Face au médecin, trop d'hommes jouent-ils les durs ?

Dernière mise à jour: juin 2016 | 5726 visites
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news La relation médecin – patient diffère selon les individus, mais aussi en fonction du sexe : les hommes sont moins enclins à détailler leurs problèmes, pour une question de « virilité ».

Il s’agit d’une observation générale, bien sûr, sujette à bien des exceptions. Néanmoins, l’étude réalisée par une équipe américaine (Rutgers University) met en évidence un « profil masculin » particulier face au médecin. Le comportement de plusieurs centaines d’hommes et de femmes a été observé dans des configurations diverses, toujours évidemment dans une situation d’entretien médecin – patient. Une série de traits de personnalité et l’ancrage des préjugés avaient été relevés au départ. Plusieurs enseignements attirent l’attention.

• Les messieurs sont beaucoup plus enclins à choisir un médecin homme plutôt que femme, et ceci s’explique, selon les chercheurs, par la conviction (stéréotype) que l’homme est plus compétent.

• Les patients masculins font preuve de moins de franchise, d’ouverture, d’honnêteté, par rapport à leurs symptômes, que les femmes. Et cette retenue est nettement plus marquée lorsqu’ils se trouvent face à un médecin homme : ils ont alors tendance à minimiser, une attitude que les chercheurs mettent sur le compte de la « masculinité » (ne pas faire aveu de faiblesse). Et a contrario, ce qui apparaît paradoxal à la lecture du point précédent, ils s’ouvrent davantage face à une femme médecin.

• Lorsqu’on évalue plus précisément les traits de personnalité, ce comportement d’occultation concerne aussi les femmes : les plus affirmées, les plus autonomes, les plus « viriles »…, ont aussi tendance à moins facilement rapporter le détail de leurs symptômes.

Au-delà de la constatation d’ordre psychologique, les auteurs considèrent que ces éléments – à caractère global, répétons-le – peuvent constituer un frein à la prise en charge médicale, et invitent les médecins comme les patients à y réfléchir et surtout, pour ces derniers, à modifier si nécessaire leur attitude. C’est pour leur bien.

Source: Preventive Medicine (www.journals.elsevier.com/p)
publié le : 03/06/2016 , mis à jour le 02/06/2016
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