Pleurs du bébé : le cerveau sous haute tension

Dernière mise à jour: août 2016 | 7216 visites
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news Lorsqu’ils entendent un enfant pleurer, les adultes, et en particulier les parents, mettent en œuvre un processus mental tout à fait particulier, en actionnant instinctivement une sorte de commutateur cérébral.

La force avec laquelle les pleurs d’un bébé mobilisent l’attention des parents est bien connue, expliquent ces spécialistes canadiens (université de Toronto) : il s’agit d’un signal extrêmement puissant, qui appelle une réaction rapide. Ce que cette équipe a entrepris de mieux comprendre, c’est dans quelle mesure la valence émotionnelle (caractère agréable ou désagréable) des signaux vocaux du bébé interfère avec la capacité de l’adulte à effectuer une tâche, et module l’activité cérébrale.

Et si le système disjoncte ?


Des volontaires ont été invités à réaliser un test, appelé test de Stroop. Celui-ci consiste à nommer le plus vite possible des couleurs assimilées à des mots contradictoires (voir ci-dessous). Des enregistrements de vocalisations d’enfants, des pleurs ou des rires, ont été diffusés soit juste avant, soit pendant le test. La réaction cérébrale et sensorielle des participants était mesurée par électroencéphalogramme (ECG). Que constate-t-on ?

Les pleurs s’accompagnent d’un effet bien plus fort, plus perturbant, plus conflictuel que les rires, ce qui nuit aux performances lors du test de Stroop (réponses plus lentes, plus hésitantes). En fait, le cerveau enclenche un commutateur : alors qu’avec les rires du bébé, il continue à se concentrer sans trop de difficultés sur la tâche principale, les pleurs créent une interférence majeure, un conflit, qui détourne inévitablement l’attention… ce qui ne doit cependant pas empêcher de finir le travail.

Les chercheurs renvoient à la vie quotidienne, lorsqu’un parent doit interrompre une activité quand il entend son enfant pleurer. Le cerveau doit faire preuve de souplesse : percevoir le signal du bébé et y répondre en conséquence, même en cas de tâche importante, tout en faisant face aux exigences des activités en cours. La question consiste à savoir pourquoi ce commutateur peut poser problème chez certains parents, parce qu’il ne réagit pas efficacement (la tâche supplante l’alarme) ou parce qu’à un moment donné, il est comme sur-sollicité et… « disjoncte » : le conflit devient insoutenable, avec alors des réactions imprévisibles, et potentiellement agressives.

Le test de Stroop

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Source: PLoS One (www.plosone.org)
publié le : 10/08/2016 , mis à jour le 09/08/2016
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