Accouchement : quand l’épisiotomie est-elle nécessaire ?

Dernière mise à jour: février 2019 | 6838 visites
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news Il fut un temps où une épisiotomie était presque systématiquement pratiquée lors de l’accouchement. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais il serait possible de réduire encore la fréquence de ce geste.

L’épisiotomie consiste à inciser de quelques centimètres les muscles superficiels du périnée, dans le but d’éviter une déchirure grave, pouvant en particulier affecter le sphincter anal. En Belgique, selon des chiffres datant de 2014, une épisiotomie a été réalisée chez 35% des femmes qui ont accouché. Classiquement, ce geste chirurgical est pratiqué dans trois situations.

Souffrance fœtale. Il faut accélérer l’expulsion du bébé par l’administration d’ocytocine, mais le périnée n’a pas le temps de se distendre naturellement.

Accouchement difficile. Le bébé est trop gros ou il se présente par le siège : il faut lui faire de la place.

Manœuvres particulières. L’obstétricien doit avoir recours à des instruments (forceps ou ventouse).

L’épisiotomie n’est pas neutre, rappelle Le Figaro. Elle peut en particulier entraîner une augmentation de la douleur et de la durée de cicatrisation par rapport à une déchirure périnéale simple, et compliquer la reprise de la vie sexuelle. Dans ce contexte, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a émis des recommandations où la seule indication évidente pour une épisiotomie renvoie à l’utilisation d’instruments d’extraction pendant l’accouchement, afin d’accélérer la mise au monde du bébé quand sa tête est bloquée, en cas de fatigue de la mère, ou lors d’une forte anomalie du rythme cardiaque fœtal.

Ceci étant, chaque obstétricien, lors de chaque accouchement, évaluera la situation. Une épisiotomie est difficilement programmable, et elle se décide au dernier moment, dans une certaine urgence. Il est néanmoins important d’informer les mères de cette possibilité, et de recueillir leur avis lorsqu’une épisiotomie est envisagée (probabilité élevée…). Il est certain que l’avis du CNGOF ne fera pas l’unanimité, et cela se comprend, mais au moins, il apporte matière à réflexion.

Source: CNGOF (www.cngof.fr) via Le Figaro (www.lefigaro.fr)
publié le : 28/02/2019 , mis à jour le 27/02/2019
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