Que faut-il savoir sur le virus Ebola ?

Dernière mise à jour: août 2015 | 5481 visites

dossier De quelle manière le virus Ebola se transmet-il ? Comment prendre en charge les patients ? La maladie risque-t-elle de se propager à travers le monde ? Autant de questions, parmi d'autres, que beaucoup d'entre nous se posent alors que l'épidémie s'étend en Afrique de l'Ouest.

Qu'est-ce que c'est ?

Le virus Ebola appartient à la famille des Filoviridae (filovirus), qui regroupe des virus à l'apparence filamenteuse. Chez les humains et les autres primates, ce virus provoque la fièvre hémorragique Ebola dont le taux de mortalité peut atteindre 90 % et contre laquelle il n'existe aucun traitement ni vaccin efficaces.

Des chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés constitueraient le réservoir naturel du virus Ebola. Son nom fait référence à une rivière qui coule près de la ville de Yambuku, dans le nord de la République démocratique du Congo. C'est dans l'hôpital de cette localité que le premier cas de fièvre hémorragique Ebola fut identifié en septembre 1976. L'année aussi de la première épidémie qui fit près de 300 morts.

Habituellement, les flambées épidémiques surviennent surtout dans les villages isolés d’Afrique centrale et de l’Ouest, dans les zones de forêts tropicales.

Comment le virus se transmet-il ?

123-p-virus-ebola-170-9.jpg
De l'animal à l'homme. Le virus Ebola s’introduit dans le corps humain lors d'un contact avec du sang, des sécrétions, des organes ou des fluides biologiques d’animaux infectés. L’infection peut se produire lors de la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris, d’antilopes des bois ou de porcs-épics.


Entre êtres humains. Il se propage à la suite de contacts directs avec du sang, des sécrétions, des fluides biologiques d'un patient ou de la dépouille d'une personne infectée.

Le sperme peut transmettre le virus jusqu’à sept semaines après la guérison clinique du patient.

Le personnel médical et paramédical doit évidemment prendre des précautions extrêmes.

Il n'existe pas de risque de contamination tant que la personne infectée n'a pas développé les symptômes de la maladie et le virus ne se transmet par les piqûres d'insectes.

Qui risque l'infection ?

• Le personnel médical et paramédical.

• Les proches en contact direct avec les patients.

• Les personnes qui manipulent des animaux infectés ou qui en consomment la viande.

Quels sont les symptômes ?

La maladie à virus Ebola se caractérise par une apparition soudaine de fièvre, une faiblesse générale, des courbatures, un mal de tête sévère et des maux de gorge. Ces premiers symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhée, d’éruptions cutanées, ainsi que d’une insuffisance rénale et hépatique. Les complications les plus graves se traduisent par des hémorragies internes et externes.

Les patients restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et dans leurs sécrétions.

La durée d’incubation, c’est-à-dire le délai entre le moment de l'infection et l’apparition des premiers symptômes, peut varier de 2 à 21 jours.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

123-bloed-tubes-labo-170-01.jpg
Le médecin doit d'abord écarter d’autres affections avec des symptômes plus ou moins proches de ceux de la fièvre hémorragique Ebola : le paludisme, la fièvre typhoïde, la shigellose, le choléra, la leptospirose, la peste, la fièvre récurrente, la méningite, l’hépatite et d’autres fièvres hémorragiques virales.


Des tests spécifiques confirmeront le diagnostic d'Ebola.

• le titrage immunoenzymatique (Elisa)
• la détection de l’antigène
• un test de séroneutralisation
• une analyse au microscope électronique
• un isolement du virus sur culture cellulaire

Comment soigne-t-on la maladie ?

Il n'existe aucun traitement et aucun vaccin efficaces contre le virus Ebola. Des recherches et des essais sont en cours.

La prise en charge consiste à essayer de stabiliser le patient et à combattre l'escalade vers les complications mortelles, en particulier les hémorragies. Les recours relèvent de la réanimation, de la transfusion ou encore de la réhydratation.

La maladie est fatale dans 20% à 90% des cas.

Quelles mesures de précaution ?

Pour les personnes qui envisagent de se rendre dans une zone où la maladie s'est déclarée, il est fermement recommandé :

• de consulter les conseils aux voyageurs délivrés par les autorités de leur pays d'origine

• d’éviter le contact direct avec du sang et d’autres fluides corporels de personnes susceptibles d'avoir été infectées

• de ne pas toucher les animaux et de ne pas consommer de viande de brousse

• de respecter une hygiène personnelle extrêmement stricte

• de respecter à la lettre les directives émises par les autorités locales

Comment essaie-t-on de combattre l'épidémie ?

nieuwsblad)ebola-170-06.jpg

Dans les pays touchés


• Il est indispensable de détecter au plus tôt et d'isoler les personnes infectées, afin de bloquer le processus de transmission du virus. Les proches des malades sont suivis pendant plusieurs semaines afin de s'assurer qu'ils ne sont pas contaminés.

• Le personnel médical et paramédical est soumis à des mesures de protection très sévères, pour ne pas contracter la maladie et le cas échéant la transmettre.

Ailleurs dans le monde


• Des contrôles sanitaires ont été instaurés aux frontières des pays touchés par le virus, afin d'éviter que des personnes infectées quittent le territoire (par avion, par bateau ou par tout autre moyen).

• Les directives internationales sur le voyage aérien prévoient des mesures spécifiques destinées à identifier les voyageurs suspects et à leur interdire l'accès à bord.

• En Belgique comme dans bien d'autres pays, les hôpitaux et les médecins sont en alerte afin de réagir de manière rapide et appropriée en cas de suspicion d'Ebola.

• En cas de doute (signes inquiétants), un voyageur de retour d'un pays à risque doit immédiatement prendre contact avec un médecin (généraliste ou hospitalier) et lui faire part de ses inquiétudes. Le praticien orientera alors le patient.

Plus d'informations

• Institut de médecine tropicale

Organisation mondiale de la santé (OMS)

SPF Affaires étrangères

• Centre européen de prévention et de contrôle des maladies


publié le : 18/09/2014 , mis à jour le 08/08/2015
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci