Apprentissage : l'importance de la sieste

Dernière mise à jour: novembre 2016 | 5811 visites
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news Quel que soit l’âge, le sommeil joue un rôle majeur dans le processus de mémorisation. Chez l’enfant, la sieste consolide rapidement et efficacement l’apprentissage.

Le sommeil intervient sur plusieurs plans dans la consolidation de la mémoire, qu’elle soit déclarative (concepts théoriques, comme une définition) ou procédurale (relative à des techniques acquises, par exemple jouer du piano), et pour transférer les informations de la mémoire à court terme (l’hippocampe) vers la mémoire à long terme (le cortex).

Une équipe de l’Université libre de Bruxelles (ULB Neuroscience Institute) a étudié l’impact de la sieste sur l’apprentissage des plus jeunes. Des enfants âgés en moyenne de 10 ans ont participé à une expérience utilisant la magnétoencéphalographie (MEG). Cet appareil, équipé d’une sorte de « casque » à poser sur la tête, mesure les champs magnétiques infimes émis par les neurones du cerveau, ce qui permet d’obtenir une « photographie » extrêmement précise de leur activité.

Dans un premier temps, les spécialistes ont soumis aux enfants des images d’objets imaginaires accompagnés d’une définition. La MEG montre qu’à ce stade, l’hippocampe est fortement sollicité. Le groupe a alors été scindé : la moitié des enfants ont fait la sieste (une heure et demie), alors que les autres sont restés au calme. Ensuite, les enfants ont à nouveau visionné les images, toujours sous MEG.

Que montrent les résultats ? Chez les enfants qui avaient fait une sieste, ce sont les zones du cortex préfrontal, et non plus de l’hippocampe, qui sont majoritairement activées, ce qui indique que la consolidation de la mémoire – passage au long terme – semble effective avec la sieste, et en tout cas que le processus a démarré. Comme l’explique l’un des chercheurs, « ce transfert de l’hippocampe vers le cortex préfrontal a déjà été observé chez l’adulte, mais seulement bien après l’apprentissage. Notre étude suggère que le sommeil plus riche de l’enfant lui permet une assimilation plus rapide des nouveaux apprentissages, et que la pratique des siestes post-apprentissage pourrait améliorer la consolidation de la mémoire ». Ces observations rejoignent et confirment celles obtenues dans le cadre d’études antérieures.

Source: NeuroImage (www.journals.elsevier.com/n)
publié le : 17/11/2016 , mis à jour le 16/11/2016
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