Piqûres d'insectes : que faire contre les allergies ?

Dernière mise à jour: septembre 2016 | 10626 visites
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Piqûres d'insectes : que faire contre les allergies ?

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L’immunothérapie, également appelée désensibilisation, est un traitement utilisé pour combattre certains types d’allergies. Cette méthode consiste en fait à désensibiliser le système immunitaire en administrant en quantité croissante la substance à laquelle la personne est allergique. En clair, cela revient à soigner le mal par le mal.

L’objectif est de diminuer considérablement les symptômes de l’allergie, voire de les faire disparaître, et le patient n’a alors plus besoin d'abord de s'inquiéter, et ensuite de prendre de médicaments.

Que faut-il savoir la désensibilisation en cas d'allergie aux piqûres d'insectes ?

Quelle efficacité ?

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L’immunothérapie est de plus en plus utilisée pour traiter des personnes qui présentent des réactions allergiques aux piqûres de guêpe, d’abeille ou de bourdon.

Le traitement est très efficace : près de 90% des sujets allergiques au venin de guêpe se trouvent entièrement protégés après six à douze semaines de désensibilisation et n’auront plus qu’une simple réaction locale en cas de piqûre. Ce pourcentage est un peu moins important en ce qui concerne le venin d’abeille, à savoir de 75 à 80%.

A l’issue de la thérapie, le patient se sera construit une barrière de protection permanente aux piqûres, en tout cas en termes de réaction allergique, ce qui permet en particulier de prévenir les conséquences gravissimes associées au choc anaphylactique.

L’immunothérapie présente certains inconvénients, puisqu'il s'agit d'un traitement long et fastidieux qui nécessite de nombreuses visites chez le médecin pour recevoir les injections, alors qu'elle n'est pas dénuée de risques d’effets secondaires.

Pour qui ?

L’immunothérapie ne peut être utilisée que chez des personnes qui souffrent d’une allergie clairement identifiée au venin des abeilles, guêpes et bourdons. Elle doit avoir été confirmée par un médecin spécialisé et à l’aide d’un test cutané ou sanguin.

L’immunothérapie est fortement conseillée aux personnes qui ont présenté une réaction sévère à la suite d’une piqûre de guêpe ou d’abeille et qui lors d’une nouvelle piqûre risquent de faire un choc anaphylactique potentiellement fatal.

Chez l'adulte

L’immunothérapie est clairement recommandée lors de réactions sévères à une piqûre d’insecte :

• troubles cardiaques ou respiratoires (chute de tension, palpitations, difficultés respiratoires...)
• œdème angioneurotique (gonflement des tissus sous-cutanés, comme les paupières, les lèvres, la langue...)

Ceci est particulièrement important chez une personne de plus de 60 ans et/ou si elle est exposée aux insectes dans un cadre professionnel (agriculteur, apiculteur, jardinier...).

Chez l'enfant

L’immunothérapie est recommandée lors de réactions sévères et généralisées à une piqûre d’insecte avec un risque important de récidive et qui s’accompagnent :

• de troubles cardiaques ou respiratoires
• d’un œdème angioneurotique (certainement pour un enfant d’apiculteur)

Quand l’immunothérapie est-elle déconseillée ?

• les enfants de moins de 5 ans
• la femme enceinte, mais une immunothérapie en cours peut être poursuivie pour autant qu’elle soit bien supportée
• les personnes asthmatiques qui sont traitées durant toute l’année avec des corticostéroïdes par inhalation ou qui doivent prendre quotidiennement des bêta-2-sympathomimétiques
• les patients qui souffrent d'une maladie cardiovasculaire et qui doivent prendre des bêta-bloquants
• les personnes atteintes d’une maladie qui affecte sévèrement le fonctionnement du système immunitaire
• les personnes souffrant de troubles cardiaques et/ou pulmonaires : il faut alors soigneusement peser le pour et le contre (au vu des effets secondaires potentiels)

Comment ça marche ?

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L’immunothérapie repose sur des injections sous-cutanées. C’est toujours le cas lors d'une allergie aux piqûres d’insectes. Pour l'allergie au pollen, aux acariens et aux animaux domestiques, d’autres formes d’immunothérapie sont possibles.

Pour les piqûres d’insectes, le traitement se déroule en deux phases.

La phase de mise au point. Le médecin injecte une petite dose (pure) de venin d’abeille ou de guêpe sous la peau du bras du patient. Ces injections se poursuivront de manière progressive durant 6 à 12 semaines, à raison d’une injection hebdomadaire, afin d’arriver au taux de venin le plus élevé requis. Il correspond environ à l’équivalent de 2 piqûres d’abeille et à une dizaine de piqûres de guêpe.

La phase d’entretien. Avec des injections régulières, toutes les 4 à 6 semaines, durant au minimum 3 ans. En concertation avec le médecin allergologue, la majorité de ces injections pourra être effectuée par le médecin de famille.

Dans le cas d’une allergie (très) sévère, une procédure accélérée peut être préconisée, avec quatre à cinq injections par jour. Cela nécessite une hospitalisation de courte durée.

Pour obtenir un effet à long terme chez l'adulte, on recommande un traitement d’une durée de 3 à 5 ans. L’arrêt de l’immunothérapie est décidé au cas par cas. Chez l'enfant, la durée est de minimum 18 mois.

Le risque de connaître une réaction d’hypersensibilité à une nouvelle piqûre d’insecte dans les trois ans qui suivent l’arrêt du traitement est estimé entre 5 et 10%. Plus le traitement est ancien, plus le risque d’une réaction sera élevé. Celle-ci sera néanmoins plus douce qu’avant le traitement.

Quand un traitement à vie peut-il être indiqué ?

• Chez les patients qui présentent des antécédents d’une anaphylaxie sévère, une mastocytose (prolifération de mastocytes, des cellules du tissu conjonctif produisant notamment de l’histamine) ou une augmentation du taux de tryptase sérique dans le sang (ce qui peut indiquer un risque accru de réaction allergique).
• Chez les patients qui présentent des réactions systémiques durant le traitement.
• Chez les patients allergiques aux abeilles à miel.
• Chez les personnes âgées.
• Chez les patients qui présentent de manière permanente un test cutané fortement positif.

Quels effets secondaires ?

Les réactions indésirables sont relativement fréquentes, mais généralement sans gravité et passagères. Elles surviennent le plus souvent au point d’injection (gonflement, douleurs…).
Ces réactions apparaissent habituellement dans les minutes qui suivent l’injection, mais peuvent également survenir quelques heures plus tard.

Des réactions plus générales peuvent également apparaître, comme des démangeaisons, un écoulement nasal, des maux d’estomac...

Il existe toujours un risque de réaction allergique sévère et même de choc anaphylactique qui peut s’avérer fatal. Le risque est le plus élevé lors de la phase de mise au point. C'est la raison pour laquelle, à ce stade, le traitement doit être administré en présence d’un médecin spécialisé disposant d'un équipement de réanimation. Le risque de réaction grave est aussi plus important en cas de procédure accélérée. C’est ce qui explique que ce traitement ne peut être administré qu’en milieu hospitalier.

La consommation d’alcool, les antihypertenseurs ou une infection peuvent augmenter le risque et la gravité des effets secondaires systémiques.

Quelles précautions ?

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Les médicaments

Avant d'entamer l'immunothérapie, le médecin s'informe des traitements suivis par le patient, que les médicaments soient délivrés ou pas sur prescription. Il en va de même pour les suppléments, comme les vitamines, ou pour les produits de phytothérapie par exemple. Pendant la désensibilisation, le patient doit indiquer tout changement sur ce plan. Dans ce contexte, on notera que les bêta-bloquants (contre l'hypertension) ne peuvent pas être administrés pendant une immunothérapie : il faut leur trouver une alternative.

La maladie

En cas d'infection (grippe, rhume...) ou d'une autre maladie, le traitement devra être reporté.

La grossesse

Il est déconseillé d'entamer une immunothérapie durant la grossesse. Si la dose d'entretien a été atteinte, le traitement pourra être poursuivi.

La vaccination

Il faut toujours laisser passer au minimum une semaine entre une injection de désensibilisation et une vaccination (quelle qu'elle soit).


publié le : 08/09/2016 , mis à jour le 07/09/2016
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