Conducteurs dangereux : que se passe-t-il dans leur tête ?

Dernière mise à jour: septembre 2016 | 5970 visites
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news Limiter le risque de récidive représente un enjeu important de la prévention routière : mieux comprendre la psychologie des automobilistes dangereux contribuerait à une action plus efficace.

Comme l’explique cette équipe canadienne (université McGill), les profils des chauffards récidivistes sont hétérogènes, ce qui complique les stratégies d’intervention ciblée, d’autant que ces conducteurs ne sont pas très réceptifs aux appels à un comportement responsable. Mais ne serait-il néanmoins pas possible de dégager des traits spécifiques, en termes de personnalité, de cognition (processus mentaux) et de neurobiologie, ce qui permettrait d’affiner l’accompagnement ?

Les chercheurs ont constitué quatre groupes d’automobilistes âgés de 19 à 39 ans.

• récidivistes pour conduite en état d’ébriété
• récidivistes pour excès de vitesse
• récidivistes pour ivresse au volant et excès de vitesse
• aucune condamnation (conducteurs à faible risque)

Une série de paramètres ont été analysés : statut socio-démographique, comportement au volant (par questionnaire et dans un simulateur), personnalité et cognition (autodiscipline, recherche d’émotions et de récompense, impulsivité, prise de décision et de risque…) et neurobiologie (réponse au stress par évaluation du taux de cortisol).

Que constate-t-on ?

Groupe ébriété : une plus grande désinhibition, et assez logiquement une consommation problématique d’alcool, mais aussi, en état non alcoolisé, une moindre prise de risque que dans les deux autres groupes de chauffards.

Groupe vitesse : recherche de sensations fortes, désinhibition, prise de décision inadaptée, prise de risque.

Groupe mixte (alcool + vitesse) : abus d’alcool, personnalité asociale, recherche de sensations fortes et recherche de la récompense (autosatisfaction).

On ajoutera que les conducteurs dangereux font preuve de moins d’empathie, mais aussi que leur réponse au stress est plus faible (le taux de cortisol augmente moins que chez les automobilistes prudents). Les spécialistes retiennent trois traits majeurs en fonction des catégories : la recherche de stimulations dans le « groupe vitesse », la témérité (voire l’inconscience) dans le « groupe mixte » et une faible maîtrise de soi dans le « groupe alcool ». Dans les trois cas, et si l’on se base sur le cortisol, ceci pourrait refléter une dérégulation du système de réponse au stress.

L’intention consiste à affiner davantage ces observations, afin de pouvoir mettre sur pied des programmes mieux adaptés, plus ciblés en fonction des profils de ces conducteurs. Par exemple, parmi bien des pistes, organiser des activités à fortes sensations, mais dans un contexte sécurisé, pour ceux qui recherchent cela ; ou renforcer la capacité d’autocontrôle par rapport à la boisson pour ceux qui en abusent avant de prendre le volant ; et tout ceci sachant que l’approche autoritaire ou moralisatrice donne des résultats extrêmement mitigés.

Source: PLoS One (www.plosone.org)
publié le : 06/10/2016
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