Médicaments : le prix influence-t-il l’efficacité ?

Dernière mise à jour: mars 2015 | 3022 visites
123-fv-fles-medic-pil-170_08.jpg

news Un médicament cher a-t-il un effet supérieur à celui d’un produit meilleur marché ? C’est bien possible : les patients pourraient être influencés par le prix.

Il ne faut pas tirer de conclusions définitives de cette étude, mais elle fournit des éléments qui méritent réflexion. Une équipe américaine (université de Cincinnati) a réalisé une expérience assez instructive sur des patients souffrant de la maladie de Parkinson. Les chercheurs leur ont expliqué qu’ils allaient se voir administrer des médicaments à l’efficacité identique, mais commercialisés par des laboratoires différents, et vendus l’un à un prix de 100 dollars et l’autre beaucoup plus cher, 1.500 dollars. La seconde injection n’intervenait que si la première ne donnait pas satisfaction, et on commençait soit par le médicament meilleur marché, soit par le plus coûteux.

L'importance de l'effet placabo


En réalité, il s’agissait à chaque fois d’une solution saline sans effet pharmacologique. Des tests ont permis d’évaluer les capacités motrices. Il s’avère que lorsque le produit le plus cher est administré en premier lieu, le résultat est amélioré en moyenne de 28% par rapport à l’injection initiale du médicament le moins cher. Les chercheurs constatent un effet placebo (« psychologique ») dans les deux cas, mais nettement plus prononcé avec le médicament coûteux.

Le prix semble donc influencer la réponse thérapeutique : les patients attendent une plus grande efficacité du produit le plus cher, se persuadent qu’il en ira ainsi et cela joue sur l'effet. Les chercheurs ne recommandent évidemment pas d’augmenter massivement le prix des médicaments, mais considèrent que ces observations pourraient contribuer à optimiser les stratégies thérapeutiques intégrant l’effet placebo.

Source: Neurology (www.neurology.org)
publié le : 20/03/2015 , mis à jour le 19/03/2015
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci