Nicotine : pourquoi est-on accro ?

Dernière mise à jour: novembre 2016 | 14420 visites
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news La dépendance à la nicotine – l’état de manque - est une évidence chez le fumeur, mais cette addiction est-elle physique ou la part psychologique joue-t-elle un rôle déterminant ?

L’expérience conduite par cette équipe américaine (université du Texas) est vraiment étonnante. Les participants étaient des adultes fumeurs (d’âges très divers), réunis dans l’après-midi, et auxquels il avait été demandé de ne pas fumer ce jour-là. L’état de manque a été évalué avant et après une tâche de mémorisation, sachant que leur activité cérébrale était observée par résonance magnétique (IRMf) durant toute la séance. Juste avant l’exercice, on leur a proposé de fumer une cigarette. Selon les cas, il s’agissait :

• d’une cigarette avec nicotine, présentée comme une cigarette avec nicotine
• d’une cigarette avec nicotine, présentée comme une cigarette sans nicotine

• d’une cigarette sans nicotine, présentée comme une cigarette avec nicotine
• d’une cigarette sans nicotine, présentée comme une cigarette sans nicotine

Que constate-t-on ?

Cigarette avec nicotine : l’état de manque exprimé par les fumeurs est fortement soulagé lorsque la cigarette est présentée comme contenant de la nicotine, mais pas quand elle est décrite comme ne contenant pas de nicotine.

Cigarette sans nicotine : l’état de manque est soulagé lorsqu’elle est présentée comme contenant de la nicotine, et pas du tout si elle est présentée comme ne contenant pas de nicotine.

L’observation du cerveau montre que l’activité du cortex insulaire - associé à la dépendance - n’est significative que lorsque la cigarette est présentée avec nicotine, et cette activation cérébrale se produit déjà avant que le fumeur ne l’allume. Enfin, la réalisation de la tâche de mémorisation est influencée par la conviction d’avoir fumé une cigarette avec nicotine.

Commentaire des chercheurs : « Ces résultats suggèrent que la conviction de la présence de nicotine exerce un fort impact sur l’appréciation subjective de l’état de manque, ce qui fournit un éclairage particulier sur la nature de l’addiction ». Avec des implications concrètes en termes de lutte contre la dépendance ? Cela ne va pas de soi, mais la piste est intéressante…

Source: Frontiers in Psychiatry (http://journal.frontiersin.)
publié le : 26/11/2016 , mis à jour le 25/11/2016
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