Comment transformer les mauvais souvenirs

Dernière mise à jour: novembre 2014 | 3969 visites
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news Grâce à une technique permettant d’agir directement dans le cerveau, des chercheurs sont parvenus à modifier la valeur émotionnelle des souvenirs.

L’approche est encore très expérimentale et a d’ailleurs porté sur des souris, mais ses résultats montrent que la piste est prometteuse. Cette équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a eu recours à l’optogénétique, qui associe l’optique et la génétique, avec la capacité de rendre certains neurones sensibles à la lumière, ce qui permet alors de les stimuler de manière très spécifique.

Le principe de départ renvoie au fait que les souvenirs sont stockés dans plusieurs zones du cerveau et que pour les reconstituer (pour se les rappeler), il est nécessaire qu’ils soient reconstruits à partir de ces différentes données. Ces mécanismes et les circuits cérébraux impliqués dans ce processus sont encore mal connus.

Les neurones stimulés par laser


Phase un de cette expérience : des rongeurs mâles ont été conditionnés avec des mauvais souvenirs (légers chocs électriques) ou avec des bons souvenirs (contact avec une femelle). Les chercheurs ont ensuite stimulé par laser les neurones de deux régions du cerveau - le gyrus denté (stockage du contexte et des détails des souvenirs) et l’amygdale (reconnaissance et évaluation émotionnelle) -, avant de reconditionner les souris : celles qui avaient auparavant créé un souvenir agréable étaient soumises à un petit choc électrique, celles qui avaient créé un souvenir désagréable étaient mises en contact avec une femelle.

Le résultat montre que le second conditionnement supplante le premier. En d’autres termes, et c’est ce qu’il faut retenir de cette expérience assez complexe, la charge émotionnelle d’un souvenir peut être inversée. L’intérêt ? Les auteurs indiquent que ceci dégage des perspectives intéressantes pour la prise en charge de la dépression, des troubles anxieux ou du syndrome de stress post-traumatique. Nous n’en sommes pas encore là, mais une cible est identifiée.

Source: Nature (www.nature.com)
publié le : 18/11/2014
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