Grossesse : attention à la toxoplasmose

Dernière mise à jour: août 2015 | 15422 visites

dossier La toxoplasmose, communément appelée « la maladie des chats », est une affection parasitaire due à un protozoaire intracellulaire, Toxoplasma gondii. L'hôte définitif de ce parasite est un félidé, principalement le chat. La transmission à l’homme se produit par le biais des déjections de l'animal. L'infection est sans gravité pour une personne en bonne santé générale. Il en va autrement lorsqu'elle survient en cours de grossesse chez une femme qui n'est pas immunisée, exposant alors le foetus à des risques (très) sérieux.

Comment le chat est-il infecté ?

Le chat est infecté en mangeant des souris ou des oiseaux dans les tissus desquels le parasite responsable de la maladie forme des kystes qui peuvent contenir plusieurs milliers de toxoplasmes. Au cours de la digestion du félin, ils vont pénétrer dans les cellules de son intestin grêle et s'y multiplier, avant d'être libérés sous la forme d'oocystes (des oeufs encapsulés).

Ces oocystes sont évacués dans les excréments du chat. Des millions d'oocystes seront ainsi produits pendant environ deux semaines après la contamination de l'animal. Ces oocystes sont particulièrement résistants et peuvent survivre longtemps.

Les oocystes contaminent les sites de déjection, à la maison et en extérieur (plantes, pelouse, bac à sable, potager...). Les kystes sont quant à eux présents dans la viande de nombreux animaux : des études les identifient dans 30% de la viande de mouton et entre 10 à 15% de la viande de porc. Les parasites ne survivent pas à la cuisson à bonne température.

Les voies de contamination

• La litière de chat.
• La viande crue ou insuffisamment cuite.
• Les légumes crus et les fruits (avec la peau) mal lavés.
• Le lait et les œufs crus.
• Le contact avec du terreau, de l’engrais, du sable, des cailloux, des branches, des feuilles mortes... Tout élément, en fait, susceptible d'avoir été souillé par un chat.

La femme enceinte : une situation particulière

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La toxoplasmose est une maladie qui ne présente pas de caractère de gravité chez les personnes dont le système immunitaire n'est pas altéré (pas d'immunodéficience).

La femme enceinte constitue l'exception. Lorsqu'elle contracte l'affection, on parle de toxoplasmose gravidique, avec des conséquences potentiellement dramatiques pour son enfant, puisque le parasite colonise le placenta et s'attaque ensuite au foetus. La contamination durant le premier trimestre de grossesse est la plus à risque et peut se traduire par la mort in utero ou provoquer des lésions extrêmement sérieuses du système nerveux central. Une infection plus tardive peut engendrer des atteintes cérébrales et oculaires.

« En Belgique, deux enfants pour mille naissances sont touchés. La cause principale est à rechercher dans nos habitudes alimentaires », indique le Pr. Walter Foulon, gynécologue à l’AZ VUB (Bruxelles), spécialiste en la matière. « La Belgique et la France sont néanmoins en tête de liste en matière de prévention de la toxoplasmose chez la femme enceinte alors que cette maladie parasitaire semble à peine connue en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Pourquoi ? Tout simplement parce que les Anglais et les Américains ne sont pas de gros mangeurs de viande crue alors que c’est très tendance chez nous et chez nos voisins français ».

Des effets imprévisibles

En Belgique, la moitié des femmes enceintes ont contracté la toxoplasmose avant leur grossesse. Elles ne risquent donc rien et leur fœtus non plus. En effet, leurs anticorps les protègent contre la maladie. Pour les autres, la prévention est primordiale durant toute la grossesse.

« Neuf femmes enceintes sur dix qui ont contracté la toxoplasmose mènent leur grossesse à terme et donnent naissance à un bébé en bonne santé apparente », poursuit le Pr Foulon. « Mais environ la moitié de ces enfants souffriront de graves problèmes oculaires voire de cécité avant l’âge de 20 ans. Des répercussions qui sont pour l’instant encore imprévisibles à si long terme ». Et le spécialiste d’ajouter : « Les enfants contaminés dans le ventre de leur mère resteront toute leur vie durant porteurs de kystes. En cas d'affaiblissement de leur système immunitaire, l'infection peut éclater avec toutes les conséquences que cela suppose. »

Le stade de la grossesse

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La probabilité de transmission du parasite de la maman au foetus est liée au stade de la grossesse :

• 10% si l'infection survient lors du premier trimestre,
• 25 à 30% lors du deuxième trimestre,
• 60 à 70% lors du troisième trimestre.

Comme nous l'avons déjà indiqué, plus la contamination a lieu tôt, plus les conséquences pour le fœtus risquent d'être sévères.

Quels symptômes ?

La toxoplasme est souvent discrète, voire silencieuse. Lorsque des symptômes se manifestent, ils passent relativement inaperçus : perte d’appétit, fatigue, légères nausées, un peu de fièvre... A priori, rien d'alarmant. Et pourtant... : confrontée à ces signes, une femme enceinte doit impérativement s'adresser à son médecin, afin de réaliser un bilan spécifique.

Quel traitement ?

Il n’existe pas de vaccin permettant de prévenir l'infection.

Lorsque la maladie est diagnostiquée, un traitement par antibiotiques sera mis en oeuvre. Plus il débute tôt, plus il est efficace. Le Pr Foulon considère qu’une antibiothérapie entreprise à un stade précoce permet de prévenir la contamination du foetus dans 70 à 90% des cas.

La prévention

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Selon le Pr Foulon, « le respect d'une série de mesures hygiéno-diététiques permet de réduire de deux tiers les risques de toxoplasmose durant la grossesse ».

1°. Il n’est pas nécessaire de se séparer de son chat, mais il faut impérativement éviter tout contact avec ses déjections (en particulier sa litière, bien évidemment).

2°. Rincer abondamment les légumes crus avant de les consommer. Se laver ensuite minutieusement les mains.

3°. De préférence, consommer des légumes cuits et des fruits épluchés.

4°. Evitez impérativement de manger de la viande (mi-)crue. La viande de mouton et de porc devra être cuite à suffisance.

5°. Pas de fromages au lait non pasteurisé, de lait et d'œufs crus.

6°. Lavez–vous les mains après avoir manipulé de la viande crue.

7°. Pour jardiner, portez des gants. Idem pour la manipulation de plantes ou de fleurs exposées en intérieur.

8°. Changer régulièrement les torchons, serviettes éponge, serviettes de table.

9°. Pour sécher les fruits et les légumes, utilisez du papier absorbant.

10°. Respectez une hygiène impeccable des ustensiles de cuisine (une planche à découper toujours propre, le couteau qui a servi pour la viande crue ne sera pas réutilisé pour couper les légumes crus, un saladier pour chaque préparation...).


publié le : 24/01/2013 , mis à jour le 08/08/2015
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