Toilettes publiques : le stress de l’urinoir

Dernière mise à jour: février 2013 | 10561 visites
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news Une proportion importante d’hommes stressent lorsqu’ils doivent uriner dans des toilettes publiques. Un véritable sentiment d’insécurité peut se manifester.

La parurésie est un trouble bien identifié, appelé aussi urinophobie ou syndrome de la vessie timide. Difficile de dire combien de personnes souffrent de cette incapacité à uriner en présence d’autres individus (quel que soit le contexte). Les estimations font état d’environ 5% de la population, avec une écrasante majorité d’hommes, qui subissent une contraction réflexe des sphincters dans ces situations stressantes.

Cette équipe de l’université de Londres a été au-delà du trouble, en s’intéressant aux différences entre hommes et femmes lorsque les unes et les autres se retrouvent dans des WC accessibles au public. Pour cela, des clients de bars, de discothèques, de centres commerciaux, de restaurants…, ont été interrogés à la sortie des toilettes.

Premier point : la plupart des femmes indiquent ne ressentir aucune gêne et expliquent d’ailleurs qu’elles ont tendance à socialiser, à engager la conversation, à dialoguer avec leurs amies, en attendant leur tour ou après avoir fait ce qu’elles avaient à faire. Deux : pour les messieurs, c’est très différent. Il y a ceux qui se sentent parfaitement à l’aise et il y a ceux – nombreux – qui vivent cela comme un moment de tension.

Respecter les codes

Pas de parurésie en ce qui les concerne, mais une forme d’anxiété, qui peut d’ailleurs parfois conduire à un blocage. Parce qu’il faut respecter les codes : face à l’urinoir, on ne fait pas n’importe quoi, on ne prend pas une posture désinvolte, on ne regarde pas n’importe où, on essaie autant que possible de garder ses distances (se coller à un usager alors que d’autres urinoirs sont libres prêtera à interprétation…), on ne profite pas du moment pour sympathiser avec un inconnu, on ne s’attarde pas lorsque c’est fini…

Les chercheurs de l’université de Londres considèrent, sur base de leurs observations, que peut alors émerger un véritable sentiment d’insécurité, lié à la peur de mal faire et d’être mal vu, avec la crainte d’être la cible d’une réaction agressive. Ils considèrent que la disposition habituelle des toilettes pour hommes n’est pas adéquate et ne crée pas un environnement apaisant. Il reste cette question : pourquoi les messieurs (en tout cas une partie d’entre eux) ressentent-ils cela ? On peut avancer une série d’hypothèses (virilité…), mais pas davantage.

[Source : British Journal of Criminology]


publié le : 06/02/2013 , mis à jour le 05/02/2013
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