Cancer : les suppléments alimentaires sont-ils utiles ?

Dernière mise à jour: octobre 2017 | 2142 visites
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conseil Une grande variété de compléments alimentaires sont disponibles sous diverses formes, et on leur prête bien des vertus. Qu'en est-il en ce qui concerne le cancer, dont plusieurs types sont associés à l'alimentation, en raison de carences ou d'excès ?

Les suppléments alimentaires contiennent des substances telles que des vitamines, des antioxydants, des herbes, des oméga-3, des pré- et des probiotiques… Ils sont disponibles en comprimés, en capsules ou sous forme liquide. Quant à savoir s’ils peuvent guérir une maladie comme le cancer ou influencer son développement et son évolution, c’est aujourd’hui impossible à dire. La recherche à ce sujet est encore trop incomplète.

Premièrement, on ne sait pas exactement quelles substances produisent quels effets. Deuxièmement, ce sont sans doute les combinaisons de différentes substances qui agissent et non les substances seules. Enfin, troisièmement, il existe sans doute des substances que nous ne connaissons pas encore.

En outre, la plupart des recherches sont menées sur des groupes spécifiques, pas sur l’ensemble de la population, et avec de fortes doses du supplément étudié.

La faiblesse des preuves

On entend souvent parler de tel ou tel composant alimentaire qui offrirait une protection contre tel ou tel type de cancer, mais les preuves sont encore minces pour pouvoir se montrer aussi affirmatif.

L’utilité des suppléments alimentaires durant un traitement contre le cancer est très relative également.

La nocivité

• Les études sur les effets du bêta-carotène (une substance qui se transforme en vitamine A dans notre corps) chez les fumeurs ont dû être interrompues parce que les cas de cancer du poumon étaient plus nombreux chez les personnes qui ont avalé de fortes doses (20 mg/jour) de bêta-carotène sous forme de supplément alimentaire.

• On soupçonne également le rétinol à fortes doses (25.000 unités/jour) de favoriser le développement de cancers.

• Même chose avec une consommation de fortes doses d’acide folique (> 0,4 mg/jour pendant plus de 5 ans), qui pourrait également favoriser le développement de certains cancers (prostate).

• La vitamine E à fortes doses (400 unités/jour) pourrait également favoriser le développement du cancer de la prostate.

• La recherche a montré qu’il y avait plus de cas de cancer de la prostate, et des formes plus agressives, en cas de consommation élevée et fréquente d’acides gras oméga-3 sous forme de suppléments (extraits de poisson gras).

Les fruits et les légumes

Au stade actuel de la recherche, il est donc déconseillé de consommer régulièrement des suppléments alimentaires pour se protéger contre le cancer. La recommandation du Fonds mondial contre le cancer est de ne pas s’y fier pour la prévention du cancer, mais de leur préférer un régime alimentaire sain et varié avec beaucoup de légumes, de fruits, et d'autres aliments végétaux. Il n’est pas logique de compenser une alimentation faible en fruits et en légumes par des compléments alimentaires.

Nous savons avec certitude que de nombreuses substances de notre régime alimentaire ne sont pas encore identifiées, ce qui renforce l’importance de la variété nutritionnelle. Les substances non identifiées semblent interagir avec des substances déjà connues et avoir ainsi un effet sur la santé. Il n’est donc pas possible d’imiter cet effet avec une pilule.

Selon les recommandations nutritionnelles internationales actuelles, chacun devrait manger chaque jour au moins 5 portions de fruits et de légumes. La combinaison de divers éléments dans une alimentation complète limite le risque de cancer plus efficacement que l’absorption isolée de substances sous forme de suppléments.

Vous prenez des suppléments ?

• Si vous prenez quand même prendre un supplément alimentaire, il est important d’en choisir un qui soit équilibré (supplément multivitamines, sels minéraux, oligo-éléments). La quantité de ces différents nutriments ne doit pas dépasser le double ou le triple de la quantité minimale quotidienne recommandée pour une personne en bonne santé (et pas au-delà de la dose maximale, bien entendu). Rien n’indique que des doses plus élevées soient efficaces. Au contraire, elles peuvent causer des effets indésirables potentiellement sévères.

• Si vous êtes traité pour un cancer et que vous voulez consommer l’un ou l’autre supplément alimentaire, parlez-en toujours d'abord avec votre médecin.

Quand un supplément alimentaire est-il nécessaire ?

Certains groupes de personnes peuvent gagner à consommer des suppléments alimentaires en cas de carence (ou à risque élevé) en certaines vitamines ou en certains minéraux. Mais cela n’est en rien lié au cancer.

Quelques exemples.

• Les femmes qui veulent être enceintes (et jusqu’à la 8ème semaine de grossesse) : acide folique.

• Les femmes enceintes et allaitantes : vitamine D et fer.

• Enfants jusqu’à 4 ans : vitamine D.

• Bébés jusqu’à 3 mois : vitamine K.

• Personnes âgées avec un faible appétit : suppléments multivitamines à faibles doses.

• Femmes > 50 ans et hommes > 70 ans : vitamine D.

• Personnes peu exposées à la lumière du jour (qui sortent peu) : vitamine D.

• Vegans : vitamine B12.


publié le : 29/10/2017 , mis à jour le 28/10/2017
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