Comment la voix trahit nos émotions

Dernière mise à jour: août 2015 | 6484 visites
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news La voix relève d’un processus très complexe, dans lequel interviennent des paramètres physiques et psychologiques impossibles à contrôler.

« Je compare la voix à la palette d’un peintre », explique Elizabeth Fresnel, directrice du Laboratoire de la voix à Paris. « On peut user des différentes couleurs de sa voix pour tout exprimer. Comme à l’écrit, on peut faire du gras, du souligné, des points d’exclamation ou d’interrogation, ou faire varier les fréquences ». Lorsque nous nous exprimons, nous contrôlons une série de paramètres afin de transmettre le message aussi clairement et précisément que possible. Mais bien des choses nous échappent.

Physiques, d’abord. Les cordes vocales sont des replis des membranes muqueuses du larynx, et leur mise en vibration par l’air provenant des poumons déclenche les sons. Leur autonomie est relative, puisqu’elles interagissent avec un complexe de muscles et de ligaments (mâchoire, base du crâne, omoplates, clavicules, sternum…). De ce fait, poursuit Elizabeth Fresnel, citée par Sciences et Avenir, « tout le corps – la posture, la respiration – module la voix ».

La gorge se serre, la voix se brise


Dans le cerveau, une forte émotion va déclencher la libération de neurotransmetteurs qui vont agir sur le nerf vague, la voie de contrôle du larynx : il peut alors se produire une contraction, la gorge se serre, le souffle passe difficilement, la voix se brise. Des muscles situés au-dessus des cordes vocales subissent le même phénomène de resserrement en cas d’anxiété, ce qui accentue l’effet. Tout comme les remontées acides liées à l’angoisse, avec une imprégnation des cordes vocales et une inflammation localisée. Nous sommes incapables d’agir consciemment sur ces processus, sachant évidemment que certains, plus émotifs que d’autres, sont davantage sujets à ces réactions.

Quant à la voix de l’autre, notre cerveau y est très sensible. Ainsi, un ton agressif va immédiatement mobiliser le complexe amygdalien, crucial dans la reconnaissance des stimulations sensorielles et la réponse émotionnelle. Le message est immédiatement répercuté. La tête se tourne vers la source du son, le rythme cardiaque s’accélère, les muscles se mobilisent… : nous sommes prêts à faire face au danger.


publié le : 05/03/2014 , mis à jour le 06/08/2015
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