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L’apnée du sommeil

Dernière mise à jour: mars 2011 | 34264 visites

dossier Une apnée du sommeil est un terme médical pour définir un arrêt de la respiration durant le sommeil pendant au moins 10 secondes. Si plus de 10 à 15 apnées surviennent en une heure, on parlera du syndrome d’apnée du sommeil. Il s’en suit une diminution du taux d’oxygène dans les tissus. Outre divers changements physiologiques dans le corps, le cerveau donne à l’organisme le signal de se réveiller. La personne retrouvera une respiration régulière après le réveil. Ce dernier sera souvent suivi d’un choc.
Ces modifications physiologiques et le réveil en sursaut donnent donc naissance au syndrome de l’apnée du sommeil. Tout un chacun souffre d’apnée durant son sommeil mais cela ne se produit pas nécessairement tous les jours. Lorsque les apnées sont fréquentes et qu’elles durent longtemps, elles peuvent constituer une menace pour la santé. On a ainsi fixé le nombre d’apnées par heure de sommeil. Il s’agit d’un index apnée-hypo-apnée (IAH) qui est utilisé comme indicateur pour déterminer la gravité de l’apnée du sommeil. En général, un IAH de 5 à 15 est considéré comme une forme modérée d’apnée du sommeil alors qu’un index de 15 à 30 est considéré comme une apnée moyenne. Au-delà de 30, on considère qu’il s’agit d’une apnée sévère.

Les causes

Elles peuvent varier mais on en distingue 3 :
Le Syndrome d’Apnée Obstructive du Sommeil (SAOS) qui est occasionné par une obstruction des voies respiratoires. La fermeture peut être causée par un affaissement des tissus mous au niveau de la paroi du pharynx, par un affaissement à l’arrière de la langue ou encore d’autres parties molles du pharynx. Suite à cette fermeture, la résistance respiratoire est accrue et l’apport d’air vers les poumons sera perturbé ou néant. Une fermeture partielle du pharynx entraîne une sorte de turbulence au niveau de l’air en transit. Certaines structures se mettent à vibrer…et le ronflement fait son apparition !
On parlera d’hypo-apnée surtout en cas de ronflement lorsque le transfert d’air vers les poumons diminue. Tant l’apnée qu’une hypo-apnée peuvent conduire à un manque d’oxygène dans le sang.
Le Syndrome Central d’Apnée du Sommeil (SCAS) est, quant à lui, occasionné par une défaillance du cerveau au moment où il doit normalement donner une impulsion aux muscles respiratoires. Par conséquent, aucun mouvement respiratoire n’a lieu alors que le pharynx est tout à fait prêt pour le transit de l’air.
La troisième forme d’apnée du sommeil est en fait un mélange des 2 premières avec tant une obstruction des voies respiratoires qu’un manquement au niveau de la stimulation des muscles respiratoires : SAOS-SCAS.

Les facteurs de risque

L’apnée peut toucher tout un chacun. Des études dénombrent que 2 à 4% des adultes à un âge moyen présentent une apnée modérée à sévère. C’est doublement le cas chez les femmes. On observe davantage de SAOS chez les hommes présentant une surcharge pondérale alors qu’il est moins fréquent chez les femmes, les enfants et les personnes qui n’ont aucun problème de poids. Bien que l’apnée du sommeil se produise surtout chez les adultes, il se peut que les enfants en souffrent. Chez eux, la cause est souvent une augmentation du volume des amygdales. L’ablation de celles-ci sera donc conseillée.
Certains facteurs peuvent favoriser l’apparition d’apnée du sommeil :
• Une surcharge pondérale avec surtout des tissus adipeux dans la région du cou voire ce qu’on appelle le double-menton,
• Un terrain génétique prédisposant,
• L’âge,
• L’abus d’alcool, de calmants et de somnifères,
• Le tabac,
• Des irritations chroniques des voies respiratoires, des oedèmes,
• Une mauvaise position couchée,
• Une obstruction nasale,
• Une obstruction du pharynx,
• Des problèmes de circonférence au niveau du cou : de nombreux patients présentent un petit cou avec des os de la mâchoire saillants. Une personne qui a par exemple un tour de cou supérieur à la taille 43 présente des risques accrus d’apnée du sommeil,
• Distorsions du visage,
• Des affections qui occasionnent des troubles hormonaux ou du métabolisme (davantage d’apnée après la ménopause),
• Le ronflement n’est pas uniquement un symptôme mais aussi un facteur de risque.

Les symptômes

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• Arrêts respiratoires lors du sommeil suivis de ronflements intensifs ou de rugissements,
• Ronflements aigus,
• Se réveiller avec une sensation d’étouffement, de suffocation,
• Céphalées matinales,
• Somnolence en cours de journée,
• Irritabilité,
• Perte de concentration et oublis,
• Sueurs nocturnes,
• Sécheresse de la bouche ou mal de gorge au réveil,
• Miction fréquente la nuit.

Pourquoi l’apnée du sommeil est-elle dangereuse ?

Au niveau de la somnolence :
Le sommeil nocturne est composé de diverses phases dont 15 à 20% de sommeil profond…une phase durant laquelle le cerveau travaille au ralenti pour mieux récupérer. 15 à 20% sont dévolus à un sommeil de rêves. Le cerveau fonctionne très vite durant cette phase-là mais il permet aussi aux muscles de se relâcher .Avec pour conséquences que l’on ne se souvienne pas des rêves faits durant cette phase-là. Le reste du temps est imparti à ce qu’on qualifie ‘de sommeil superficiel’. Le patient est calme, allongé, détendu mais il pourra être facilement réveillé. A force de se réveiller constamment, le rythme normal du sommeil et celui de ses phases est perturbé…ce qui provoquera, entre autres, en journée des risques de somnolence et des troubles de la concentration voire des oublis ou de la distraction.

Au niveau cardiovasculaire :
L’apnée du sommeil est généralement considérée comme un risque sérieux au niveau des maladies cardiovasculaires. L’arrêt respiratoire entraîne un manque d’oxygène au niveau du cœur, du cerveau et des autres organes ce qui peut conduire à des troubles nocturnes du rythme cardiaque, à une insuffisance cardiaque (30% des patients atteints d’insuffisance cardiaque souffrent d’apnée du sommeil), à de l’hypertension (chez 30% des personnes souffrant d’hypertension, on observe un index d’apnée plus élevé). On retrouve chez 30% des patients avec une apnée obstructive une hypertension….Cela peut même conduire à un infarctus ou un AVC chez les personnes souffrant athérosclérose.

Comment peut-on prévenir l’apnée du sommeil ?

Il suffit de limiter les facteurs de risque dont les principaux sont de lutter contre le surpoids, le tabac et l’alcool. D’éviter aussi les somnifères et les calmants.

Comment diagnostiquer l’apnée du sommeil ?

Un examen approfondi (polysomnographie) sera pratiqué lorsque les plaintes suivantes surviennent : ronflement, arrêts respiratoires, somnolence en journée et que l’on évoque l’apnée de sommeil. On procèdera durant le sommeil à des mesures de diverses fonctions corporelles comme par exemple l’activité cérébrale via électroencéphalogramme (EEG), les activités musculaires via un électro-myographe, les fonctions cardiaques via un ECG, les bruits et leur intensité lors de ronflements, la position au cours du sommeil, l’air expiré via le nez et la bouche etc.

Traitement

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On évitera l’alcool, les somnifères et calmants et luttera contre toute surcharge pondérale.
Masque nasal (CPAP) (Continuous Positive Airway Pressure).
Il s’agit de la méthode la plus courante qui consiste au cours de la nuit à placer un masque sur le nez afin d’acheminer en continu de l’air dans le nez et dans la bouche à l’aide d’un petit compresseur qui est installé à côté du lit. Après une petite phase d’adaptation, ce système donne de bons résultats. Il existe également une variante, le BiPAP (Bilevel Positive Airway Pressure), un appareil qui n’insuffle pas uniquement de l’air mais qui favorise aussi une meilleure expiration en ré-inspirant de l’air. Et enfin, une variante du CPAP : l’auto-CPAP, un appareil qui fonctionne comme le CPAP mais qui insuffle davantage de pression en fonction de la gravité de l’obstruction.

Un appareil dentaire
Pour les cas d’apnée du sommeil modérée, on préconise un appareil dentaire qui peut également aider pour lutter contre les ronflements intempestifs. On le place sur les dents. Il maintient la mâchoire inférieure vers l’avant durant le sommeil. La langue reste ainsi en place et on évitera un mouvement ou un affaissement au niveau de la gorge. On ne pourra pas utiliser un tel appareil chez les personnes qui portent un dentier.

Le traitement chirurgical
Si le CPAP n’a pas été efficace ou s’il n’est pas supporté par le patient, on peut préconiser une opération chirurgicale qui consiste en l’ablation de la luette, des amygdales et d’une partie de la paroi de la gorge. Cela donne de bons résultats en matière de ronflements mais semble moins efficace pour l’apnée du sommeil.
Une autre technique consiste en une ostéotomie d’avancement maxillo-mandibulaire (MMA) qui avance les mâchoires inférieures et supérieures. Il s’en suit un élargissement de l’ouverture de la gorge rendant ainsi la fermeture de la gorge durant le sommeil plus difficile voire impossible ! Il s’agit d’une opération chirurgicale importante qui semble toute indiquée chez les patients qui présentent une mâchoire inférieure mal ou pas assez développée.
Outre ces traitements, on recourt parfois à de l’électrostimulation des muscles de la langue mais cette technique n’en est encore qu’à un stade expérimental.


publié le : 17/03/2011 , mis à jour le 29/03/2011
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