Anorexie : besoin de maigrir ou peur de grossir ?

Dernière mise à jour: août 2016 | 5380 visites
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news Chez les personnes souffrant d’anorexie mentale, ce ne serait pas tant la peur de prendre du poids qui prime que l’envie d’en perdre.

Le diagnostic de ce trouble du comportement alimentaire, qui affecte surtout les adolescentes et les jeunes adultes, repose classiquement sur plusieurs éléments : la restriction des apports alimentaires - et caloriques - conduisant à la maigreur (qui peut être extrême), l’altération de l’image de soi (de son poids et/ou de son corps), l’influence exagérée du poids sur l’estime de soi, le déni de l’état de maigreur, ainsi aussi que l’angoisse de la prise de poids.

C’est sur ce dernier point qu’a travaillé une équipe française (Inserm). Elle a réuni des patientes souffrant d’anorexie et des jeunes femmes qui ne présentaient pas ce trouble. Des photos de personnes avec des morphologies différentes (maigreur, normalité, surpoids) leur ont été présentées, et pendant la projection, l’activité électrodermale a été mesurée. Ceci reflète la réaction de la peau (transpiration) et du système nerveux autonome, et dès lors la réponse involontaire (non consciente) aux stimulations.

Que constate-t-on ?

Les photos de personnes de poids normal ou en surpoids ne déclenchent pas de réaction différente selon que l’on souffre ou pas d’anorexie mentale.
Les photos de personnes maigres entraînent une réaction qualifiée de « positive » chez les patientes souffrant d’anorexie, ce qui n’est pas le cas chez les femmes qui n’en sont pas atteintes.
• Cette réaction chez les personnes anorexiques est associée à une forme particulière du gène BDNF, identifié dans une série de troubles mentaux.

Les chercheurs tirent trois conclusions de leur étude.

• Elle renforce l’approche génétique comme manière d’aborder différemment les symptômes de l’anorexie mentale.
• Elle oriente les travaux de recherche sur les circuits de la récompense plutôt que l’évitement phobique : en d’autres termes, la privation répondrait à la satisfaction plus qu’à la peur.
• Elle suggère que certaines approches thérapeutiques pourraient présenter « un bénéfice net » dans la prise en charge de cette maladie, telles que la thérapie cognitive et la pleine conscience.

Source: Translational Medicine (http://stm.sciencemag.org)
publié le : 11/08/2016 , mis à jour le 10/08/2016
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