Dix idées fausses sur les vaccins

Dernière mise à jour: juillet 2018 | 9267 visites

dossier Beaucoup d'idées reçues et de préjugés circulent à propos des vaccins. Ces affirmations erronées induisent la méfiance, la suspicion, et détournent de la vaccination une proportion importante de la population. Comment distinguer le vrai du faux ?

L'hôpital universitaire des enfants reine Fabiola (Huderf), à Bruxelles, avance dix points importants.

L'hygiène élimine les maladies

Il est faux de prétendre qu'une meilleure hygiène peut éradiquer les maladies transmissibles et les germes qui en sont à l'origine. Bien qu'une bonne hygiène réduise le risque, elle ne peut empêcher la transmission des maladies infectieuses. La rougeole, une maladie pourtant devenue très rare, a connu une forte recrudescence en Belgique ces dernières années. Comme il n'existe aucun traitement, il est important d'être vacciné afin de prévenir une épidémie.

La vaccination peut être mortelle

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La vaccination n'est pas parfaite, mais les vaccins sont extrêmement sûrs. Comme certaines personnes peuvent souffrir de réactions locales (douleur ou rougeur au point d'injection...), de fièvre légère ou - plus rarement - de réactions allergiques transitoires, il est important que la vaccination soit toujours bien encadrée. Les réactions graves post-vaccinales ne se produisent que très sporadiquement et ne l'emportent pas sur les conséquences que la non-vaccination peut avoir, pour des maladies telles que la poliomyélite (paralysie) ou la rougeole (inflammation cérébrale ou cécité).

Les vaccins font l'objet d'un contrôle approfondi, continu et transparent. Tous les effets secondaires possibles sont connus et sont très clairement décrits dans les notices.

Certains effets indésirables rares tels que les réactions allergiques générales (choc anaphylactique) ne sont pas exclus, mais les médecins disposent d'un traitement d'urgence. De plus, les risques de telles réactions rares ne sont nullement comparables aux risques de la non-vaccination. Abolir complètement la vaccination des enfants et des adultes est extrêmement dangereux et peut être fatal.

La mort subite du nourrisson

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Le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche et le vaccin contre la poliomyélite pourraient-ils être responsables de la mort subite du nourrisson ?

Il n'y a pas de relation causale entre l'administration de ces vaccins et la mort subite du nourrisson. Cependant, ces vaccins sont administrés à un âge où les bébés peuvent décéder de la mort subite du nourrisson. Le nombre de décès diminue nettement alors que le nombre de vaccinations chez les enfants a fortement augmenté dans les années 2000.

Il ne faut pas oublier non plus que ces quatre maladies (diphtérie, tétanos, coqueluche et polio) peuvent être mortelles et que les bébés non vaccinés risquent de mourir ou de présenter de graves handicaps.

Ces maladies ont disparu

Les maladies qui peuvent être évitées par le vaccin sont pratiquement éradiquées dans notre pays. Je ne vois donc aucune raison de me faire vacciner.

Des maladies comme la rougeole et la coqueluche sont toujours présentes dans nos régions. En Belgique, 369 cas de rougeole ont été détectés lors d'une épidémie en 2017, la plupart en Wallonie. En Europe, 21.315 personnes ont eu la rougeole : 35 d'entre elles ont succombé à cette maladie. C'est quatre fois plus que les 5273 infections en 2016.

Depuis que le nombre de vaccinations a diminué ces dernières années, moins de personnes sont protégées, ce qui signifie que le virus peut se propager plus rapidement. On oublie souvent que la coqueluche peut être une maladie mortelle. Entre 2010 et 2014, quatre enfants de moins de 5 ans sont morts de coqueluche, alors qu'un vaccin sûr et efficace était disponible.

C'est un mauvais moment à passer

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Les maladies de l'enfance qui peuvent être évitées avec les vaccins font simplement partie des choses désagréables de la vie.

Les maladies qui peuvent être évitées avec un vaccin ne devraient certainement pas être considérées comme un « phénomène désagréable ». Les maladies telles que la rougeole, les oreillons et la rubéole sont des maladies potentiellement graves qui peuvent entraîner des complications sévères chez les enfants et les adultes. Il suffit de penser à la pneumonie, l'inflammation cérébrale, la cécité ou le syndrome de la rubéole congénitale (lorsqu'une femme est infectée par la rubéole au début de la grossesse). Certains ne survivent pas à ces complications. Incontinence, surdité, cécité partielle ou complète... : on ne peut pas qualifier tout cela « désagrément ». Ce sont des handicaps qui affectent considérablement la qualité de la vie.

Le système immunitaire est perturbé

Administrer plus d'un vaccin à la fois à un enfant peut augmenter le risque d'effets secondaires indésirables et surcharger son système immunitaire.

Des études scientifiques ont montré que l'administration simultanée de plusieurs vaccins n'a pas d'impact négatif sur le système immunitaire de l'enfant. Les enfants sont quotidiennement exposés à plusieurs centaines de substances exogènes qui déclenchent une réponse immunitaire. Regardez les enfants autour de vous : dans leur première année de vie, ils mettent presque tout dans leur bouche pour découvrir leur environnement. Leur système immunitaire est confronté à des milliards de bactéries. Ceci prouve que le corps humain est une machine fantastique capable de gérer plusieurs vaccins à la fois, sans risque d'effets secondaires. Les vaccins combinés tels que la rougeole, les oreillons et la rubéole permettent également de réduire le nombre d'injections et de visites chez le médecin.

On vaccine trop

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La composition des vaccins a radicalement changé au cours des trente dernières années. Si nous faisons la comparaison avec un arbre, nous voyons que nous pouvons le diviser en feuilles, en écorce et en branches. Cependant, ces parties ne forment pas un arbre en elles-mêmes. La même chose s'applique aux germes, qui peuvent être divisées en protéines, en sucres et en ADN. Beaucoup de vaccins qui sont donnés à votre enfant contiennent seulement une protéine de la bactérie en question.
Si l'on compare les programmes de vaccination de 2017 avec ceux d'il y a quarante ans, on constate que la composition a été significativement modifiée et simplifiée. Aujourd'hui, nous pouvons dire : « Nous vaccinons moins mais nous protégeons mieux ». Les vaccins sont plus purs (ils ne contiennent qu'une partie du germe et non une cellule vivante) et nous protègent contre plus de maladies.

Il vaut mieux tomber malade

Nous pouvons mieux assurer notre immunité par la maladie que par les vaccins.

Il est vrai que notre corps développe efficacement son système immunitaire et assure une protection à long terme. Ces processus, cependant, nécessitent du temps et ne sont souvent pas sans risque lorsque des maladies graves surviennent. Le vaccin aide le corps à renforcer son système immunitaire, mais ne provoque pas la maladie et n'expose pas les personnes immunisées à des complications de la maladie.

Certains enfants atteints d'immunodéficience ne peuvent pas être vaccinés. Parce que leur système immunitaire ne fonctionne pas correctement, ils ne répondraient pas bien à certains vaccins. Pour ces enfants, le contact avec des enfants non vaccinés porteurs de la maladie peut être fatal. Toute personne a donc la responsabilité sociale de se protéger correctement et donc de protéger les autres.

Le mercure et l'aluminium

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Le thiomersal est une substance organique contenant du mercure et qui est ajouté à certains vaccins comme agent de conservation. C'est l'agent de conservation le plus utilisé pour les vaccins vendus en flacons multidoses. Il n'y a aucune preuve que la quantité de thiomersal utilisée dans les vaccins soulèverait un risque pour la santé.

L'aluminium est également utilisé pour stériliser et stabiliser les vaccins. Cette substance est naturellement présente en quantité très limitée (4 mg), moins que dans le lait maternel (10 mg) ou le lait en poudre (40 mg).

Les vaccins existent depuis longtemps et sont soumis à de nombreux tests. S’ils étaient dangereux, ils auraient été retirés du marché ou remplacés depuis longtemps.

Le risque d'autisme

L'étude qui a causé beaucoup d'anxiété en 1998 en reliant le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole à l'autisme, s'est avérée contenir beaucoup de contre-vérités. L'auteur de l'article avait largement faussé les résultats de ses recherches. Le journal scientifque qui a publié l'article l'a ensuite retiré. Le médecin qui était responsable des résultats erronés a été condamné et n'est plus autorisé à pratiquer la médecine.

Depuis lors, plusieurs études ont montré qu'il n'y a pas de relation causale entre le vaccin en question et l'autisme ou des troubles autistiques. Malheureusement, la publication de cet article a déclenché un vent de panique, entraînant une chute brutale du nombre de vaccinations et une recrudescence des maladies qu’il prévenait.

Si des études crédibles montrent à l'avenir que certains vaccins constituent une menace potentielle pour la population, les professionnels de la santé seront les premiers à ajuster leurs recommandations.


publié le : 26/07/2018 , mis à jour le 25/07/2018
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