reconstruction mammaire...). Dans certains cas, cette technique peut également être employée pour réaliser une augmentation mammaire (limitée) ou pour corriger certains défauts de la poitrine.

Discutez longuement avec votre médecin généraliste ou votre chirurgien plastique des avantages et des inconvénients du lipofilling en fonction de votre situation personnelle ou pour savoir si vous entrez ou pas en ligne de compte pour une telle intervention.

• Le lipofilling peut permettre de corriger des petits défauts ou anomalies à la suite d’une chirurgie de mammaire conservatrice. Le sein peut, par exemple, être déformé ou être devenu plus petit, ou encore présenter une cicatrice invaginée ou « rentrée ». Il est conseillé de patienter un an après la fin d’une chimiothérapie avant d’envisager un lipofilling, car on constate souvent une amélioration spontanée de l'aspect du sein.

• Le lipofilling peut également permettre de traiter les conséquences négatives, les suites inesthétiques d’une radiothérapie (qualité de la peau et zones rugueuses).

• C’est aussi la technique idéale, à l’issue d’une reconstruction mammaire à l’aide des tissus propres, pour ajouter du volume supplémentaire au sein qui a été reconstruit ou pour combler des petits défauts.

• Le lipofilling peut être réalisé en complément d’une reconstruction mammaire avec prothèse ou implant. De cette manière, une plus petite prothèse peut être posée et l'intervention sera parachevée par l'injection d'une plus importante couche de tissu graisseux autour de la prothèse. Ceci permet d’obtenir un résultat plus naturel (tant sur le plan de l’apparence que du toucher). Cette technique peut également être utilisée dans le cas de complications ou de douleurs provoquées par une couverture insuffisante de tissu sous-cutané à la suite du placement d’une prothèse.

• La technique peut être utilisée lors d’une différence de volume (une asymétrie) entre les deux seins.

• Le lipofilling est aussi une excellente technique pour traiter d’un point de vue cosmétique des anomalies de la cage thoracique (par exemple syndrome de Poland) ou des seins (par exemple seins tubéreux).

• Le lipofilling permet parfois une augmentation mammaire esthétique, mais ce n'est certainement pas le cas chez chaque femme. La technique est uniquement adaptée pour une augmentation mammaire relativement petite. Vous pourrez alors gagner une à une taille et demie de bonnet supplémentaire. Pour arriver à ce résultat, plusieurs traitements ou opérations peuvent être nécessaires. La peau devra, en outre, être suffisamment élastique pour supporter le volume des seins.

Comment réalise-t-on le lipofilling ?

L’intervention se déroule à l’hôpital. Normalement, la patiente pourra encore rentrer chez elle le jour-même. L’intervention est généralement effectuée sous anesthésie générale, parfois sous anesthésie locale.

• Le tissu adipeux est aspiré à l’aide d’une canule via une petite incision pratiquée dans la peau (liposuccion) de l’abdomen, des fesses ou des cuisses. Cette opération s’effectue sous anesthésie locale ou générale, en fonction notamment de la quantité de graisse que l’on désire retirer.

• La graisse aspirée est ensuite traitée pour obtenir une concentration de cellules adipeuses et de cellules souches pures : filtration, rinçage ou centrifugation.

• Les cellules adipeuses sont ensuite réinjectées à l’endroit où l’on désire réaliser le lipofilling. Cette injection de graisse s’effectue à différents endroits et à différentes profondeurs via plusieurs petits trous. C’est par ces petits trous que le tissu cicatriciel est en même temps détaché. De cette façon, les cellules adipeuses transplantées conservent un contact maximum avec tous les tissus environnants : peau, muscles et cartilage. Les tissus environnants permettront aux cellules adipeuses transplantées de bénéficier de suffisamment d’oxygène et d’alimentation pour une croissance optimale.

• Il est important de ne pas fumer, car le tabac diminue la circulation (sanguine) au sein des micro-vaisseaux capillaires. Ceci pourrait empêcher la croissance des tissus adipeux réinjectés et les amener à disparaître.

• Afin de préparer la poitrine à la transplantation de graisse, le médecin peut faire appel à un expandeur interne/externe, le BRAVA. Celui-ci va augmenter le volume mammaire par une douce succion. Pendant le mois qui précède et le mois qui suit l’intervention, des dômes avec un bord doux sont placés sur les seins, la nuit et le week-end. Une petite pompe, portée dans le soutien-gorge, assure une pression négative de sorte que les seins gonflent progressivement. Dans le cas d’un expandeur externe, un ballon en silicone est glissé sous la peau du sein. Il étire la peau et est utilisé pour dessiner les contours de la poitrine. Contrairement à une prothèse classique, l’expandeur est placé au-dessus du muscle mammaire. Il sera ensuite légèrement gonflé pendant huit semaines. Le but est d’agrandir l’espace afin de permettre d’injecter de grandes quantités de graisse au cours d'une seule et même opération. En outre, la pression négative stimule la circulation sanguine et la survie des cellules adipeuses.

Les soins postopératoires

• Pendant deux semaines après l’intervention, vous pourriez souffrir de douleurs et d’hématomes dans les zones liposucées. Les premiers jours après l'intervention, vous pouvez prendre un antidouleur (paracétamol de préférence, pas d’aspirine).

• Les seins seront gonflés et plus durs que d’habitude. Le gonflement et la coloration bleue liée à l’hématome s’estomperont progressivement dans les jours qui suivent. Vous pourrez éventuellement utiliser un cold pack les premiers jours après l'intervention. Généralement, le volume mammaire obtenu après trois mois sera le volume qui demeurera.

• Vous ne pourrez pas porter de soutien-gorge classique pendant trois à quatre semaines après l’intervention, et ce, afin de limiter la pression sur les seins. En concertation avec votre médecin, vous pourrez par contre porter un soutien-gorge de sport sans armatures.

• Il est conseillé de porter, durant quatre à six semaines, un bandage de soutien (ceinture ventrale gainante ou lipopanty) sur les zones liposucées afin d’obtenir un beau résultat et une peau uniforme

• Il faut généralement attendre quelques jours avant de prendre un bain. Une douche peut en revanche être prise après 24 heures.

• Évitez, lors des premiers jours, d’effectuer des efforts intenses (soulever des objets lourds…). Faire du sport de manière intensive en utilisant les pectoraux est déconseillé durant six semaines.

• Vous serez régulièrement examinée par le chirurgien plastique et le gynécologue, par le biais, entre autres, d’échographies, d’IRM et de mammographies (selon le groupe d'âge auquel vous appartenez ou si vous êtes à risque).

Le résultat définitif de l’augmentation mammaire autologue sera visible trois mois après l'intervention chirurgicale. Une nouvelle séance de lipofilling pourra être réalisée après 3 à 6 mois.

Quelles sont les complications possibles d’un lipofilling ?

• Une hémorragie peut survenir. Le port d’un corset élastique et le respect scrupuleux des instructions postopératoires réduisent toutefois ce risque quasiment à néant.

• Une infection de la plaie est rare, sauf chez les fumeuses et les diabétiques. Arrêter de fumer pendant quelques semaines avant et après l’opération est dès lors fortement conseillé. Des contrôles glycémiques efficaces chez les diabétiques sont indispensables. Une forte fièvre et des rougeurs de la poitrine à l’issue de l’intervention peuvent indiquer la présence d'une infection et doivent automatiquement être communiquées à votre chirurgien. L'infection sera traitée par antibiotiques.

• La disparition d’une partie des cellules adipeuses réinjectées est caractéristique de ce type d’opération vu que la graisse n’a pas d’irrigation sanguine propre. Fumer provoque une diminution de cette irrigation sanguine et réduit le pourcentage de survie de la graisse.

Il est possible que la dégénérescence d’une quantité de graisse entraîne la formation d’un kyste graisseux. Ce type de kyste apparaît parfois plusieurs mois après l’intervention, mais est sans danger. Si un kyste grossit et est palpable, il peut être ponctionné. La dégénérescence des cellules adipeuses peut aussi entraîner la formation de petites calcifications. Ces calcifications sont également sans danger, mais sont visibles lors d’une mammographie et peuvent dès lors générer de l’inquiétude. En effet, certaines tumeurs mammaires peuvent aussi présenter des calcifications lors d’une mammographie. Un radiologue expérimenté pourra parfaitement distinguer ces calcifications bénignes des calcifications provoquées par des tumeurs mammaires malignes.

Quels sont les avantages du lipofilling ?

• Il n’est pas nécessaire de recourir à la pose d’un corps étranger, comme une prothèse en silicone, ce qui évite les risques d’infection, de formation d’une capsule avec douleurs connexes, de fuite de la prothèse et de remplacement de la prothèse.

• Il donne un résultat naturel tant sur le plan visuel qu’au toucher.

• Il s’agit d’une intervention peu contraignante associée à une guérison rapide.

• L’intervention ne laisse (pratiquement) pas de cicatrices. Seuls des petits trous suffisent à amener la graisse aux endroits requis.

• Reconstruire une poitrine qui a subi une radiothérapie donne souvent lieu à des complications, comme une mauvaise guérison de la plaie. Le lipofilling réduit ce risque au minimum.

• L’endroit d’où est aspiré la graisse ne subit quasiment pas de dommages. Certaines femmes expérimentent d’ailleurs une liposuccion de l’abdomen ou des cuisses comme un événement positif.

Quels sont les désavantages du lipofilling ?

Le lipofilling est une technique relativement neuve. Les effets à long terme sont dès lors encore mal connus.

• 30 à 50% du tissu adipeux disparaît souvent à nouveau dans les trois premiers mois qui suivent l’opération. Plusieurs interventions sont dès lors fréquemment nécessaires afin d’obtenir le résultat souhaité.

• En cas de prise de poids, il se peut que la graisse transplantée augmente également, ce qui peut provoquer une différence de volume entre les deux seins.

• La dégénérescence des cellules adipeuses peut parfois entraîner la formation de petits kystes huileux ou de calcifications de taille microscopique. Ces calcifications sont sans danger, mais elles sont visibles lors d’une mammographie et peuvent parfois causer de l’inquiétude, vu que certaines tumeurs mammaires peuvent aussi présenter ce type de calcifications lors d'une mammographie.

• Seule une petite augmentation du volume mammaire est possible. Un lipofilling permet de gagner tout au plus 1 taille de bonnet, exceptionnellement 1,5 taille. Pour arriver à ce résultat, plusieurs opérations sont généralement nécessaires.

Le lipofilling est-il remboursé ?

En Belgique, le lipofilling pour augmentation mammaire est considéré comme une intervention de chirurgie esthétique qui n’est pas remboursée par l’Inami.

• Une reconstruction mammaire avec tissu propre à la suite d’un cancer du sein, ou chez des femmes qui ont opté pour une amputation préventive suivie d’une reconstruction lors d’un risque génétique très élevé (de 60 à 80%) de cancer du sein, est remboursée par la sécurité sociale. C’est également le cas si le lipofilling est nécessaire dans ce contexte.

• Depuis début 2016, les hôpitaux qui ont conclu un accord avec l’Inami sur ce plan ne peuvent plus facturer de « suppléments esthétiques » (sauf dans le cas d’une admission en chambre seule). Informez-vous auprès de votre médecin ou de votre mutuelle au sujet d’éventuels suppléments.

• Hormis l’assurance soins de santé obligatoire, certaines assurances complémentaires, certaines assurances hospitalisation des mutuelles et certaines assurances hospitalisation privées octroient un remboursement pour ce type d'intervention. Les suppléments d’honoraires facturés pour les admissions en chambre seule sur toutes les interventions sont habituellement aussi remboursés par l’assurance hospitalisation.

• Dans certains cas d’asymétrie mammaire causée par un développement unilatéral réduit de la poitrine, une partie des frais peut être remboursée, moyennant l’accord de la mutuelle. Renseignez-vous auprès de votre médecin ou de votre mutuelle.

Aux Pays-Bas, le lipofilling est remboursé depuis 2017 pour la correction d’anomalies limitées de la poitrine, comme dans le cas d'une chirurgie mammaire conservatrice ou d'une reconstruction mammaire, ou dans le cas d’anomalies mammaires congénitales.

• Un défaut de volume de la poitrine qui a un diamètre minimum de deux centimètres et est localisé à hauteur du décolleté.

• Un défaut de volume de la poitrine qui entraîne une asymétrie de deux tailles de bonnet ou plus.

• Des (éventuelles) complications ou des douleurs liées à une couverture insuffisante de tissu sous-cutané à la suite de la pose d’une prothèse.

Les interventions ayant un but purement esthétique ne sont pas remboursées.

Tout savoir sur l'augmentation mammaire

Source: Communiqué
publié le : 18/05/2017 , mis à jour le 24/05/2017

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