Les livres à l’hôpital : un risque d'infection ?

Dernière mise à jour: octobre 2019 | 6955 visites
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news L’enquête est assez étonnante, mais elle ne manque pas de pertinence : les livres mis à la disposition des patients à l’hôpital, notamment la bible, pourraient-ils véhiculer des microbes dangereux ?

Dans certains pays, il est de tradition de disposer une bible dans l’un des tiroirs de la table de chevet de la chambre d’hôpital. Or, note en substance le Dr Philippe Tellier (Journal international de médecine), ces livres sont manipulés par les patients successifs sans avoir été désinfectés, ce qui interroge sur leur rôle potentiel de vecteurs de germes infectieux. On pourrait d’ailleurs élargir la question à tous les ouvrages et les magazines proposés gracieusement aux patients, souvent par des bénévoles.

Une équipe allemande a centré son attention sur une cinquantaine de bibles provenant de divers services de l’hôpital universitaire d’Essen, et qui ont été analysées par les spécialistes du département d’hygiène. Ils se sont aussi intéressés à une centaine de recueils de cantiques disposés dans la chapelle accessible aux patients, aux visiteurs et aux membres du personnel.

Que constate-t-on ?


Si des micro-organismes ont été retrouvés sur tous les livres, il s’agissait principalement de germes non infectieux, sachant néanmoins que des bactéries pathogènes (mais non multirésistantes) ont été détectées en très faible quantité sur deux bibles. Des moisissures (Aspergillus spp.) ont été identifiées à la surface de cinq bibles. Les recueils de cantiques présentent à peu près les mêmes caractéristiques, mais avec des concentrations encore plus faibles de micro-organismes (pas d’agent infectieux et pas de moisissures).

Comme l’explique le Dr Tellier, « aucune infection induite par les rares bactéries pathogènes bibliques n’a été mise en évidence rétrospectivement chez les patients hospitalisés ». Mais une question se pose tout de même : qu’il s’agisse de la bible ou d’un autre ouvrage, la prudence n’est-elle pas de mise pour les patients les plus fragiles face au risque infectieux et/ou souffrant d’une infection évolutive ?

Source: Infection (www.springer.com/medicine/i)
publié le : 24/05/2017 , mis à jour le 31/10/2019
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