Existe-t-il un délai idéal entre deux grossesses ?

Dernière mise à jour: octobre 2014 | 5899 visites
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news Des chercheurs remettent en cause la notion d’intervalle idéal entre deux grossesses, un principe de précaution contre une série de risques pour le bébé et la maman.

Cette équipe américano-australienne nuance considérablement les résultats de nombreuses études antérieures, qui considéraient qu’un délai court (moins de 18 mois) ou long pouvait exposer à des complications comme la naissance prématurée ou le faible poids du nouveau-né.

Ainsi que le rappelle le Dr Roseline Péluchon (Journal international de médecine), « deux hypothèses s’affrontent : celle de « l’épuisement maternel » en cas de grossesses trop rapprochées et celle de « la régression physiologique » en cas de grossesses trop espacées. Ces hypothèses sous-entendent l’existence d’un intervalle idéal, suffisant pour récupérer d’une grossesse tout en n’étant pas trop long pour ne pas perdre les bénéfices de l’adaptation physiologique ».

Les facteurs de risque propres à chaque femme


Mais certains spécialistes ont un autre point de vue, qui affirme que l’espacement des grossesses en tant que tel n’est pas en cause - en tout cas pas autant qu’on le craint - dans ce lien entre intervalle et complications : la relation serait en réalité la conséquence de la présence (ou de l’absence) de facteurs de risque spécifiques à chaque femme. S’ils varient beaucoup d’une femme à l’autre, ils restent relativement constants chez la même personne au cours de ses grossesses successives. Pour vérifier cette piste « alternative », ils ont étudié les dossiers de femmes ayant connu trois grossesses et ont comparé l’évolution de ces grossesses en fonction du délai séparant les unes des autres. Au total, 80.000 grossesses ont ainsi été analysées.

Résultat : « Le lien puissant, relaté dans la littérature médicale, entre un intervalle court entre deux grossesses et des complications se trouve ici considérablement réduit », note le Dr Péluchon. « L’effet retrouvé classiquement serait bien la conséquence de facteurs maternels persistants d’une grossesse à l’autre et non du temps écoulé entre les grossesses ». Il en va ainsi en particulier pour le risque de naissance prématurée et de faible poids du bébé. Le constat est le même pour les grossesses très espacées.

Les auteurs de cette étude recommandent néanmoins aux médecins de continuer à considérer avec prudence les grossesses rapprochées, mais en les invitant à centrer leur vigilance en priorité sur les facteurs de risque maternels individuels (environnement socio-économique, mode de vie…).

Source: British Medical Journal (www.bmj.com)
publié le : 29/10/2014 , mis à jour le 28/10/2014
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