Constipation : les causes et les traitements

Dernière mise à jour: août 2015 | 44383 visites

dossier La constipation touche près d’une personne sur cinq. Quelles en sont les causes, quels traitements, quels conseils contre les intestins paresseux ?

Quand parle-t-on de constipation ?

Le corps médical parle de constipation chronique lorsqu’une personne va à la selle moins de trois fois par semaine, et ceci depuis une longue période (plusieurs semaines à plusieurs mois). Lors de la défécation, les selles sont dures et de petit volume.

La constipation concerne, à des degrés divers, quelque 20% de la population des pays occidentaux, et entre 3% et 5% dans sa forme chronique. Les femmes y sont davantage sujettes.

Quelle est la norme ?

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Aucune norme n'est établie concernant la « bonne » fréquence ou le « bon » volume des selles. La fréquence de défécation varie beaucoup entre individus : entre trois fois par jour et trois fois par semaine. Aucun moment "idéal", non plus : matin, midi ou soir, peu importe.

Les types de constipation

La constipation primitive (ou fonctionnelle)

Elle est caractérisée par une anomalie du contenu des selles qui ne sont pas assez riches en eau et en fibres. Elle s’accompagne d’une diminution de la motricité digestive (un phénomène lié à un côlon irritable, au manque d’exercice physique, à une alimentation pauvre en fibres) ou résulte de la prise de médicaments dits « constipants » (certains pansements gastriques, une supplémentation en fer, etc.) ou de causes psychogènes comme un stress, lié au processus de défécation ou au manque d’hygiène des toilettes.

La constipation organique

Elle est liée à des pathologies comme le cancer du côlon, une sigmoïdite, une fissure anale, la maladie de Hirschsprung, une hypothyroïdie ou encore un diabète.

La constipation du nourrisson

Banale dans la plupart des cas, et d'ailleurs souvent confondue avec un espacement "naturel" des selles. Son caractère est essentiellement d'ordre fonctionnel (état fébrile, alimentation inadaptée, stress). Si des vomissements sont associés, si les selles se présentent sous la forme de petites boulettes, si l'enfant se tord de douleur à la palpation de l'abdomen, s'il répond moins bien aux stimulations ou si du sang apparaît dans les selles, il est nécessaire de consulter un pédiatre.

On mentionnera également la constipation du jeune enfant, avec un important pic de prévalence autour de l'âge de 4 ans. Le principal traitement est d'ordre non médicamenteux (mesures nutritionnelles). Ne jamais administrer un laxatif à l'enfant sans avis médical.

Quand faut-il s'adresser à un médecin ?

Il faut consulter un médecin lorsque les symptômes persistent ou s'intensifient : le calibre des selles diminue progressivement, elles s'accompagnent d'écoulements de sang, il y a perte de poids rapide et inexpliquée...

Le médecin vérifiera s’il s’agit d’une véritable constipation, et quelles en sont les causes, ou d'un simple ralentissement du transit intestinal.

Certains examens interviendront en cas de suspicion d’une pathologie organique sous-jacente : coloscopie, lavement baryté, hémogramme ou encore recherche de traces de sang dans les selles.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées ?

De fait, la constipation concerne davantage les femmes. Une hypothèse porte sur l’action des prostaglandines (des médiateurs chimiques) sur la motricité des muscles lisses, et donc du tube digestif.

La grossesse expose aussi à la constipation : la diminution des contractions intestinales dues aux modifications hormonales et la compression du côlon par l'utérus contribuent au ralentissement du transit.

Les personnes âgées aussi

Et ceci en raison d'une alimentation trop pauvre en fibres, de la sédentarité, d'une série de maladies liées au vieillissement, ainsi que des effets secondaires de certains médicaments.

Les facteurs de risque

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La constipation occasionnelle survient habituellement lors d’un voyage, d’un changement d’habitudes alimentaires, de climat, en période de stress.

Si la constipation survient brutalement, elle peut être le signe d’une pathologie grave. Ce symptôme ne doit en aucun cas être négligé.

La constipation chronique est avant tout liée à une mauvaise hygiène de vie : trop peu d’exercice physique, insuffisance d'apports liquides, manque de fibres.

La constipation iatrogène induite par plusieurs classes de médicaments : certains neuroleptiques, antidépresseurs, anxiolytiques, analgésiques, antihypertenseurs, antihistaminiques...

Et l'alimentation ?


Point fondamental : une alimentation variée et équilibrée, riche en fibres, en fruits et en légumes, avec des apports hydriques suffisants (entre 1,5 et 2 litres par jour).

Quels aliments éviter ?

Il convient d'éviter les plats riches en graisses ou trop épicés, ainsi que certains féculents comme le riz. La banane constipe fortement. Si la constipation s'accompagne de ballonnements ou de flatulences, évitez les crudités, les choux et les féculents qui ont tendance à fermenter. Le chocolat et les friandises peuvent, également s'accompagner d'un effet constipant.

Quels aliments privilégier ?

• Au rayon des remèdes de grand-mère, on trouve les pruneaux d’Agen, le pain d’épices, une cuillère d’huile d’olive à jeun ou encore des spéculoos.

• Des fruits (cerises, prunes, abricots..., avec la peau, riche en fibres), des agrumes, beaucoup de légumes (crus s’ils n’irritent pas vos intestins, sinon cuits à l’eau, en potage, etc. ), des smoothies, ainsi que des desserts ou boissons lactés à base de probiotiques. Sans oublier le pain complet, les céréales et de la matière grasse sur le pain ou pour cuisiner…

Attention, trop de fibres peuvent entraîner flatulences et ballonnements et/ou irriter les parois intestinales.

Les conseils au quotidien

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• Boire au moins 1,5 l de liquide par jour.
• Combattre la sédentarité (une demi-heure de marche quotidienne d'un bon pas).
• Eviter les repas pris sur le pouce, trop copieux. Limiter les sucreries. Bien mâcher ses aliments.
• Ne jamais se retenir d’aller à la selle.

Quels laxatifs ?

Les laxatifs sont délivrés sans ordonnance. Leur usage sera fera avec prudence. Concernant la posologie et la durée du traitement, il est vivement conseillé de demander l'avis du pharmacien ou du médecin.

Les laxatifs de lest à base de fibres alimentaires ou mucilages. Leur action mécanique (absorption de l'eau du milieu intestinal) augmente le volume des selles, favorisant leur évacuation.

Les laxatifs osmotiques permettent de ramollir le bol fécal en attirant de l’eau dans les selles.

Les laxatifs lubrifiants à base de paraffine ou de vaseline ramollissent les selles et les lubrifient. Attention : l’huile de paraffine peut entraîner une malabsorption de certaines vitamines.

Les laxatifs stimulants (ou de contact) irritent la muqueuse intestinale, ce qui entraîne l'évacuation du contenu colique.

Les laxatifs locaux agissent en facilitant la vidange du rectum par un processus réflexe. Le suppositoire à la glycérine est le plus connu.

• Les purges, laxatifs avec pompe par voie rectale ou fleets sont réservés à un usage ponctuel ou en amont d'un examen (rectoscopie, par exemple).


publié le : 02/08/2012 , mis à jour le 08/08/2015
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