Peau sensible : quel est le problème ?

Dernière mise à jour: septembre 2017 | 5154 visites
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news La peau sensible concerne une proportion considérable de la population. Beaucoup mettent cela sur le compte d’un trouble psychologique, mais il semble que ce ne soit pas le cas.

Le syndrome de la peau sensible renvoie à une réponse inadaptée à des stimuli qui ne devraient pas, en principe, provoquer ces sensations (picotements, douleur, démangeaisons, échauffement…). On estime que près de 40% de la population présente, à des degrés très divers, des manifestations de ce type. Comme l’explique le Dr Daniel Wallach (Journal international de médecine), la peau sensible est souvent considérée comme un souci essentiellement psychologique (psychosomatique). Certains ont tenté d’avancer comme explication une hyper-fragilité de la peau (déficit de la fonction barrière), mais elle n’a pas vraiment été prouvée. En revanche, il semble de plus en plus probable que le système nerveux sensoriel périphérique soit en cause.

Une équipe française (CHRU de Brest) a approfondi cette piste, en s’intéressant aux fibres nerveuses qui parcourent la couche superficielle de la peau (fibres nerveuses intra-épidermiques). Ces fibres contiennent des récepteurs réagissant à de très nombreux stimuli (UV, chaud, froid, produits chimiques, polluants…). Or, il s’avère que chez les personnes à la peau sensible, ces récepteurs manifestent une activité anormale - excessive - en présence des stimuli identifiés comme déclenchant les sensations désagréables.

Les chercheurs en déduisent que le syndrome peut être relié à des modifications dans les terminaisons nerveuses de la peau, avec comme conséquence une hyper-réactivité et sans doute un phénomène inflammatoire. Ils affirment en tout cas que la peau sensible ne peut pas être qualifiée de trouble psychosomatique, même s’il est possible que le paramètre psychologique (stress, anxiété…) intervienne dans le déclenchement du processus et/ou dans l’aggravation des symptômes. Le Dr Wallach ajoute qu’il faut toujours conseiller des mesures de prévention concernant les conditions d’environnement (poussière, air trop sec, par exemple) et l’éviction des produits irritants (cosmétiques, notamment). Par ailleurs, la meilleure compréhension des mécanismes qui entrent en jeu dégage des cibles thérapeutiques plus précises.

Source: Clinical Dermatology (www.clinicaldermatology.eu)
publié le : 29/09/2017 , mis à jour le 29/09/2017
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