Manger du placenta : une bonne idée ?

Dernière mise à jour: août 2015 | 6175 visites
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news La pratique connaît un certain engouement : après l’accouchement, la maman avale des comprimés de placenta. Avec quels effets ?

Comme le rappelle Le Quotidien du Médecin, la « placentophagie » serait apparue aux Etats-Unis dans le courant des années 70 et séduirait de plus en plus de femmes un peu partout dans le monde. Selon ses adaptes, cette approche présente de multiples vertus : favoriser la production de lait, prévenir le baby blues, soulager la douleur, accélérer la récupération (grâce au fer et aux vitamines) ou encore améliorer l’élasticité de la peau. Les capsules sont fabriquées soit avec le propre placenta (lavé et déshydraté) de la mère, soit avec celui d’une autre maman. Des sociétés se sont spécialisées dans ce domaine (et fleurissent sur Internet).

Confrontée à des questions de patientes qui s’inquiétaient de savoir si ces comprimés pouvaient interagir avec d’autres médicaments (notamment les antidépresseurs), une psychiatre américaine (Northwestern University) a cherché les informations disponibles dans la littérature scientifique. Sa conclusion est formelle : aucune donnée - rigoureusement démontrée - ne permet d’affirmer que la consommation de placenta présente un bénéfice quelconque. La spécialiste ajoute qu’il n’existe pas d’étude sur les risques éventuels de cette pratique pour la mère ou pour l’enfant (en cas d’allaitement), sachant que l’une des fonctions du placenta consiste à protéger le fœtus contre les agents toxiques et pathogènes (bactéries, virus) auxquels la mère est exposée. Cela ne signifie pas pour autant que les pilules de placenta soient dangereuses, mais cela mérite d’être approfondi.

« Il n’y a aucun contrôle sur la manière dont ces pilules sont fabriquées et les doses sont aléatoires », lit-on encore. Et on ajoutera que si le placenta contient des vitamines, du fer et bien d’autres nutriments, les doses ne sont pas plus élevées que celles fournies par une alimentation équilibrée.

Source: Archives of Women’s Mental Health (www.springer.com/medicine/p)
publié le : 07/08/2015 , mis à jour le 06/08/2015
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