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Colère, joie, tristesse… : les sons plus forts que les mots

Dernière mise à jour: mai 2016 | 5737 visites
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news Une émotion exprimée par un son est reconnue plus vite et plus fort par le cerveau que lorsqu’elle est transmise par le langage.

« Pour identifier une émotion exprimée par un son, le cerveau fait appel à des systèmes apparus à un stade plus ancien de son évolution », explique ce spécialiste en sciences de la communication (université McGill – Montréal). « La compréhension d’émotions verbalisées met en jeu des systèmes plus récents, qui se sont développés parallèlement à l’évolution du langage ». Et la vitesse à laquelle le cerveau décode les sons, et sa préférence pour ces derniers par rapport aux mots, s’explique par le rôle crucial de l’interprétation des sons vocaux dans la survie de l’être humain.

Une attention spéciale pour la colère


Les chercheurs ont réalisé une expérience destinée à étudier, dans ce contexte, trois émotions fondamentales : la colère, la tristesse et la joie. Ils ont fait écouter à des participants un mélange aléatoire de sons, de propos inintelligibles (afin de ne fournir aucun indice linguistique sur la nature des émotions) et de mots. L’équipe a demandé d’identifier ce qui était exprimé, alors que l’activité cérébrale des participants était observée par électro-encéphalographie (EEG).

Que constate-t-on ? D’abord, que le cerveau reconnaît bien plus rapidement une émotion véhiculée par un son, avec une intensité et une attention bien supérieure à la même émotion transmise par la parole. Ensuite, il identifie plus vite les expressions sonores de joie (comme le rire) par rapport aux sons véhiculant la colère ou la tristesse. Mais, mais… La colère, exprimée par les sons ou par le langage, a déclenché une réaction cérébrale plus durable que les autres émotions, ce qui montre le cerveau accorde une importance particulière aux signaux de colère.

« Nos données indiquent que l’auditeur exerce une surveillance soutenue des voix empreintes de colère, quelle qu’en soit la forme », notent les chercheurs. « De fait, il cherche à déceler une éventuelle menace ». Autre élément : les personnes plus anxieuses réagissent plus rapidement et plus intensément aux voix empreintes d’émotion (en général). « Les sons ont l’avantage d’être compris de manière plus immédiate que la parole », et ils renvoient, comme nous le disions, à ces structures cérébrales anciennes qui ont contribué à la pérennité de notre espèce.

Source: Biological Psychiatry (www.journals.elsevier.com/b)
publié le : 20/05/2016
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