Discothèques : des bagarres aux conséquences graves

Dernière mise à jour: février 2015 | 4503 visites
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news Pour diminuer les risques d’altercations, il est nécessaire de mieux comprendre le contexte dans lequel se produisent les bagarres entre clients et agents de sécurité des boîtes de nuit.

Par le passé, cette équipe suisse (Centre hospitalier de l’université de Lausanne) avait réalisé une étude préliminaire qui montrait que la plupart des clients impliqués dans ces bagarres étaient des hommes jeunes, dont beaucoup avaient consommé de l’alcool avant les faits (ce qui ne signifie pas forcément qu’ils étaient soûls). L’un des éléments majeurs mettait en évidence la grande violence des coups portés par les membres de la sécurité, avec une proportion importante de fractures, en particulier de la tête. Ces données avaient conduit à une réforme de la formation de ces agents, en collaboration avec la police de Lausanne, afin que la réponse soit mieux adaptée à la « menace ».

La même équipe a finalisé le second volet de son étude, en s’attardant sur le contexte et les suites de ces bagarres. Quatre grands thèmes ont émergé, explique le Dr Francis Levy (Journal international de médecine).

Le déclenchement. Dans 40% des cas, la bagarre fait suite à une altercation verbale (souvent des insultes), en raison : 1°) d’un incident comme le bris d’un verre ou d’une bouteille, ou une bousculade, 2°) des accusations contre les clients, comme le fait d’avoir volé ou d’être entré sans payer, 3°) un refus d’accès à l’établissement. Les bagarres spontanées, sans facteur déclenchant clairement identifié, ne sont pas rares.

La bagarre. Un tiers des victimes disent avoir été frappées alors qu’elles se trouvaient à terre. Dans ces circonstances, les lésions du crâne et de la nuque sont proportionnellement beaucoup plus nombreuses que lors d’autres types de bagarres. Les réactions des clients sont diverses : réponse physique et/ou verbale violente, défense passive (protection), indignation, incompréhension… La perte de connaissance suite aux coups est une réalité inquiétante.

Les tiers. L’écrasante majorité des clients (90%) impliqués dans ces bagarres étaient accompagnés d’une ou de plusieurs personnes. Dans la moitié des cas, ces tiers sont intervenus pour assister la victime contre les agents de sécurité, avec un effet positif deux fois sur trois (apaisement de la situation) et négatif dans les autres cas (amplification de la bagarre).

L’impact psychologique. Lors de l’examen médical qui a suivi l’agression, neuf victimes sur dix ont fait état de sentiments comme la colère et l’humiliation, ainsi que de leurs craintes de représailles. Plus tard, les chercheurs ont diagnostiqué un nombre non négligeable de personnes souffrant de troubles du sommeil ou de symptômes pouvant évoquer un stress post-traumatique.

Ces observations doivent contribuer à améliorer la sélection et la formation des agents de sécurité, poursuivent les chercheurs suisses, afin de ne retenir que les candidats les mieux à même de remplir cette fonction exigeante. La fréquence des lésions crâniennes (deux fois plus nombreuses que lors d’autres types de bagarres), clairement liée aux coups portés alors que la victime est à terre, revêt un caractère particulièrement inquiétant, et appelle à s’interroger sur la capacité d’auto-contrôle de beaucoup de ces agents de sécurité.

Source: Journal of Forensic and Legal Medicine (www.journals.elsevier.com/j)
publié le : 05/03/2015
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