Alcool : pourquoi cette envie de boire toujours plus ?

Dernière mise à jour: décembre 2012 | 7540 visites
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news Le « binge drinking » - boire beaucoup d’alcool en peu de temps – induit une consommation de plus en plus importante les fois suivantes.

Et ceci en raison des dommages spécifiques causés à un groupe de neurones (situés dans le cortex préfrontal), ce qui va provoquer un affaiblissement de leur capacité à freiner les réactions émotionnelles et les comportements impulsifs ; avec, dans le même temps, une hyperactivité des circuits associés au stress. Ceci avait été observé chez des personnes fortement dépendantes à l’alcool, mais cette équipe américaine (Scripps Research Institute) montre que le processus intervient après à peine quelques épisodes de « biture express ».

Des constatations inquiétantes

Elle a conduit des expériences chez le rat (un modèle expérimental fiable) et a mis en évidence le fait que les rongeurs qui avaient un accès limité dans le temps - mais pas en quantités - à l’alcool (trois jours par semaine) finissent, après deux mois, par en boire beaucoup plus que ceux qui ont un accès continu. Comme si chaque épisode de surconsommation appelait un nouvel excès, avec dérégulation croissante des fonctions cérébrales d'auto-contrôle.

Des tests réalisés entre les épisodes de « binge drinking » ont par ailleurs montré que la consommation abusive d’alcool par intermittence nuit fortement à une série de facultés (comme la mémoire). Ces dommages s’atténuent après deux semaines d’abstinence, mais réapparaissent très rapidement à la suite d’un nouveau contact avec l’alcool.

Comme ils l’expliquent dans la revue « PNAS », les auteurs vont à présent affiner ces résultats par des études sur l’être humain ; et considèrent que si ces mécanismes se produisent à l’identique (ce qui est probable), cela serait extrêmement préoccupant, en particulier pour les adolescents, chez qui le cortex préfrontal n’est pas encore à maturité. Mais ils indiquent aussi que la compréhension affinée de ces processus peut conduire à la mise au point de traitements mieux ciblés et à de meilleures approches préventives pour combattre l’addiction.


publié le : 16/12/2012 , mis à jour le 15/12/2012
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