L'allergie au soleil

Dernière mise à jour: août 2015 | 32973 visites

dossier En Belgique, environ une personne sur dix est touchée par l'allergie solaire, une hypersensibilisation de la peau lors de l'exposition aux rayons ultraviolets. Quels sont les symptômes et les traitements ?

Cette allergie (provoquée par le soleil ou par le banc solaire) peut se manifester sous trois formes distinctes : la lucite estivale, l’actinoréticulose et l’éruption polymorphe à la lumière. Cette dernière est la plus invalidante.

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La lucite estivale est caractérisée par l’apparition de petits boutons dès le début de l'exposition solaire. Ils disparaissent à mesure que progresse le bronzage.

L'actinoréticulose est une sensibilité chronique au soleil de la personne âgée.

L'éruption polymorphe à la lumière, avec l'apparition de boutons de tailles et de formes variables provoqués par le soleil.

On distingue la lucite selon qu'elle est bénigne ou polymorphe.

La lucite bénigne se manifeste par l’éruption de petites taches rouges ressemblant à de l’urticaire ou de toutes petites cloques associées à du prurit. Elles sont localisées sur les parties exposées au soleil (décolleté, épaules, bras, jambes), à l'exception du visage.

La lucite polymorphe consiste en une réaction cutanée retardée puisqu'elle apparaît dans les douze à vingt-quatre heures après l'exposition solaire (et parfois encore plus tard). Elle est chronique dans la plupart des cas.

  • La peau est irritée, chaude et rougeâtre. Elle peut peler (desquamation).

  • Apparition de petites taches rouges légèrement saillantes ou de toutes petites cloques : sur le visage, le décolleté, les coudes, le bas des jambes, la nuque, le dos de la main.

  • Importantes démangeaisons.

Ces réactions peuvent s’étendre à des parties du corps qui n’ont pas été exposées au soleil. Les symptômes s'estompent généralement d'eux-mêmes après la période estivale (attention cependant lors des sports d'hiver par beau temps). Certaines personnes développent une hypersensibilité à la « simple » lumière du jour, chez d'autres ces réactions s'aggravent au fil des ans, alors qu'elles peuvent aussi disparaître définitivement.

Les traitements

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L'éviction


Le traitement de choix consiste à éviter autant que possible l'exposition directe au soleil. Les symptômes disparaissent alors spontanément dans les sept à dix jours.

Les médicaments


• Les antihistaminiques oraux pour soulager les démangeaisons.

• Les corticostéroïdes en application locale pour résorber les oedèmes et apaiser les démangeaisons. En cas de lésions étendues, le médecin peut recourir à des corticostéroïdes en administration orale ou par injection.

A titre préventif, un médicament anti-malaria comme l’hydroxychloroquine peut être recommandé (doses de 400 à 600 mg à prendre sept jours avant l’exposition solaire). Le traitement sera poursuivi pendant les quinze premiers jours du séjour au soleil.

Ni les capsules de bêta-carotène ni les compléments nutritionnels ne sont efficaces à titre préventif ou curatif.

Les solutions non médicamenteuses


• Dès l'arrivée des beaux jours, la peau doit être progressivement habituée aux ultraviolets, en commençant par quelques minutes d'exposition au début du printemps, puis progressivement un peu plus chaque jour.

• Eviter les expositions au soleil entre 11 h et 16 h et limiter à tout moment les expositions directes prolongées.

• Pour les formes les plus sévères, la luminothérapie peut être recommandée, mais sous stricte surveillance médicale.

• Le port de vêtements couvrants et l'application d'une protection à indice élevé sont deux solutions à la fois simples et efficaces contre l'action des ultraviolets.

Les autres réactions de la peau

L’urticaire solaire


Il est caractérisé par la formation de pustules occasionnant des démangeaisons. Les plaintes apparaissent dès l'exposition au soleil et disparaissant assez rapidement (au plus tard dans les 24 h) après l'arrêt de l'exposition.

L’éruption juvénile printanière


Elle touche la peau située sur le côté des oreilles et affecte davantage les garçons. Les symptômes incluent des démangeaisons, une rougeur diffuse et un épaississement des bords des pavillons. Des papules et des vésicules peuvent apparaître pour ensuite former une croûte. Cette affection survient généralement au début du printemps, se développe pendant environ deux semaines, avant de disparaître jusqu’au printemps suivant.

La porphyrie


Il s'agit d'une maladie rare liée à une déficience d’enzymes spécifiques. La porphyrie peut entraîner différents problèmes, dont une hypersensibilité à la lumière. L’une de ses variantes est la protoporphyrie érythropoïétique. Cette maladie génétique provoque une allergie à la lumière : les globules rouges (érythrocytes) et les plaquettes (thrombocytes) produisent un excès de protoporphyrine, qui va s'accumuler dans le foie et l'abîmer. Une analyse sanguine permet de poser le diagnostic avec précision.

Les cosmétiques et les médicaments

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Certains cosmétiques, certains médicaments et certaines plantes peuvent être à l'origine d'une hypersensibilité à la lumière. On parle de réactions phototoxiques ou photoallergiques.

Les substances photosensibilisantes sont divisées en deux groupes.

Les produits appliqués sur la peau


• Les dérivés de goudron de houille, que l'on retrouve dans les shampooings.

• Les colorants comme l’éosine ou la fluorescéine ajoutés aux cosmétiques.

• Des préparations antibactériennes ou antimycosiques (champignons).

• Des substances comme l'acide p-aminobenzoïque et ses dérivés, souvent utilisés dans les crèmes solaires.

• Des composés chimiques comme les benzophénones, les dibenzoylméthanes ou les cinnamates.

• Des composants utilisés en parfumerie comme la 6-méthyl coumarine et le musc ambrette.

D'autres classes de médicaments


• Des produits antimicrobiens.

• La tétracycline et d’autres dérivés connus pour provoquer des réactions phototoxiques. Il en va de même de certaines quinolones et de sulfamides.

• Des calmants (chlorpromazine, promthazine).

• Certains antihypertenseurs comme les diurétiques.

• Des médicaments pour traiter les pathologies cardiaques, notamment les troubles du rythme cardiaque : amiodaron ou des dérivés de quinine.

• Les pilules contraceptives riches en oestrogènes.

• Les antidouleurs comme ceux contenant de l’ibuprofène.

• Des anti-inflammatoires : etofenamate, piroxicam, meloxicam, tenoxicam, ketoprofène.

• Les rétinoïdes : trétinoïne et isotrétinoïne.

La transpiration

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Miliaria rubra et Lichen tropicus sont deux affections cutanées qui s’accompagnent d’oedèmes, de démangeaisons et d'une stimulation des glandes sudoripares (responsables de la transpiration), et ce par météo chaude et humide.

Les glandes deviennent rouges et atteignent parfois la taille d’un grain de blé. On peut observer à l’endroit de la réaction des dizaines de cloques avec des démangeaisons. Une infection n’est pas exclue et peut former une croûte. On observe ces réactions aux plis cutanés, dans le dos, sur le torse, dans le cou et sur les genoux. Le visage, la paume des mains et la plante des pieds sont épargnés. Les personnes souffrant d’une surcharge pondérale et les enfants semblent davantage sensibles au Lichen tropicus.

Les conseils


• Limiter les efforts physiques aux heures les plus chaudes, surtout s'il fait humide.

• Garder la température intérieure de l'habitation la plus basse possible.

• Porter des vêtements amples et confortables (de préférence en lin et en coton).

• Prendre régulièrement un bain ou une douche, se rincer abondamment (pour éliminer les résidus de savon) et bien sécher la peau. Les particules grasses et les poussières entravent le bon fonctionnement de la transpiration.

• Le talc est apaisant et bénéficie de propriétés antiseptiques. En cas d’infection, l'administration d'antibiotiques sera envisagée.


publié le : 14/08/2014 , mis à jour le 08/08/2015
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