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L’odeur du bébé : un signal puissant

Dernière mise à jour: août 2015 | 6507 visites
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news L’odeur d’un nouveau-né déclenche une réaction très particulière dans les circuits cérébraux des mamans, un processus associé à la récompense et au plaisir.

« On le mangerait tout cru ! » Eh ! bien, sur le fond, c’est un peu ça… Une équipe internationale de chercheurs vient en effet de démontrer que l’odeur d’un bébé sollicite des zones cérébrales que l’on sait notamment associées au plaisir de manger.

Comment ont-ils observé cela ? En constituant deux groupes d’une quinzaine de femmes : le premier était composée de mères qui avaient accouché récemment (trois à six semaines) et le second de dames qui n’avaient pas (encore) eu d’enfant. Toutes ont été invitées à sentir des odeurs prélevées sur des pyjamas de nouveau-nés (âgés de deux jours), des bébés avec lesquels aucune n’avait eu le moindre contact. Pendant l’expérience, l’activité cérébrale a été visualisée en temps réel par imagerie fonctionnelle (IRMf).

L'odeur et les liens affectifs


Premier point : quel que soit le groupe, l’odeur de l’enfant a été perçue avec la même intensité. Mais, mais… Chez les mères, les spécialistes ont remarqué une activation beaucoup plus importante des circuits cérébraux liés à la récompense et au plaisir, comme cela se produit également face à la nourriture par exemple.

L’un des auteurs, attachés à l’université de Montréal, explique ainsi que « les signaux chimiques olfactifs de communication entre la mère et l’enfant sont très intenses. Ce que nous avons montré pour la première fois, c’est que l’odeur du nouveau-né active le circuit de la récompense chez les mères. Cette odeur joue sans doute un rôle dans l’établissement de liens affectifs et motivationnels entre la maman et l’enfant, en éveillant chez la mère les fonctions de soins maternels comme l’allaitement et la protection ».

L’étude doit être prolongée, puisque des questions importantes subsistent. Ainsi, la réponse cérébrale constatée ici est-elle liée à des modifications biologiques – en particulier hormonales - liées à l’accouchement lui-même ou est-elle une conséquence de l’expérience olfactive vécue par les mères avec leur propre enfant ? Ou les deux ? Et qu’en est-il chez les pères ?

Source: Frontiers in Psychology (www.frontiersin.org/Psychol)
publié le : 23/11/2013 , mis à jour le 06/08/2015
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