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Le trouble bipolaire ou le syndrome maniaco-dépressif

Dernière mise à jour: mars 2011 | 23988 visites

dossier Lors d’un trouble bipolaire de l’humeur on voit que l’humeur varie entre 2 pôles extrêmes : des périodes d’euphorie alternent avec des périodes de dépression. On qualifiait jadis ces patients de maniaco-dépressifs. Ces variations peuvent parfois se manifester plusieurs fois par an. La gravité des symptômes est également variable d’un patient à l’autre. Les causes de cette affection restent encore nébuleuses. Environ 10.000 personnes souffriraient en Belgique de troubles bipolaires qui altèreraient fortement leur manière normale de fonctionner, de vivre. Heureusement, cette maladie peut être très bien contrôlée à l’aide médicaments appropriés.

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Le trouble bipolaire se déclare généralement chez les jeunes entre 16 et 25 ans mais cela n’empêche pas l’affection de se déclarer durant la trentaine. Environ 1% de tous les adultes à partir de l’âge de 16 ans auront à des degrés divers des problèmes de trouble bipolaire. La maladie touche toutes les catégories sociales et tant les hommes que les femmes. Un trouble bipolaire typique (type 1) est caractérisé par des épisodes où alternent dépression et manie. Entre les épisodes, le patient sera tout à fait normal.

En cas de trouble bipolaire de type 2, on assiste à une alternance de période de grave dépression qui succède à des périodes d’hypomanie ou manie modérée. Les deux symptômes peuvent être présents de concert bien qu’en général ils se succèdent. On dénombre également des périodes calmes dites ‘asymptomatiques’. Ces périodes-là peuvent parfois durer 2 ans ! On observe un cycle où la maladie est présente et un cycle sans affection. Si les périodes pendant lesquelles la maladie se déclare ne sont pas traitées, elles pourront durer entre 3 à 6 mois.

Phase dépressive

Durant des phases dépressives qui se font généralement en moyenne ressentir 2 à 4 semaines, les patients souffriront d’un manque d’appétit, n’éprouveront plus aucun entrain ou intérêt pour quelles que soient les activités, ils seront désespérés et se détachent de tout. On enregistre des troubles du sommeil (insomnie assez grave) ou au contraire une grosse fatigue. Ils se meuvent très lentement. Diminution de la concentration, leur capacité de mémorisation s’amenuise.

On parlera de dépression lorsque 5 ou plus des symptômes mentionnés ci-dessous seront présents quotidiennement et ce, durant au moins une période de 2 semaines :
• Humeur dépressive une grande partie de la journée,
• Manque flagrant d’intérêt, de plaisir, d’envie de sexe,
• Perte ou augmentation significative de poids,
• Troubles du sommeil ou grosse fatigue,
• Hyperactivité ou au contraire paresse,
• Sentiment d’être inutile,
• Fatigue et manque d’énergie,
• Sentiment de culpabilité excessif ou injustifié,
• Manque de prise de décision, problèmes de concentration, problèmes de mémoire,
• Idées suicidaires.

Ces symptômes entraînent un trouble significatif du fonctionnement normal de l’organisme qui est par exemple dû à des affections physiologiques comme par exemple la maladie de Parkinson, une addiction à la drogue ou à l’alcool.

Phase maniaque

Les critères diagnostiques de la phase dépressive sont moins sévères à biens des égards que les caractéristiques qui définissent la dépression. Durant cette période, le patient se sentira soit exalté, soit irritable à un tel point parfois qu’il lui sera impossible d’aller travailler, de mener une vie sociale sans que cela n’entraîne des conséquences importantes. Le patient dormira moins bien, aura un débit accéléré, sera insistant, surexcité et changera souvent de sujet passant communément du coq à l’âne. Ce type de patient est souvent convaincu de l’importance et de la véracité de ses propos et de ses idées et il n’en démordra pas. On assiste donc souvent à une perte de recul voire d’objectivité ce qui génère une certaine impulsivité. Des personnes maniaques ou atteintes d’hypomanie pourront parfois dépenser de grosses sommes d’argent, auront une conduite d’un véhicule irresponsable, des achats compulsifs et des comportements sexuels spéciaux. Tant les patients dépressifs que les maniaques pourront également souffrir de troubles psychotiques comme par exemple des hallucinations.

On parle d’épisode maniaque lorsque 3 ou plus des symptômes repris ci-dessous apparaissent quotidiennement et ce, pendant une semaine :
• Estime de soi exagérée et idées ou folie des grandeurs,
• Hyperactivité donc rejet du sommeil,
• Augmentation de la loquacité,
• Manque de concentration,
• Agitation psychomotrice,
• Augmentation d’activité spécifique,

Ces plaintes doivent bien entendu représenter un trouble du comportement normal et ne pas être la conséquence d’une maladie physiologique ou d’un abus de drogue ou d’alcool.

En cas de phase maniaque modérée ou d’hypomanie, on enregistre une période avec une humeur plus irritable au moins 4 jours et on relève au moins 3 des symptômes suivants :
• Estime de soi exagérée,
• Aucune envie de dormir,
• Loquacité,
• Perte de concentration,
• Augmentation d’une activité bien spécifique,
• Activité en croissance pour lesquelles les patients souffriront beaucoup.

Les causes

On ne dénombre aucune cause particulière mais on évoque plutôt une combinaison de facteurs. On songe à quelques déficiences au niveau cérébral avec une perturbation de l’équilibre des neurotransmetteurs cérébraux qui transmettent les signaux nerveux. On dénombre des familles où ce type d’affections semble plus fréquent, ce qui fait penser à un facteur héréditaire. Des facteurs environnementaux pourraient jouer un rôle non négligeable comme des maladies physiques, abus de drogue et d’alcool, un manque de compétences voire de discernement pour affronter certains problèmes, des événements majeurs de la vie etc…

Traitement

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Une dépression aiguë ou une phase maniaque sévère est généralement traitée avec du lithium parfois en combinaison avec de la carbamazepine ou du valproate, deux régulateurs de l’humeur. On y ajoutera parfois – le temps voulu – un antidépresseur ou encore un tranquillisant comme des benzodiazépines. Le patient sera sous étroite surveillance médicale vu que tous ces traitements sont sur prescription médicale. Il verra également un psychiatre. La dose de lithium quotidiennement prescrite variera au cas par cas. Notez qu’avec le lithium, vous ne constaterez des effets notables qu’après seulement quelques semaines de traitement. C’est également le cas pour les antidépresseurs en cas de dépression. Il convient de scrupuleusement respecter les doses que le médecin vous aura prescrites. Ne prenez jamais une double dose sous prétexte d’obtenir davantage d’efficacité ou en cas d’oubli d’une dose de médicament.

Dans de nombreux cas, les patients durant les phases asymptomatiques voire latentes, recevront un traitement d’entretien au lithium et également des traitements préventifs afin d’éviter la survenue de périodes dépressives ou maniaques. C’est presque toujours le cas chez les patients qui présentent un risque élevé de récidive et qui ont souffert de périodes dépressives ou maniaques particulièrement graves. Ces traitements dits ‘d’entretien’ varient au cas par cas mais sont souvent à vie. Le lithium ne créé pas d’accoutumance dépendance comme certains autres médicaments et ne provoque pas (en dose normale) de somnolence. L’efficacité ne diminue pas au fil du temps. On dénombre néanmoins des effets secondaires courants comme par exemple des crampes abdominales, une sécheresse de la bouche, des claquements de dents. On peut aussi conseiller aux patients de veiller à leur régime alimentaire afin de ne pas prendre du poids. Un contrôle dentaire est recommandé vu la propension à développer des caries ainsi qu’un contrôle de la thyroïde. Comme le lithium peut interagir avec d’autres médicaments, prévenez toujours votre médecin traitant ou pharmacien que vous prenez du lithium. Idem si vous souhaitez tomber enceinte. Le médecin, outre, un traitement médicamenteux global prescrira toujours une psychothérapie spécifique.

Toxicité du lithium

En cas de carence en sel et manque d’hydratation à dose égale de lithium, on constatera une augmentation de l’absorption du lithium. Ce sera notamment le cas,
• Lors de fortes diarrhées ou de vomissements,
• D’une sudation excessive,
• D’un régime amincissant extrême,
• D’un régime pauvre en sel,
• D’une perte d’appétit.

Il convient donc de veiller à avoir une bonne hydratation et un apport en sel notamment en cas de chaleur, de transpiration excessive, d’effort soutenu, de températures élevées, de voyages sous des latitudes chaudes.
Parmi les symptômes de toxicité du lithium, on dénombre : léthargie, somnolence, perte d’appétit, faiblesse musculaire, lourdeur dans les jambes et les bras, sursauts voire secousses au niveau des mains, de la joue, vomissements, diarrhée et contractures musculaires. Dans ces cas-là, arrêtez immédiatement le traitement au lithium et consultez un médecin dans les plus brefs délais!


publié le : 09/03/2011 , mis à jour le 17/03/2011
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