Pourquoi les hommes sont « bourrés » et les femmes « pompettes » ?

Dernière mise à jour: août 2015 | 8731 visites
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news Souvent, les termes qui qualifient l’état d’ébriété d’un homme ou d’une femme ne sont pas du tout les mêmes. Dans quelle mesure les mots ont-ils leur importance ?

Bourré, bituré, beurré… Pompette, gaie, éméchée… Les longs discours ne sont pas nécessaires pour percevoir la différence d’impact entre ces termes. Alors que pour les hommes, l’abus d’alcool est généralement exprimé de manière très claire, très nette, très forte, la tendance veut que lorsqu’il s’agit d’une femme, l’approche soit plus soft.

Des chercheurs de l’université de Buffalo (New York) ont conduit une expérience qui confirme parfaitement cela. Plusieurs centaines d’étudiants ont été invités à qualifier des personnages représentant différents degrés d’alcoolisation. Double constat :

un terme comme « bourré » sera attribué beaucoup plus fréquemment à un personnage masculin, et ceci tant par les filles que par les garçons, et même si l’ivresse paraît modérée,
un terme comme « pompette » sera attribué beaucoup plus fréquemment à un personnage féminin, et ceci tant par les filles que par les garçons, et même si l’ivresse paraît importante.

Des dangers sous-estimés


A partir de là, que peut-on déduire ? D’abord, que la consommation excessive d’alcool est sans doute jugée de manière socialement plus sévère lorsqu’elle concerne une femme, et que celles-ci traduisent ces (leurs) excès avec des mots plus réservés. Et que beaucoup d’hommes font de même par pudeur, pour le dire comme cela.

Au-delà, les auteurs considèrent que les termes utilisés peuvent traduire un risque de sous-estimation des dangers auxquels s’expose la femme en cas d’excès d’alcool (accident, agression…), avec la fausse conviction qu’elle peut gérer la situation. Quant aux hommes, le langage « lourd », « mâle », peut parfois devenir une sorte d’excuse ou de justification à des comportements inacceptables. Ces éléments devraient être intégrés dans l’approche des actions de prévention, estiment encore les chercheurs.

Source: Alcoholism : Clinical & Experimental Research (http://onlinelibrary.wiley.) via Santé Log
publié le : 07/10/2013 , mis à jour le 06/08/2015
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