Les démangeaisons de la peau (prurit)

Dernière mise à jour: août 2015 | 224409 visites
Dans cet article
Les démangeaisons de la peau (prurit)

dossier Le prurit est une plainte fréquente : les démangeaisons de la peau provoquent une irrépressible envie de se gratter. Quelles sont les causes de ce symptôme, de quels traitements dispose-t-on et quels sont les conseils pour le soulager ?

L'intensité des démangeaisons peut être très variable, d'un simple inconfort à une véritable torture, tout comme leur étendue, localisée ou concernant une grande partie du corps. Sur le moment, le grattage apparaît comme la seule solution pour apaiser ces sensations pénibles. Une réaction réflexe, en fait, qui ne soulage que très momentanément, et aggrave souvent le phénomène.

Au-delà du problème qui cause le prurit, ses conséquences peuvent être (très) importantes, en termes de souffrances physiques et psychologiques (insomnie, irritabilité, agressivité, dépression..., avec parfois même des tendances suicidaires).

Les causes

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On distingue trois catégories de prurit.

• les démangeaisons d’origine interne
• les démangeaisons liées à une maladie de la peau
• les démangeaisons provoquées par un facteur externe, notamment suite à une piqûre d'insecte (guêpe...) ou au contact d'un agent irritant (orties...).

Les causes internes


On parle de prurit « sine materia », c’est-à-dire sans cause dermatologique pouvant expliquer ces démangeaisons.

Les origines possibles sont extrêmement diverses.

• une réaction à des médicaments, notamment des anticoagulants, des oestrogènes, des antipsychotiques, la chloroquine, l’imidazole ou les opiacés
• les hémorroïdes ou les fissures anales
• l'insuffisance rénale chronique
• les maladies du foie
• la grossesse et la post-ménopause
• la carence en fer (anémie)
• les rhumatismes (notamment la polyarthrite rhumatoïde)
• les troubles de la thyroïde (hyperthyroïdie et hypothyroïdie)
• le diabète
• la maladie parasitaire (poux, vers...)
• le cancer : la leucémie, les lymphomes (hodgkiniens et non hodgkiniens), le cancer du sein et de l’estomac
• le sida
• l'éosinophilie (ou hyperéosinophilie)
• les intolérances et les allergies alimentaires
• l'hyperparathyroïdie
• la sclérose en plaques
• le syndrome de Sjögren
• les troubles psychiatriques
• la goutte

Dans la plupart des cas, ces états provoquent des démangeaisons généralisées, avec une prédominance possible aux bras, aux jambes et au dos.


Les maladies de la peau


C'est le prurit « cum materia » (avec cause dermatologique). Il peut affecter l'ensemble du corps ou des zones spécifiques, comme les plis cutanés (coudes, poignets, genoux), les mains chez les personnes atteintes d'eczéma, ainsi que le cuir chevelu pour les patients souffrant de psoriasis.

• la peau anormalement sèche (de plus en plus fréquente avec l'âge avançant)
• la dermite atopique
• l'eczéma de contact
• l’urticaire
• le psoriasis
• la névrodermite
• le coup de soleil (érythème actinique)
• l'herpès
• la varicelle
• les infections fongiques (candidose, eczéma du nageur)...

Les causes externes


Le contact avec toute une série d'insectes, par piqûre, morsure..., peut causer des démangeaisons : moustiques, puces, poux, acariens (gale), tiques, araignées, guêpes... D'autres animaux (les méduses...), des plantes (les orties...) ou des matériaux (laine de verre, produit chimique...) ont le même effet.

Pourquoi ça gratte ?

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Les mécanismes qui participent aux démangeaisons ne sont pas bien connus. Il est probable que des terminaisons nerveuses spécifiques soient stimulées, sans doute par des protéines libérées au cours du processus inflammatoire (histamine, neuropeptides et prostaglandines).

Parmi les facteurs qui peuvent aggraver les démangeaisons, on retiendra l’eau, le savon, l'air sec, la chaleur, l’humidité, la transpiration, les fibres textiles, l’alcool, ainsi que des facteurs psychologiques comme le stress et l’anxiété.

Les traitements

En premier lieu, il est évidemment essentiel de diagnostiquer la cause du prurit, qui fera alors l'objet d'une prise en charge de fond.

Des solutions sont proposées pour soulager les démangeaisons proprement dites.

Les traitements locaux


• Les crèmes et les gels au menthol.
• Les lotions et les pommades à la calamine (pour des zones de peau limitées).
• Le camphre (de moins en moins utilisé).
• Les crèmes à base de capsaïcine peuvent être efficaces, mais elles risquent aussi de provoquer des rougeurs et des irritations cutanées.
• On évitera les antihistaminiques locaux, en raison de possibles réactions allergiques.
• L’application de lidocaïne ou de pramocaïne peut être indiquée dans le cas de démangeaisons limitées.
• Les pommades à la cortisone (corticostéroïdes) ont un effet très appréciable contre le prurit sévère, mais elle seront utilisées pendant un temps aussi court que possible (risque d’atrophie cutanée).
• Les crèmes immunomodulantes peuvent être envisagées.
• La forte sécheresse cutanée sera traitée par des crèmes grasses contenant de la vaseline ou de la paraffine.

Les traitements oraux


Les antihistaminiques sont indiqués si le prurit est lié à une réaction allergique (eczéma atopique, urticaire...). Ils présentent l'avantage supplémentaire de provoquer une certaine somnolence, ce qui peut améliorer la qualité du sommeil compromise par les démangeaisons. Par ailleurs, ces médicaments peuvent aider dans le cas d'un prurit associé à des pathologies internes (certaines maladies du foie, notamment).

Les conseils

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La douche et le bain


• Des courtes douches (cinq à dix minutes) et une eau pas trop chaude.
• Utiliser un substitut de savon (une huile de bain non parfumée, un pain dermatologique).
• Pour adoucir l'eau du bain, ajoutez une cuillerée à soupe de bicarbonate de soude.
• Séchez-vous dès la sortie du bain ou de la douche en tapotant la peau et appliquez ensuite immédiatement les traitements (pommade...).

Ne pas se gratter


Difficile de résister, mais il est important de ne pas se gratter. Le bienfait ne dure pas longtemps, alors que cela risque de déclencher un cercle vicieux, avec des lésions de l'épiderme, la production de médiateurs de l'inflammation, et en fait davantage de démangeaisons. Et s'il est compliqué de se maîtriser en journée, c'est quasiment impossible pendant le sommeil. A cet égard, il faut veiller à un entretien soigneux de ses mains et de ses ongles, voire porter des gants en coton (en vente en pharmacie).

Soulager les démangeaisons


• Aux endroits sensibles, appliquez des poches d'eau tiède ou froide ou des serviettes imbibées. Posez des glaçons (enveloppés dans un tissu) à l'endroit d'une piqûre d'insecte (le vinaigre peut aussi beaucoup soulager).

• Portez autant que possible des vêtements amples en fibres naturelles (les fibres synthétiques irritent la peau).

• Ne surchauffez pas les pièces et aérez-les tous les jours (même en hiver). L'air sec est nocif : un humidificateur rendra de précieux services.

• Prenez une douche directement après un effort qui vous a fait beaucoup transpirer.

• Après lavage, il faut s'assurer que les vêtements sont abondamment rincés afin d'éliminer les résidus de savon.

• Les produits chimiques présentent des risques : portez des gants lors de leur utilisation.

La technique de l'apprivoisement


Ce programme a été développé aux Pays-Bas (université d'Utrecht). Les résultats sont très encourageants puisqu'après trois mois, les personnes souffrant de démangeaisons chroniques expriment une très nette amélioration.

Dans un premier temps, un entretien avec une infirmière permet d'analyser une série de paramètres comme l'ampleur du prurit, sa fréquence, son intensité, les facteurs aggravants, les conséquences psychologiques, l'impact sur la vie privée et professionnelle... Le patient reçoit un soutien et des conseils pour modifier son comportement. Le programme repose ensuite sur quatre étapes.

1°) Noter le nombre de fois et les moments où l'on se gratte.
2°) Se fixer des objectifs, comme par exemple ne plus se gratter dans certaines situations, ne plus gratter une certaine partie du corps...
3°) Déterminer un comportement qui aidera à atteindre cet objectif : toucher sa boucle d'oreille, saisir un stylo, manipuler de la monnaie dans la poche de son pantalon...
4°) Répéter ce comportement à chaque fois que survient l'envie de se gratter.


publié le : 19/03/2015 , mis à jour le 08/08/2015
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