Gingivite et parodontite : causes, symptômes et traitement

Dernière mise à jour: septembre 2016 | 49178 visites
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Gingivite et parodontite : causes, symptômes et traitement

dossier Une gencive qui saigne lors du brossage peut signifier une gingivite. La cavité buccale compte des millions de bactéries qui, combinées aux restes alimentaires, forment une pellicule jaunâtre sur les dents, appelée la plaque dentaire. Comme elle n’est pas très visible, la plupart des gens ne l’éliminent pas lors du brossage, ce qui peut mener à une réaction inflammatoire : rougeur, gonflement et sensibilité gingivale (comme le saignement au brossage).

Cette phase initiale d’infection gingivale est nommée la gingivite. Non soignée, elle peut évoluer vers une dégradation des tissus gingivaux : la parodontite. Et finalement, la perte de tissus gingivaux devient si importante que les dents ne tiennent plus et tombent.

Que se passe-t-il ?

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Gencive saine.

La gencive saine

Une gencive saine est rose clair, ne saigne pas lors de la prise d’aliments ou lors du brossage, et certainement pas spontanément.

Dans une situation saine, la couronne de la dent est visible. La racine de la dent est ancrée dans l’os maxillaire, la gencive recouvre cet os et entoure fermement la base de la dent. Un petit sillon d’une profondeur maximale de 3 mm existe entre la gencive et la dent.

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Gingivite.

La gingivite

Plus d’un million de bactéries sont présentes dans la cavité buccale : elles se trouvent dans la salive, dans les glaires et se fixent aussi sur les dents. Si ces bactéries ne sont pas éliminées tous les jours par le brossage ou par l’emploi d’accessoires interdentaires, ces microbes se développent et forment une fine pellicule collante blanche ou jaunâtre, appelée la plaque dentaire. Cette plaque dentaire adhère là où le brossage est difficile d’accès, comme à la jonction des dents et de la gencive ou entre les dents.

La plaque dentaire est aussi en mesure d’absorber les minéraux de la salive, formant ainsi le tartre. Ce tartre se dépose non seulement sur, mais également au-dessous de la gencive. Seul un dentiste ou un parodontologue est en mesure d’effectuer le détartrage.

Les dépôts bactériens se trouvant dans la plaque dentaire peuvent occasionner une inflammation, nommée gingivite, dont les symptômes sont une gencive rougeâtre, gonflée, saignant facilement au toucher, comme lors du brossage ou de la prise d’aliments.

Dans la plupart des cas, la gingivite est indolore et se limite à une inflammation à la jonction de la gencive, et elle peut être traitée aisément. Afin d’éliminer plaque dentaire et tartre, le nettoyage des dents ainsi que le détartrage doivent être réalisés par un praticien. Il s’en suivra une explication sur l’hygiène bucco-dentaire et la manière dont les dents doivent être brossées.

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Parodontite.

La parodontite

Si la gingivite n’est pas traitée, l’inflammation va se propager à l’os maxillaire. Ceci s’appelle la parodontite. Tout comme la gingivite, lors d’une parodontite la gencive est rouge, gonflée et perd de sa fermeté. La gencive se rétracte creusant ainsi le sillon gingival dans lequel se forment des ulcérations, nommées les poches. Et comme les fibres de soutien sont également infectées, l’os dans lequel les dents sont ancrées se dégrade.

La parodontite est reconnaissable à l’aspect rougeâtre et gonflé de la gencive ainsi que l’apparition de saignements. Si la parodontite est avancée, une mauvaise haleine persistante peut survenir et par le fait même que la gencive se rétracte, les dents semblent plus longues.

Chez les fumeurs, ces signes peuvent ne pas être aussi évidents à cause de l'action de la nicotine sur les petits vaisseaux.

Les conséquences

Une parodontite peut agir sur deux plans : local et systémique.

Lors d’une parodontite non traitée, les fibres de soutien deviennent un foyer infectieux agressant les dents et pouvant évoluer vers la perte de celles-ci.

D’autre part, en plus de l’effet local, la condition physique générale peut être influencée. Les bactéries se situant dans les poches sous les gencives vont se propager dans le sang précipitant la dissémination des microbes dans tout l’organisme. Les personnes souffrant de parodontite peuvent être sujettes à des problèmes cardiovasculaires. Les femmes enceintes courent le risque de donner naissance à un bébé prématuré ou de faible poids. Chez le diabétique, la parodontite non traitée rend le contrôle de la glycémie plus difficile et le patient peut être en proie à des complications.

Les facteurs de risque

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Un bon équilibre entre la plaque dentaire et la défense immunitaire n’évolue généralement pas en une inflammation gingivale. Toutefois, si cet équilibre est perturbé, le risque d’une gingivite ou d’une parodontite peut survenir.

Cette stabilité peut être fragilisée par une mauvaise hygiène bucco-dentaire entraînant l’augmentation et/ou l’altération de la plaque dentaire (une augmentation du nombre de bactéries contaminant ainsi la gencive). L’équilibre peut également être affaibli par une altération de la résistance naturelle diminuant par conséquence le processus de formation et d'action des anticorps.

L’efficacité de la défense immunitaire est génétique. Certaines personnes résistent difficilement aux infections et peuvent contracter dès un très jeune âge une forme sérieuse de parodontite. Le tabagisme, le diabète, le stress, la prise de médicaments ainsi que les changements hormonaux sont également à la base d’une diminution des défenses naturelles de l’organisme contre les bactéries.

Le tabagisme. Le risque de développer des problèmes gingivaux est beaucoup plus élevé chez les fumeurs, étant donné que leurs gencives sont moins irriguées par les petits vaisseaux sanguins et que leur réponse immunitaire aux bactéries est réduite. Il est dès lors certain que fumer augmente le risque de développer une parodontite et diminue la chance de guérison. Arrêter de fumer mène à un meilleur résultat.

Un diabète mal contrôlé. Un traitement diabétique mal équilibré augmente le risque de contracter une parodontite. Et inversement, une parodontite non traitée peut entraîner une résistance à l’insuline et donc favoriser la dérégulation de la glycémie.

Le stress. Le stress peut être à l’origine de modifications endocriniennes et du système immunitaire. Le stress peut ainsi influencer l’état de santé général et plus particulièrement celui des gencives. Le stress est aussi à l’origine de modifications de comportements, voire une indifférence vis-à-vis de l’hygiène bucco-dentaire, augmentant ainsi le risque d’affections parodontales.

Les changements hormonaux. Une sensibilité aux infections gingivales a été démontrée lors de la puberté ou de la grossesse.

La prise de médicaments. Certains médicaments peuvent diminuer la résistance systémique ou réduire la production de salive. D’autres, prescrits contre une hypertension artérielle ou comme antiépileptique, peuvent provoquer un gonflement de la gencive. Le brossage devient moins efficace et la situation peut ainsi évoluer en une inflammation gingivale.

Le traitement

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La première consultation

La première visite chez le dentiste ou le parodontologue pour le traitement d’une parodontite sera consacrée à l'établissement du diagnostic.

Le praticien effectuera un certain nombre d’examens afin de déterminer le degré de l’inflammation. L’état de santé général sera évalué et, en se basant sur le métrage des poches parodontales et leur comparaison avec les résultats d’un examen radiologique approfondi, le stade de l’inflammation sera précisé.

Le traitement initial

Le traitement initial comporte deux volets importants : l’amélioration de l’hygiène bucco-dentaire et l’élimination de la plaque dentaire existante ainsi que le détartrage.

La réussite du traitement parodontologique dépend largement de l’hygiène bucco-dentaire, comprenant le brossage des dents jusqu’au sillon gingival. De plus, l’emploi d’accessoires interdentaires comme complément à la brosse à dents sera hautement recommandé pour éliminer les bactéries se nichant également entre les dents. Le dentiste ou le parodontologue proposeront des conseils d’hygiène bucco-dentaire adaptés à chaque situation.

Sous anesthésie locale, la plaque dentaire et le tartre fixés sur la dent ainsi que sur la racine seront éliminés. Si nécessaire, le praticien prescrira un antibiotique.

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Après traitement (photo avant traitement au chapitre parodontite).

La ré-évaluation

Une ré-évaluation de la situation sera effectuée quelques mois après le traitement initial. Cet examen, comparable au premier, permet de constater si l’état de la gencive s’est amélioré ou stabilisé. Au cas où l’hygiène bucco-dentaire semblerait toujours inadéquate, une adaptation et/ou une correction de brossage sera proposée.

Si des poches parodontales persistent, une intervention complémentaire s’avérera nécessaire. Pour ce faire, le praticien aura recours à la chirurgie afin de diminuer la profondeur des poches parodontales.

Le traitement chirurgical

Sous anesthésie locale, le parodontologue retire la gencive de l’os maxillaire. Lors de cette intervention, appelée « chirurgie à lambeaux », la gencive est légèrement écartée permettant l’évacuation des tissus infectés, l’adaptation de l’os maxillaire ainsi que l’examen et le nettoyage des racines des dents. La gencive est ensuite replacée et suturée. Le retrait des fils a lieu une à deux semaines après l’intervention lorsque la plaie sera presque totalement cicatrisée.

••• Message clé. La parodontite est une maladie infectieuse, ayant comme origine principale des micro-organismes bactériens. Une parodontite non traitée peut conduire à une perte de dents. Un brossage des dents impeccable, au moyen d’une brosse à dents et des accessoires interdentaires disponibles, peut prévenir une infection bucco-dentaire.

••• Dossier (texte et photos) réalisé en collaboration avec la Société belge de parodontologie. Pour accéder au site : cliquez ici.

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publié le : 22/09/2016 , mis à jour le 21/09/2016
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