Vie quotidienne : il ne faut pas voir le risque de cancer partout

Dernière mise à jour: avril 2019 | 1677 visites
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news Déodorant, smartphone, wi-fi, coloration capillaire, stress, et même café : de nombreux éléments de la vie quotidienne sont soupçonnés de causer le cancer. Pourtant, en ce qui les concerne, les recherches scientifiques sont soit rassurantes, soit n'ont pas abouti à des résultats définitifs.

Le café

Contrairement à ce qui a été longtemps prétendu, le café ne semble pas augmenter le risque de cancer du rein ou du pancréas. Au contraire, une consommation raisonnable de café serait même recommandée.

Certaines études suggèrent un lien entre une consommation fréquente de boissons très chaudes et un risque accru de cancer de l'œsophage, mais ceci n'est pas spécifique au café.

Le stress

Beaucoup pensent que le stress chronique peut causer le cancer. De nombreuses recherches ont été menées à ce sujet, et aucun lien direct entre le stress et le développement du cancer n'a été démontré à ce jour, pas plus qu’un lien avec la pensée positive. Celle-ci ne permet pas de « soigner » le cancer au sens strict. Il faut cependant encourager cette pensée positive car l'optimisme et la combativité aident à faire face à la maladie et à son traitement, et rendent la souffrance plus supportable.

Indirectement, le stress peut influer sur le comportement, par exemple dans les domaines de la nutrition, du tabagisme, de l'alcool... Si un comportement à risque persiste pendant plusieurs années, il peut favoriser le développement du cancer.

La coloration capillaire

Tout dépend de l'usage qui est fait de ces produits.

Les personnes qui se colorent les cheveux ne courent aucun risque. Les produits disponibles sur le marché sont strictement contrôlés et des études indépendantes ne montrent aucun sur-risque de cancer chez les personnes qui ont utilisé une coloration capillaire.

Pour les coiffeurs, la situation est différente : un lien a été établi entre l’exposition répétée à certaines substances contenues dans les produits de coloration et le cancer de la vessie. Pour les autres types de cancer (poumon, ovaire, lymphome...), les données disponibles sont insuffisantes, ou les résultats des différentes études ne sont pas cohérents, et aucune conclusion définitive ne peut être tirée.

Le déodorant

Les premiers rapports alarmants sur les supposés effets nocifs des déodorants et des anti-transpirants ont été publiés en 1999. Ces produits contiendraient des substances nocives pouvant causer le cancer du sein. Par la suite, il s’est avéré que ces affirmations étaient basées sur une étude sur vingt femmes à peine et vérification faite, il a été démontré qu’elle n’était pas scientifiquement fiable.

Initialement, c’est le chlorhydrate d'aluminium contenu dans ces produits qui était considéré comme dangereux, ralentissant le processus de transpiration, et empêchant ainsi les déchets toxiques d'être éliminés naturellement. Leur accumulation dans les zones proches des aisselles, et donc des seins, était soupçonnée de favoriser le cancer. Il n'en est rien.

Le parabène

Les propriétés antibactériennes et antifongiques des parabènes font qu'ils sont utilisés comme conservateurs dans les cosmétiques, les médicaments et les aliments. À ce jour, on n'a pas identifié formellement de lien de cause à effet entre ces substances et le cancer (notamment du sein).

Le micro-ondes

Ces ondes ne doivent pas être confondues avec les rayons X, beaucoup plus puissants. La faible puissance de rayonnement et l’isolation des fours garantissent la sécurité de ces appareils.

Le four à micro-ondes provoque une vibration des molécules d'eau dans les aliments. Cette vibration convertit l'énergie électromagnétique en énergie thermique, ce qui conduit à la cuisson des aliments. L'aliment n'est donc pas « contaminé » par les ondes.

Lors de la cuisson au micro-ondes, la valeur nutritionnelle des aliments d'origine animale ne diminue pas davantage que lors d'une cuisson traditionnelle. La valeur nutritive des protéines végétales s’améliore même. De plus, les vitamines sont mieux conservées.

Le GSM et le smartphone

L’étude Interphone est la plus vaste et la plus récente visant à évaluer les risques potentiels des appareils mobiles. Elle a été réalisée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et a porté sur des patients atteints de gliome (tumeur cérébrale), de méningiome (tumeur cérébro-spinale), de neurinome de l’acoustique (tumeur bénigne du nerf auditif) ou de tumeur des glandes salivaires.

Les résultats ne permettent pas d'établir une association claire entre les tumeurs cérébrales et l'utilisation du téléphone portable, mais le CIRC classe les ondes GSM dans la catégorie « peut-être cancérogène ». Il faudra donc poursuivre les recherches, d’autant que l’utilisation de ces appareils est sans cesse croissante, en particulier chez les jeunes.

En attendant, il vaut mieux prendre certaines précautions.

• Ne gardez pas votre téléphone portable à proximité de parties sensibles du corps comme que les organes génitaux ou l'abdomen (chez la femme enceinte). L'utilisation d’écouteurs peut aider à réduire l'exposition de la tête.

• Évitez les longs appels, en particulier dans les zones où la réception est mauvaise, parce que pour garantir une portée optimale, votre téléphone mobile augmente automatiquement sa puissance.

• N'utilisez pas votre téléphone portable dans la voiture ou dans le train. Pendant votre appel, votre téléphone mobile recherche automatiquement de nouveaux relais et bascule toujours sur l'intensité maximale.

• Utilisez votre téléphone portable avec bon sens : évitez les appels inutiles et restez bref. Les enfants utiliseront un téléphone exclusivement pour les appels nécessaires. Certains experts recommandent même de ne pas laisser les moins de 12 ans utiliser le téléphone portable.

Le wi-fi

Il n’existe à ce jour aucune preuve scientifique d’un risque accru de cancer en cas d’exposition à des antennes GSM ou à des points d'accès wi-fi.

Toutefois, sur base du principe de précaution, l'installation d’antennes GSM est réglementée et contrôlée, ce qui n'est pas le cas pour les points d'accès wi-fi, qui se multiplient de manière exponentielle, tant à la maison que dans les écoles, les entreprises, l’industrie… Les risques pour la santé sont cependant limités car leur puissance est en moyenne 20 fois inférieure à celle d'un téléphone mobile. Mais leur nombre croissant pose des questions sur l'exposition quotidienne et une recherche plus approfondie est nécessaire.

Les antennes GSM et les réseaux wi-fi génèrent des champs électromagnétiques : il est de plus en plus difficile de les éviter. Pour limiter l'exposition à votre point d'accès wi-fi, il est conseillé d'éteindre votre routeur lorsque vous ne l'utilisez pas ou de recourir à une connexion par câble.

La ligne à haute tension

À l'heure actuelle, aucune preuve scientifique ne prouve que les lignes à haute tension causent le cancer. Au cours des dernières décennies, de nombreuses études ont cherché un lien éventuel entre résidence de longue durée à proximité d'une ligne à haute tension et effets sur la santé.

• Chez les adultes, aucun lien n’a pu être établi.
• Des études ont par contre révélé une corrélation statistique entre la leucémie infantile et la résidence de longue durée à proximité d'un champ magnétique avec une exposition à partir de 0,4 µT. Cependant, une relation statistique n'est pas un lien de cause à effet qui, pour être établi, nécessiterait d'autres recherches sur des cellules et sur des animaux, car celles effectuées à ce jour n’ont rien démontré dans ce sens.

Sur la base des études effectuées à ce jour, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé ces fréquences comme « potentiellement cancérogène pour l'homme ».


publié le : 17/04/2019 , mis à jour le 16/04/2019
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