En quoi consistent les tests d'allergie ?

Dernière mise à jour: août 2015 | 32519 visites

dossier Pour déterminer si un patient présente une sensibilisation allergique à une substance donnée, une technique efficace consiste à exposer la peau à l’élément suspect et à observer ce qui se produit alors. Plusieurs méthodes sont disponibles. Comment se déroulent ces tests allergiques cutanés ?

Aliment, pollens, acariens, médicament, poils d’animaux, venin de guêpe ou d’abeille… : de très nombreux agents sont susceptibles de déclencher une allergie, liée à une réaction anormale et excessive du système immunitaire (le système de défense de l’organisme). On distingue deux types de processus.

L’allergie immédiate, qui fait intervenir des anticorps IgE (immunoglobulines E). Ce mécanisme est exploré par le prick test et l’intradermoréaction. La réaction est lue après vingt minutes.
L’allergie retardée, qui mobilise certains globules blancs (les lymphocytes). Ce mécanisme est évalué par l’intradermoréaction et le patch test. La lecture intervient entre deux et quatre jours plus tard.

Il est à noter qu’une sensibilisation allergique ne signifie pas forcément que la personne souffre d’une allergie : le test peut être positif alors qu’on n’observe pas de symptômes.

Les tests allergiques cutanés ne demandent pas de préparation particulière (le patient ne doit pas être à jeun, par exemple). Ils peuvent être réalisés à tout âge (et dès la naissance, en fait).

Ces examens ne présentent pas de caractère d’urgence. D’ailleurs, dans certaines situations (réaction allergique à un médicament ou à un venin de guêpe ou d’abeille), un délai de quatre à six semaines doit être respecté après la phase aiguë pour procéder au bilan allergique, sous peine d’obtenir des résultats faussement négatifs.

Le prick test

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La durée : vingt minutes.

La zone de la peau : l’avant-bras ou le dos.

La méthode : ce test examine les allergènes environnementaux (poils d’animaux, acariens, pollens, moisissures, latex…), les aliments (préparations commercialises ou produits frais) et les médicaments.

Une goutte d’allergène est déposée sur l’épiderme. A l’aide d’une pointe minuscule, la substance est introduite juste en-dessous de la surface de la peau (1 mm) pour être mise en contact avec les anticorps (les IgE) intervenant dans l‘allergie.

La réaction : le test est considéré comme positif en cas d’apparition, endéans les vingt minutes, d’une rougeur, d’un chatouillement ou d’un gonflement. Ces manifestations disparaissent dans l’heure qui suit (si le patient ne se gratte pas).

Il est possible que des réactions légères surviennent après quelques heures (elles s‘estompent en un ou deux jours), mais cela n’est pas significatif pour l’évaluation de l’allergie immédiate.

L’intradermoréaction

La durée : vingt minutes pour chaque niveau de dilution de la substance à tester. Dans certains cas, il sera demandé au patient de se représenter après six, vingt-quatre, quarante-huit ou septante-deux heures (voire davantage), dans le cadre d’une lecture tardive.

La zone de la peau : la partie externe des bras.

La méthode : les substances – médicament et venins - sont diluées entre dix et cent mille fois, puis injectées en très faible quantité dans la partie superficielle de la peau au moyen d’une aiguille fine et courte.

La réaction : le test est positif en cas d’apparition d’une rougeur avec gonflement et chatouillement (qui disparaissent après une heure).

Des effets (cutanés ou respiratoires) à distance de la zone évaluée peuvent apparaître, en particulier avec certains médicaments, comme la pénicilline. Ils doivent être immédiatement signalés au médecin ou à l’infirmière, qui interviendront en conséquence.

Certains patients présentent des malaises (avec bouffées de chaleur, pâleur, transpiration…) au moment des injections : ces symptômes sont bénins et ne sont pas liés à une allergie, mais concernent généralement des personnes émotives (piqûre, atmosphère propre à un hôpital…). Le fait de s’allonger et de s’apaiser permet de poursuivre l’examen.

Le patch test

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La durée : la pose des patchs demande entre vingt et trente minutes. En fonction des substances, ils sont maintenus de deux à quatre jours.

La zone de la peau : la partie supérieure du dos.

La méthode : des dispositifs autocollants contenant les substances sont appliqués sur la peau. Ils ne peuvent pas être mouillés (pas de bain ni de douche) ou retirés, même momentanément, avant la lecture.

La réaction : une rougeur, un gonflement localisé, des chatouillements.

Une pigmentation résiduelle peut persister pendant quelques semaines après le retrait du dispositif, et des démangeaisons durant quelques jours. Des manifestations cutanées plus sévères (rougeurs diffuses, vésicules…) peuvent être observées, mais elles sont rares. Les patients présentant un eczéma très évolutif font l’objet d’une attention particulière.

Les contre-indications

• L’utilisation de médicaments susceptibles de donner des résultats faussement négatifs (antihistaminiques, cortisone par voie orale ou par injection, traitement immunosuppresseur…) ou faussement positifs (sirop contre la toux contenant de la codéine …) et en cas d’application de crème à base de cortisone sur les bras ou le dos.

• Les patients sous bêta-bloquants doivent interrompre leur traitement vingt-quatre heures avant le test, car ils pourraient gêner la prise en charge d’une éventuelle réaction secondaire.

• Pour le patch test : banc solaire ou exposition du dos au soleil au cours du mois précédent, application de crème à la cortisone.

Les effets secondaires

Des plus banals aux plus sévères, ils sont très rares.

Un médecin est toujours présent lors des tests afin d’assurer une prise en charge en cas d’urgence. L’intervention peut consister en une mise sous perfusion, l’administration de corticoïdes (par intraveineuse), d’un antihistaminique (par voie intramusculaire ou orale), d’un bronchodilatateur (aérosol) ou d’adrénaline (par intramusculaire).

Le patient sera gardé sous surveillance jusqu’à la normalisation de son état.

Les alternatives

Les tests cutanés restent l’approche de premier choix.

Pour les réactions allergiques immédiates liées aux allergènes respiratoires, aux venins, à certains médicaments et parfois à certains aliments, il est possible de réaliser un dosage sanguin des anticorps IgE spécifiques à l’allergène suspecté.

Toutefois, cette démarche est moins sensible, prend plus de temps, ne permet pas d’évaluer tous les allergènes, ni de cerner les mécanismes allergiques retardés.

Source: Cliniques universitaires Saint-Luc (www.saintluc.be)
publié le : 07/08/2014 , mis à jour le 08/08/2015
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