Egalité des sexes : le chemin est encore long

Dernière mise à jour: octobre 2014 | 3587 visites
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news Voici une nouvelle démonstration de la difficulté des femmes à concilier vie de famille et vie professionnelle : la recherche d’équilibre est mieux acceptée quand il s’agit d’un homme.

L’angle choisi par cette équipe de l’université Furman (Caroline du Sud) est particulièrement intéressant : comment les collègues réagissent-ils à une demande d’adaptation des horaires de travail selon qu’elle soit formulée par un homme ou par une femme ?

Un millier d’employés âgés de 18 à 65 ans ont participé à cette enquête. On leur a demandé de lire la transcription d’un entretien entre un responsable des ressources humaines et un salarié (un document écrit permet d’annuler l’influence de la voix, du visage ou de la posture générale), qui demandait soit de pouvoir commencer sa journée plus tôt pour finir plus tôt (trois fois par semaine), soit d'avoir la possibilité de travailler deux jours par semaine à domicile. Les motifs différaient mais tous relevaient de la sphère familiale. Les participants devaient estimer si la demande leur paraissait légitime et donner leur avis sur le degré de motivation du demandeur, sa fiabilité, son engagement…

Que disent les principaux résultats ?

• Lorsqu’elle porte sur la garde d’enfant, la demande est jugée « recevable » par 63% des participants, alors qu’ils ne sont que 40% quand elle renvoie à un autre motif familial.
Lorsqu’un homme fait une demande de télétravail pour un motif de garde d’enfant, 70% des participants disent qu’ils y sont favorables, contre 56% quand elle émane d’une femme.
• Un homme qui demande une adaptation des horaires pour raison familiale est jugé « extrêmement sympathique » (l’appréciation la plus élevée, donc) par 25% des participants, alors qu’ils sont 3% à en dire de même quand il s’agit d’une femme.
• Dans le même ordre d’idées, 3% considèrent qu’un homme qui exprime cette demande ne fait pas du tout ou pas beaucoup preuve d’engagement à l’égard de son entreprise, sachant que cette proportion grimpe à 16% quand la demande est formulée par une femme.
• Le fait de prendre soin d’un enfant malade est le seul motif familial qui permet aux femmes d’être considérées comme un peu plus engagées, motivées ou sympathiques, et la demande est alors mieux acceptée.

Comme l’expliquent les chercheurs, « les femmes ont toujours une obligation de devoir, que ce soit pour la famille, et singulièrement les enfants, ou dans le travail. Les hommes ont une image de soutien de famille, avec le bénéfice d’une reconnaissance toute particulière lorsqu’ils apportent leur contribution à la garde des enfants ». Autrement dit, « l’évolution vers l’égalité des sexes à la maison se heurte à la perpétuation de l’inégalité des sexes au travail : lorsque le couple tente de répartir les tâches familiales, la femme doit faire face à bien davantage de discrimination en milieu professionnel. Ceci montre toute la difficulté des femmes à atteindre l’équilibre famille - travail ».

Source: American Sociological Association (www.asanet.org) via Santé Log
publié le : 25/10/2014 , mis à jour le 24/10/2014
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