La spondylarthrite ankylosante (maladie de Bechterew)

Dernière mise à jour: août 2015 | 19946 visites
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La spondylarthrite ankylosante (maladie de Bechterew)

dossier La spondylarthrite ankylosante (SA) est une maladie inflammatoire de la colonne vertébrale. Elle est également connue sous le nom de maladie de Bechterew, en référence au médecin russe qui en fit une analyse scientifique au début du vingtième siècle. Cette maladie invalidante ne se guérit pas et peut considérablement affecter la mobilité.

De quoi s'agit-il ?

La spondylarthrite ankylosante touche surtout le bassin et les vertèbres. Elle apparaît préférentiellement chez l'adulte jeune (premiers symptômes avant l'âge de 30 ans), parfois dès l'adolescence, avec une prédominance masculine, et concerne, selon les estimations, entre 0,5 et 2% de la population.

Cette pathologie se caractérise par une réaction inflammatoire avec des douleurs dans le bas du dos (en particulier la nuit), et soulagées par le mouvement. On parle de sacro-illite.

A des fréquences variables, le patient peut aussi présenter :

• des douleurs articulaires aux mains, aux genoux, aux pieds, aux hanches
• une inflammation des muscles et des tendons (notamment du tendon d'Achille et de la voûte plantaire)
• une inflammation oculaire (uvéite)
• une maladie de la peau (psoriasis), des troubles intestinaux (maladie de Crohn, colite ulcéreuse) ou des problèmes urinaires
• le coeur et les poumons peuvent également être concernés

Les causes

Elles restent indéterminées.

On sait que 90% des patients sont porteurs de l'antigène HLA-B27 (Human Leucocyte Antigen B27) contre 10% dans la population générale. La présence de cette molécule peut engendrer une réponse immunitaire particulière. Dans ces conditions, une prédisposition héréditaire doit être considérée. En termes de détection précoce, ceci est important : en cas d'antécédents familiaux (parentaux) de SA, les signes pouvant évoquer la maladie sont à prendre avec une très grande attention.

Il est important de noter que la plupart des personnes portant le HLA-B27 ne développeront pas une spondylarthrite ankylosante. D'autres facteurs de sensibilité interviennent, mais on ignore précisément lesquels.

Le fait qu'une forte proportion de patients SA souffre de colite ulcéreuse ou de la maladie de Crohn plaide pour un lien entre ces pathologies inflammatoires chroniques.

Les symptômes

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La maladie se manifeste par d'importantes douleurs dans le dos et dans le bassin, surtout en position assise et couchée. Ceci est caractéristique de la SA : le fait de se lever et de bouger atténue, voire élimine la douleur.

La progression de la maladie s'accompagne d'une perte croissante de mobilité. L'évolution est difficile à prévoir. Ce qui est sûr, c'est que la pathologie présente un caractère chronique, avec une capacité de mouvements et une autonomie fort limitées dans les formes avancées. Selon l'ampleur des atteintes, certains patients poursuivent une existence (quasiment) normale, alors que d'autres doivent complètement adapter leur mode de vie, singulièrement leurs activités professionnelles (qui risquent d'ailleurs de devoir être abandonnées).

Le diagnostic

Dans une première phase, l'atteinte peut rester silencieuse ou discrète pendant une longue période : elle ne s'accompagne pas de symptômes clairs, évidents, suffisamment alarmants. Il s'écoule en moyenne cinq ans chez la femme et trois ans chez l'homme avant qu'un diagnostic soit posé.

Ce délai s'explique notamment par le fait qu'une proportion non négligeable des patients considère - au début - les douleurs lombaires comme normales, banales. Et dès lors, ils ne s'en inquiètent pas outre-mesure. Le message important, c'est qu'en cas d'apparition de douleurs lombaires récurrentes, surtout à un âge jeune (entre 15 et 30 ans), et répondant aux caractéristiques que nous avons évoquées, il est nécessaire d'en parler avec son médecin, afin de procéder à un bilan.

Le diagnostic est posé sur base de l'examen clinique, des analyses biologiques (notamment la recherche de HLA-B27) et de l'imagerie médicale (radiographie, scanner, résonance magnétique...).

Le traitement

En première intention, le contrôle de la maladie s'appuie sur la prescription d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains), pris de manière continue ou discontinue selon le degré de sévérité. Ce traitement est à combiner avec des exercices physique et de la kinésithérapie. Les antalgiques sont utiles.

Si cela ne suffit pas, d'autres traitements sont à envisager. Il en va ainsi en particulier des inhibiteurs du TNF-alpha, qui ont montré leur efficacité contre la douleur, contre l'inflammation et sur l'évolution de la maladie. La qualité de vie s'améliore de manière très notable. L'administration de ces médicaments doit être strictement encadrée par un spécialiste.

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Bouger, bouger et encore bouger


Il est extrêmement important qu'un patient souffrant de SA pratique une activité physique et sportive aussi longtemps que son état de santé le permet. Ceci aide à maintenir la mobilité et à lutter contre les raideurs et les douleurs. Natation, marche à un rythme soutenu, yoga, tai-chi... : tous ces exercices exercent un effet bénéfique.

Il en va ainsi, aussi, des tâches de la vie quotidienne, des loisirs, de la vie professionnelle et sociale... : pour éviter l'enclenchement du cercle vicieux sédentarité-raideurs, il est crucial de rester actif, autant que faire se peut, bien entendu.


publié le : 12/12/2013 , mis à jour le 08/08/2015
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