Vertiges : pourquoi les femmes sont-elles plus à risque ?

Dernière mise à jour: mai 2019 | 1628 visites
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news Les femmes sont plus exposées au risque de vertige quand elles se lèvent trop vite (on parle d’hypotension orthostatique). Il est possible que leur cerveau mette plus de temps à « s’ajuster » que celui des hommes.

Ces malaises s’expliquent par le fait que le passage à la position debout s’accompagne, par gravité, du déplacement du volume sanguin vers les jambes, avec alors une baisse transitoire de la pression artérielle et du débit sanguin vers le cerveau. Des mécanismes physiologiques permettent à l’organisme de compenser, mais chez certaines personnes, cette réponse est plus lente, avec alors un risque d’étourdissement.

Pour approfondir la question, une équipe québécoise (université Laval) a procédé à des tests sur des hommes et des femmes en bonne santé générale. Leur pression artérielle et le flux sanguin cérébral ont été mesurés alors qu’il était demandé aux participants de se lever et de rester sur place pendant cinq minutes sans bouger les jambes.

Que constate-t-on ?

En position assise, les unes et les autres présentent une pression artérielle moyenne identique, avec une vitesse de flux cérébral plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Durant les quinze premières secondes suivant le passage à la position debout, la baisse de la pression artérielle est similaire dans les deux groupes, mais la diminution du flux sanguin est quasiment deux fois plus importante chez les femmes.

Comme l’explique l’un des chercheurs, « nos analyses indiquent que le délai moyen avant que les mécanismes de régulation entrent en action est deux fois plus lent chez les femmes. Elles mettent donc plus de temps à ramener le débit sanguin cérébral à sa valeur initiale ». Sans conséquence dans la plupart des cas, en sachant néanmoins que les malaises peuvent avoir des conséquences graves (chute) et qu’ils affectent davantage certaines populations, comme les diabétiques et les personnes âgées. Une meilleure compréhension des mécanismes qui entrent en jeu pourrait peut-être permettre de développer une prise en charge plus efficace.

En attendant, afin de limiter les risques, il faut évidemment éviter de se lever trop vite et s’assurer que l’on peut s’appuyer sur un support en cas de malaise. Une étude néerlandaise avait montré que le fait de contracter les muscles de l’abdomen et du bas du corps pendant 30 secondes avant de se lever réduisait la menace d’hypotension orthostatique.

Source: Physiological Reports (https://physoc.onlinelibrar)
publié le : 22/05/2019 , mis à jour le 21/05/2019
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