Maladie de Crohn : des lourdes conséquences sur le travail

Dernière mise à jour: août 2017 | 6469 visites
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news Les personnes souffrant d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, rencontrent des réelles difficultés dans leur activité professionnelle.

L’enquête a été réalisée à l’initiative de l’association française François Aupetit, et elle révèle ce que Le Quotidien du Médecin qualifie de « parcours du combattant », en milieu professionnel, pour les patients avec une MICI. Premier élément : 86% d’entre eux évoquent un impact certain de la maladie sur l’activité professionnelle, en raison des symptômes (en premier lieu la fatigue), avec l’impossibilité de réaliser certaines tâches (43%) ou des freins à l’évolution professionnelle (45%). Sachant que les MICI se déclarent souvent chez l’adulte jeune, le retentissement sur l’orientation professionnelle peut être très significatif : ainsi, 8% des patients ont choisi leur activité en fonction de la maladie, 16% l’ont adaptée, contraints et forcés, et si la MICI s’est déclarée avant l’âge du choix professionnel, 66% des patients indiquent avoir orienté leur vie professionnelle en tenant compte de leur maladie.

Les stratégies de contournement et d'évitement


On apprend aussi que l’incidence du stress est plus élevée que dans la population générale (68% contre 54%), et que la fatigue, qui peut être extrême, constitue le symptôme le plus handicapant. Pour en limiter l’impact sur la qualité du travail, les patients ont recours à des stratégies de contournement, avec notamment un étalement des tâches dans le temps et du travail le soir et le week-end à la maison, un empiètement sur les activités privées qui nuit à la qualité de vie. Un autre aspect important porte sur l’évitement : une minorité de patients se sentent libres de parler ouvertement de leur état de santé (et des contraintes associées) avec leurs collègues. Et avec la hiérarchie, ils le font souvent par obligation suite à un arrêt de travail, par besoin d’adaptation du poste, ou encore face à l’impossibilité de mener à bien une mission.

Un volet de l’enquête a concerné les responsables des ressources humaines, les chefs d’entreprise et les médecins du travail, et les résultats soulignent tout le chemin qui reste encore à parcourir non seulement pour que la maladie soit mieux connue en tant que telle, mais aussi pour que ses conséquences soient considérées avec bien plus d’attention. Et ceci vaut aussi pour les médecins du travail, puisqu’il s’avère qu’une partie non négligeable d’entre eux méconnaît les spécificités des MICI, considère les demandes de ces patients comme abusives, et sous-estime largement la fatigue chronique qui les accable.


publié le : 02/08/2017 , mis à jour le 01/08/2017

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