Quand acquiert-on la « vraie » notion du temps ?

Dernière mise à jour: mars 2016 | 4333 visites
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news L’usage correct des principales unités temporelles s’acquiert essentiellement entre 6 et 8 ans, et cet apprentissage demande des compétences bien précises.

Secondes, minutes, heures, jours, mois, saisons, années… : quand et comment les enfants acquièrent-ils ces unités temporelles familières ? C’est la question posée par cette équipe française (universités Paris-Sud et Descartes). Les chercheurs ont réuni des enfants âgés de 6 à 11 ans et les ont d’abord soumis à un questionnaire créé pour l’occasion, avec comme objectif d’évaluer leur « connaissance du temps », c’est-à-dire leur capacité à se représenter et à utiliser correctement les principales unités temporelles.

Concrètement, les enfants devaient par exemple évaluer les durées séparant quatre stades de la vie d’une personne représentée en images : bébé, puis enfant, puis adulte d’âge moyen, puis âgé. Ils devaient aussi indiquer l’heure affichée par les aiguilles de cinq montres identiques dessinées sur une feuille de papier. On leur demandait également d’estimer le temps les séparant de leur précédent et de leur prochain anniversaire, ou la durée de l’entretien passé avec les chercheurs.

Ensuite, il s’agissait de déterminer le lien entre leur connaissance du temps et différentes compétences numériques (capacité à manier les nombres). « Le principal enseignement est que cette connaissance du temps s’acquiert principalement entre 6 et 8 ans, et est intimement liée aux compétences numériques de l’enfant », indiquent les chercheurs. Quatre facteurs contribuent à hauteur de 75% dans l’acquisition des grandes unités de temps.

La connaissance académique. La capacité à lire et à écrire les nombres, et à calculer.
Le nombre et la distance. L’aptitude à les faire correspondre, autrement dit à positionner un nombre sur une échelle.
La mémoire de travail. Cette mémoire à court terme est notamment indispensable pour comparer les nombres présentés oralement.
L’estimation contextuelle. L’enfant est par exemple capable de dire que « 10 » c’est beaucoup si on parle du nombre d’enfants dans une famille… mais peu s’il s’agit du nombre de feuilles sur un arbre.

Ces résultats ne constituent qu’une première étape, et l’étude demande à être reproduite sur une plus large population d’enfants. A ce stade, l’équipe renouvelle l’expérience auprès d’enfants présentant des troubles - comme la dyslexie - sources de difficultés dans le traitement des informations temporelles. L’objectif consiste à identifier précisément les facteurs expliquant ces difficultés, avec en ligne de mire l’amélioration de la prise en charge de ces enfants par la mise au point de méthodes mieux adaptées d’acquisition des unités temporelles.

Source: Journal of Experimental Child Psychology (www.journals.elsevier.com/j)
publié le : 03/03/2016 , mis à jour le 02/03/2016
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