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Les disputes entre enfants

Dernière mise à jour: août 2015 | 11528 visites
Dans cet article
Les disputes entre enfants

dossier Un moment de jeu qui dégénère en bagarre, où se mêlent les cris et les pleurs, un frère et une soeur qui se volent encore une fois dans les plumes... : les disputes entre enfants sont une source d'énervement et d'incompréhension. Comment réagir ?

Ces disputes et ces conflits font partie d'un comportement naturel chez l'enfant, ce qui signifie aussi qu'il peut progressivement apprendre à contrôler ses réactions.

En fait, ces querelles sont importantes dans le développement relationnel de l'enfant : il apprend à vivre avec les autres, il développe son sens du contact, il affirme sa personnalité et ses compétences sociales. Au premier abord, la dispute peut paraître contre-productive, et aller dans le sens contraire de ce que l'on attend du « vivre ensemble ». Pourtant, elles incitent l'enfant à exprimer ce qu'il ressent, à tenir compte des souhaits des autres, à se défendre, à négocier, à trouver un compromis, à partager...

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Evidemment, cette construction progresse petit à petit. L'enfant doit intégrer progressivement les codes de bonne conduite, et les règles d'une « saine dispute », celle qui permet de défendre son point de vue, mais pas de n'importe quelle manière. Les parents ont un rôle important à jouer, afin d'inculquer à leur enfant les limites à ne pas dépasser. On peut être en désaccord avec un copain ou avec son frère ou sa soeur, mais hurler et frapper ne sont pas des comportements acceptables. C'est son attitude qui doit être corrigée (« tu ne dois pas donner des coups »), sans pour autant le rabaisser (« tu n'es qu'un méchant garçon »), ce qui pourrait avoir un effet négatif et le braquer.

Une bonne manière d'aider l'enfant à maîtriser ses accès de colère consiste à lui proposer des alternatives : compter jusqu'à dix avant de réagir à ce qu'il considère comme une provocation, dire clairement ce qui l'embête sans pour autant commencer à hurler, attendre que l'autre ait terminé de s'expliquer... Le but est que l'enfant comprenne que s'il n'est pas convenable de réagir brutalement, cela ne signifie pas qu'il doit rester sans réaction : il a absolument le droit d'argumenter, de défendre sa position, mais il doit apprendre à le faire plus sereinement.

Régler les problèmes

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L'enfant doit gérer l'après-dispute, présenter ses excuses, exprimer des regrets. Même s'il insiste sur le fait - une réaction classique - que « ce n'est pas de ma faute, c'est lui qui a commencé », il doit prendre conscience et reconnaître qu'il a sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé. Souvent, l'enfant ne fera pas cette démarche spontanément, il faut le motiver. Inutile de le bousculer cependant s'il est très en colère, laissez-lui un peu de temps pour digérer les événements, pour se calmer. Dans ce contexte, si l'adulte (le parent) a sur-réagi, il est bon de montrer l'exemple : on n'hésite pas non plus à dire qu'on est désolé.

• Les querelles - parfois très agressives - entre frère et soeur sont monnaie courante dans de nombreuses familles. En fait, la famille est un environnement propice aux disputes : dans ce contexte sécurisant mais où il faut « marquer son territoire », l'enfant se lâche, expérimente, explore les limites. La réticence ou la peur de l'affrontement est moins présente face à un frère ou une soeur que face à un inconnu, dont la réaction peut présenter un danger, ou à un camarade, avec lequel on risque de compromettre les liens d'amitié.

Faut-il s'en mêler ?

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Pour autant bien sûr que la situation ne dégénère pas, il vaut mieux ne pas intervenir. Les enfants apprennent surtout d'une dispute lorsqu'ils ont la possibilité de régler eux-mêmes le conflit. Par ailleurs, en restant en retrait, on évite de montrer à l'enfant qu'il attire l'attention parce qu'il se dispute, ce qu'il pourrait alors retenir comme un argument - un outil de manipulation - pour le futur.

Si vous décidez d'intervenir, ne prenez pas parti, ne répondez pas aux exclamations classiques « Papa, c'est elle qui m'a frappé » ou « Maman, c'est lui qui a commencé ». Chacun a sa part de responsabilités et doit l'accepter. Essayer d'amener les enfants à résoudre leur conflit, mais ne tranchez pas vous-même. Demandez-leur de s'expliquer - dans le calme ! -, de comprendre comment la dispute a démarré, et de chercher une solution entre eux.

Maîtriser sa colère

Les conflits entre les enfants mettent à mal la patience des parents, les agacent, les irritent, les exaspèrent. Il est nécessaire de prendre du recul, de s'isoler de leurs chamailleries ou de leur demander d'aller se quereller ailleurs. Il faut essayer de garder sa propre colère sous contrôle, sachant que l'enfant observe la manière dont son père ou sa mère gère les situations tendues (et les émotions en général) : si l'on ou l'autre a tendance à exploser, ce n'est pas un bon signal, puisque l'enfant prendra cette réaction comme repère pour le faire lui aussi.

Quand les disputes deviennent fréquentes et qu'il est difficile d'y mettre un terme, il est judicieux de s'interroger sur leurs causes. La jalousie, l'enfant ne se sent pas bien dans sa peau, il est fatigué, s'ennuie-t-il, essaie-t-il d'attirer l'attention ?

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Face à des enfants qui se chamaillent pour un oui ou pour un non, le fait d'organiser des moments amusants (jeu, promenade...) auxquels ils participent ensemble peut les mettre sur la bonne voie. L'objectif est qu'ils se sentent bien... à deux, qu'ils intègrent que le partage est positif, que la présence de l'autre n'empêche pas - au contraire - de ressentir des sensations agréables. Et n'hésitez jamais à leur dire combien vous appréciez cette harmonie, qui est bien plus profitable et bénéfique pour tous que les crises de colère.


publié le : 11/12/2014 , mis à jour le 08/08/2015
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