Pourquoi les champignons sont-ils devenus hallucinogènes ?

Dernière mise à jour: octobre 2017 | 2918 visites
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news Environ 200 espèces de champignons présentent des propriétés hallucinogènes. Mais pour quelle raison et comment expliquer cette évolution ?

Ces effets sont causés par la psilocybine, une molécule qui provoque un phénomène de distorsion de la réalité (visuelle, auditive…), un état euphorique, des visions psychédéliques… La présence de cette substance (un ester) dans autant d’espèces de champignons ne peut pas être le fruit du hasard, estime cette équipe américaine (université d’Etat de l’Ohio), qui a procédé à la première étude du génome de ces champignons si particuliers, afin d’identifier les gènes codant pour la psilocybine et essayer de déterminer son utilité. Comme l’explique Sciences et Avenir, les chercheurs ont analysé le génome d’espèces de champignons hallucinogènes, qu’ils ont comparé avec des espèces proches, mais ne contenant pas de psilocybine. Premier élément : ils ont identifié un groupe de cinq gènes spécifiques impliqués dans la production de cette molécule.

Question : comment se fait-il que ces gènes se retrouvent dans des espèces différentes ? Les spécialistes avancent l’hypothèse d’un transfert horizontal de gènes, donc non pas par la descendance (transfert vertical), mais « sautant » d’une espèce à l’autre. Par quels mécanismes ? On l’ignore, mais des recherches précédentes suggèrent que ce processus pourrait avoir joué un rôle important dans l’évolution d’un large éventail de micro-organismes (virus, bactéries…) et même d’êtres plus complexes (animaux…). Quant à savoir à quoi sert la psilocybine, les auteurs estiment que sa présence renvoie à une espèce se nourrissant de bois pourri ou d’animaux en décomposition. Or, cette alimentation est aussi très recherchée par les insectes, avec alors une concurrence entre eux et les champignons. L’idée serait que la psilocybine a pour fonction de « droguer » les insectes, et ainsi de les désorienter, ou de les tenir à distance…

Source: bioRxiv (www.biorxiv.org) via Sciences et Avenir (www.sciencesetavenir.fr)
publié le : 31/10/2017 , mis à jour le 30/10/2017

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