Relation médecin - patient : l’importance de la compassion

Dernière mise à jour: avril 2014 | 4516 visites
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news La formation médicale devrait beaucoup plus intégrer les aspects psychologiques de la relation entre le médecin et son patient et en particulier la compassion.

Nombreux sont les médecins qui se concentrent sur les questions techniques et médicales et qui se refusent – consciemment ou non – à tisser des liens affectifs trop étroits avec leurs patients, constate le Pr Ronald Epstein (université de Rochester). Cela ne signifie pas que ces praticiens soient indifférents, loin de là, ou qu’ils occultent les aspects psychologiques, mais leur investissement émotionnel n’est pas suffisant.

Or, poursuit le Pr Epstein, les gestes et les mots de compassion exercent une influence extrêmement importante sur l’assurance et le confort psychologique du patient. Dans le cadre de ses travaux, le spécialiste américain a analysé le déroulement des consultations d’une vingtaine d’oncologues avec une cinquantaine de leurs patients. L’objectif consistait à identifier une série de manifestations de la compassion, comme la reconnaissance de la souffrance, la résonance émotionnelle ou les initiatives de partage et de prise en charge de ces émotions.

Un investissement personnel


Contrairement à l'empathie formelle – « Je comprends… » -, la démarche évoquée par le Pr Epstein demande un investissement personnel actif de la part du médecin, qui doit faire preuve de créativité émotionnelle, pour le dire comme cela.

Les résultats préliminaires (les recherches se poursuivent) montrent que la voix (ton, timbre, volume…) joue un rôle très important, tout comme la gestuelle (tenir les mains ou l’épaule, par exemple), ainsi que les silences et les soupirs (communication non verbale), mais aussi… l’humour, sans évidemment dénaturer la gravité de la situation. Lorsqu’elle est établie, la compassion se développe et se renforce au fil de la relation entre le soignant et le malade, sachant que le patient entrevoit puis admet avec davantage de sérénité l’incertitude de son état de santé.

En tout état de cause, insiste le Pr Epstein, la compassion est non seulement souhaitable, mais nécessaire.

Source: Health Expectations (http://onlinelibrary.wiley.) via Santé Log
publié le : 09/04/2014 , mis à jour le 08/04/2014
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