Maladie cardiovasculaire : l’allergie cachée à la viande

Dernière mise à jour: août 2018 | 3185 visites
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news Le lien entre la maladie cardiovasculaire et la consommation de viande renvoie classiquement aux graisses saturées. Mais un processus allergique pourrait aussi intervenir.

C’est une observation étonnante, et qui reste largement inexpliquée à ce stade. Une équipe des services de santé américains (National Institutes of Health) a examiné un groupe de patients coronariens, à la recherche d’un anticorps spécifique (IgE) dirigé contre un oligosaccharide (sucre) appelé galactose-alpha-1,3-galactose (alpha-gal), responsable d’une allergie retardée à la viande rouge.

Premier élément, indique Le Quotidien du Médecin : cet anticorps a été détecté chez 26% des patients. Deux : ces patients présentaient une accumulation de plaques (athéromes) dans les artères 30% plus importante que les autres, indépendamment de facteurs comme le sexe, le diabète, l’hypertension ou l’utilisation de statines. Trois : les plaques étaient plus instables en termes de structure, ce qui suggère un risque accru d’événement cardiovasculaire (lors du détachement de la plaque, avec menace d’obstruction de l’artère). Enfin, cette association est plus marquée chez les patients âgés de moins de 65 ans.

Les auteurs ajoutent que la plupart de ces personnes ne présentaient pas de symptôme allergique « visible », et ils indiquent que « la sensibilité des IgE à l’alpha-gal peut représenter un nouveau facteur de risque pour l’athérosclérose ». L’une des questions consiste à savoir ce qui explique cette sensibilisation. Une hypothèse renvoie aux tiques, dont la morsure pourrait rendre vulnérable à l’alpha-gal en déclenchant cette réponse immunitaire. Mais existe-t-il d’autres voies de sensibilisation ?

« Les consommateurs réguliers de viande rouge connaissent une augmentation du risque cardiovasculaire, mais jusqu’à présent, ce risque était surtout attribué à l’apport de graisses saturées », explique le Dr François Paillard (Centre de prévention cardiovasculaire de l’hôpital Pontchaillou - Rennes), cité par Le Quotidien du Médecin. « L’hypothèse immuno-allergique est une piste intéressante, mais pour l’instant, ces résultats sont très préliminaires ».

Source: Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology (www.ahajournals.org/journal)
publié le : 10/08/2018 , mis à jour le 10/08/2018
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