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Qu’est-ce que la BPCO ?

Dernière mise à jour: novembre 2020 | 312 visites

dossier La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une affection chronique et d’évolution lente des poumons où le débit des voies respiratoires diminue progressivement et le transport de l’air vers les poumons devient difficile.

BPCO est un terme générique regroupant deux affections pulmonaires : la bronchite chronique et l’emphysème. Dans le cas d’une BPCO, il y a une bronchite chronique ou de l’emphysème, ou les deux ensemble. La bronchite chronique apparaît généralement dans la phase initiale de la BPCO, l’emphysème survient, quant à lui, lors des formes sévères de la BPCO.

La bronchite chronique est une inflammation chronique et un rétrécissement des voies respiratoires où la couche de protection des voies respiratoires et les poils qui évacuent le mucus des voies respiratoires sont endommagés.

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L’emphysème se caractérise par une détérioration des alvéoles pulmonaires et de leurs parois. Les poumons perdent leur élasticité et l’air lors de l’expiration reste partiellement emprisonné dans les poumons. Ainsi, de l’air qui ne peut plus être expiré s’amasse dans les poumons, une dyspnée apparaît progressivement et le patient doit interrompre ses efforts pour retrouver son souffle. Au début, un patient BPCO présente peu ou pas de symptômes. L’affection se manifeste généralement après 45 ans. C’est justement cette absence de symptômes au stade initial de la maladie qui complique le dépistage précoce de la BPCO. La maladie n’est pas entièrement irréversible. En effet, il existe un rétrécissement pulmonaire permanent qui peut toutefois être traité mais la PBPCO ne peut pas être guérie. Une fois le diagnostic de la BPCO établi, les symptômes peuvent être réduits grâce à des médicaments, qui élargissent principalement les voies respiratoires, et à un programme de revalidation adapté.

Cause

Cette dégradation de la fonction pulmonaire est la conséquence d’une réaction inflammatoire anormale des poumons à des particules de poussière ou des gaz toxiques. Le principal responsable est la fumée du tabac, mais la pollution en milieu professionnel (par exemple les solvants), ménagère ou urbaine joue aussi un rôle.

Environ 9 patients BPCO sur 10 sont des fumeurs ou ex-fumeurs. Généralement, il suffit de fumer un paquet de cigarettes par jour pendant 10 ans pour développer une BPCO. Il est prouvé que l’impact du tabac sur la fonction pulmonaire est plus important chez les femmes que chez les hommes.

Tous les fumeurs ne développent pas une BPCO aussi rapidement. On considère généralement que plusieurs facteurs génétiques déterminent également le risque du développement de la BPCO.

Symptômes

Les symptômes suivants sont typiques et caractéristiques des patients atteints de BPCO :

• Toux chronique, qui peut être présente toute la journée ou survenir uniquement le matin au réveil.
• Glaires (expectorations).
• Une sensation d’essoufflement (dyspnée), surtout lors des efforts et qui augmente avec les années. Les patients ne sont de ce fait plus capables d’effectuer leurs activités quotidiennes ou même de marcher sur une courte distance. De nombreuses personnes atteintes de BPCO rencontrent des problèmes pour monter les escaliers ou reprendre leur souffle. La dyspnée peut survenir la première fois lors du jardinage, lors d’une montée ou même simplement à la maison. Les gens qui souffrent de BPCO marchent généralement plus lentement que les gens de leur âge. Avec les années, cette dyspnée peut se manifester plus fréquemment; généralement lors d’efforts de moins en moins intenses.

L’évolution de la BPCO s’accompagne de poussées d’un ou plusieurs symptômes durant une période limitée. Celles-ci peuvent être causées par une exposition à une substance irritante (par exemple la fumée du tabac ou des solvants industriels), à des événements climatiques, une erreur ou un oubli de traitement, une aggravation d’une insuffisance cardiaque.

Ces poussées peuvent disparaître spontanément après 5 jusqu’à 15 jours, mais peuvent aussi s’accompagner d’une insuffisance pulmonaire nécessitant une hospitalisation, et même parfois d’une assistance respiratoire.

Durant au moins la moitié de l’évolution de la maladie, le patient ignore l’affection qui le touche.

• Dans 50% des cas, la toux et les expectorations ne sont pas présentes.
• Dans l’autre moitié des cas, les symptômes ressentis sont considérés comme « normaux » par les fumeurs.
• A un stade précoce, la dyspnée ou l’essoufflement n’apparaissent que lors des efforts intenses.

Quelle est la différence entre la BPCO et l’asthme ?

L’asthme est une affection inflammatoire chronique des voies respiratoires qui se caractérise par des poussées périodiques de rétrécissement des voies respiratoires et de l’essoufflement. En dehors des crises, un patient asthmatique présente une respiration normale.

Dans le cas de la BPCO, en revanche, le rétrécissement des voies respiratoires est permanent. La sensation d’essoufflement est dès lors aussi présente quotidiennement. 

Asthme

BPCO

Apparition

Tous âges confondus

> 40 ans

Evolution

Majoritairement favorable

Graduellement progressive

Espérance de vie

Majoritairement normale

Diminue

Diagnostic

Débitmètre de pointe ou spiromètre

Spiromètre

Réversibilité après
bronchodilatation

Présente

Absente

Fonction pulmonaire

(Quasiment) normale lors d'une prise en charge optimale

Diminue, aussi lors d'une prise en charge normale

Comment la BPCO est-elle établie (diagnostic) ?

La présence de symptômes (toux du fumeur, refroidissement persistant, bronchite chronique…) ou de problèmes divers (fatigue à l’effort, endurance amoindrie…), le fait de fumer ou l’exposition à des polluants pourraient faire songer à la BPCO. Il existe aussi des listes de questions permettant aux patients de déterminer s’il leur est recommandé de consulter un médecin.

Avec un simple test respiratoire, appelé spirométrie, le diagnostic peut être confirmé rapidement et sans douleur.
Il est important que ce diagnostic soit établi le plus précocement possible pour éviter une évolution ultérieure de la maladie.

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Spirométrie

Une spirométrie est un simple examen fonctionnel qui peut également être réalisé par le médecin traitant. On parle de BPCO quand le patient affiche une VEMS/CVF <70% lors d’un examen spirométrique.

La VEMS (Fev sec-1)= Volume expiratoire maximal par seconde ou FEV 1 (Forced Exired Volume 1 second). La VEMS (Fev sec-1) est le volume maximum qui peut être expiré en une seconde et est mesuré lors d’une expiration forcée. Le patient doit tâcher d’inspirer le plus fort et le plus profondément possible pour ensuite expirer le plus fort et le plus rapidement possible jusqu’au bout. La CVF ou capacité vitale forcée est le volume maximum d’air qui traverse la bouche d’une inspiration ou expiration complète.

Le ratio VEMS / CVFest appelé coefficient de Tiffneau (Tiif %). Cet index reflète le degré d’obstruction des voies respiratoires (bronchi).

A quel point la BPCO est-elle grave ?

La BPCO est considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme la quatrième affection la plus mortelle, après l’infarctus, le cancer et les AVC. Parmi toutes les principales causes de décès dans le monde, la BPCO est la seule qui est en augmentation. Entre 1965 et 1998, le nombre de décès dus à la BPCO a augmenté de 163%. La raison est l’augmentation du tabagisme dans les pays en voie de développement et le tabagisme persistant dans les pays industrialisés, de même que le vieillissement de la population.

La BPCO est aussi la principale justification d’une transplantation pulmonaire.

En Belgique, il y aurait 680.000 patients BPCO chez les plus de 40 ans. De 50% à 85% de tous les patients BPCO ne sont pas diagnostiqués ou alors erronément.

Selon une étude suédoise, 66,7% de tous les fumeurs âgés de plus de 76 ans sont atteints de BPCO.

Nombre selon la classification GOLD au sein d’une population de plus de 40 ans.

Stade I : 259.286
Stade II : 272.932
Stades III & IV: 150.113

Traitement

Arrêter de fumer

Arrêter de fumer est le premier traitement de la BPCO. Fumer rend la respiration de plus en plus compliquée avec le temps. Il n’est dès lors jamais trop tard pour arrêter de fumer. Plus vite on arrête, plus les poumons restent jeunes longtemps. Si les poumons sont endommagés par des années de tabagisme, ils vieillissent à la même vitesse que chez les non-fumeurs dès le moment où l’on arrête le tabac.

Médicaments

• Les bronchodilatateurs font en sorte d’améliorer le flux d’air au sein des voies respiratoires. Ils sont considérés comme la pierre angulaire dans le traitement de la BPCO modérée, sévère et très sévère.

• Les corticostéroïdes administrés par inhalation sont la base d’un traitement contre l’asthme et peuvent jouer un rôle dans le traitement d’un patient atteint de BPCO sévère à très sévère.

• Les corticostéroïdes ingérés oralement sont généralement prescrits durant une courte période (lorsque les symptômes s’aggravent soudainement). Dans des cas rares, ils doivent être pris quotidiennement.

Programme d’entraînement

Revalidation musculaire et augmentation de la tolérance à l’effort, kinésithérapie de la respiration, ergothérapie, soutien psychologique peuvent contribuer à une meilleure qualité de vie.

Entraînement des muscles et de la tolérance à l’effort. Pour éviter d’être hors d’haleine, les patients atteints de BPCO sont évidemment tentés de faire sans cesse moins d’efforts. Mais en agissant de la sorte, ils risquent de tomber dans un cercle vicieux : les muscles voient leur tolérance à l’effort fondre par manque d’entraînement et ont dès lors constamment besoin de plus d’oxygène pour fournir le même effort. De ce fait, le patient devra finalement respirer plus profondément et se retrouvera tout de même essoufflé.

L’important est de casser ce cercle vicieux par un entraînement adapté des muscles, pour les réhabituer à fournir des efforts. Cet entraînement s’effectue dans des centres de revalidation sous la direction de kinésithérapeutes spécialisés. Il constitue la base d’un programme de revalidation.

Les exercices visent à accroître la capacité à l’effort tout en diminuant la dyspnée lors de leur exécution. Ainsi, le patient pourra réaliser ses tâches quotidiennes sans souffrir d’essoufflement.

Chez certains patients, les muscles respiratoires sont également gravement affaiblis. Ils peuvent être renforcés par des exercices quotidiens pratiqués durant 20 à 30 minutes, où le but est de respirer face à une résistance (par exemple en soufflant à travers une paille dans un verre d’eau). Ainsi, la sensation d’essoufflement diminuera.

Il est évidemment indiqué qu’un patient BPCO continue à entretenir sa condition physique en nageant, en faisant du vélo, en marchant par exemple.

Quelques conseils pratiques

• Faire chaque jour une balade de 20 minutes est un bon début.
• Effectuez les exercices qui vous conviennent, à un endroit où vous sentez à l’aise.
• Demandez à un ami ou à un membre de la famille de vous accompagner.
• Lorsque vous entamez un exercice, allez-y doucement.
• Si vous sentez que vous vous retrouvez hors d’haleine, arrêtez-vous et reposez-vous un moment.

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Ergothérapie

L’ergothérapeute va apprendre au patient à réaliser ses tâches quotidiennes le plus efficacement et le plus adéquatement possible, c’est-à-dire de manière à ce qu’il dépense le moins d’énergie possible et se retrouve le moins possible hors d’haleine.

Kinésithérapie de la respiration

Certains patients rencontrent des difficultés à expectorer des glaires, qui sont souvent produites en grande quantité chez les patients BPCO. La kinésithérapie de la respiration utilise des techniques qui facilitent cette expectoration.

Alimentation

De nombreux patients BPCO perdent du poids. Ceci s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord, ils ne mangent souvent pas assez. En outre, l’organisme dépense plus d’énergie que d’habitude, car il doit fournir un gros effort de respiration. Et puis, il y a encore les mécanismes spécifiques à la maladie (inflammation, prise de médicaments) qui contribuent peut-être aussi à une augmentation de la consommation d’énergie.

Cette perte de poids peut être néfaste, surtout aux stades sévères de la maladie. Un affaiblissement des muscles (muscles du corps et de la respiration) doit également être évité.

Il est préférable que des conseils alimentaires soient intégrés dans le programme de revalidation. Ils sont d’une importance capitale pour permettre au patient d’augmenter son poids et de le maintenir. En combinaisons avec de l’exercice, les muscles peuvent être renforcés. Cela contribuera à une autonomie accrue et à une meilleure qualité de vie.

• Si vous êtes fatigué, reposez-vous d’abord avant de manger. Mangez peu, mais fréquemment.
• Adoptez une position correcte et une bonne technique de respiration durant le repas.
• Mangez lentement et mâchez bien. Inspirez profondément avant chaque bouchée.
• Mangez des aliments qui se mâchent aisément, des repas qui sont faciles à préparer, ou faites appel à un service de livraison de repas à domicile.
• Prenez vos médicaments correctement et à l’heure voulue.
• Si vous êtes traité par oxygénothérapie, continuez à l’utiliser pendant le repas si besoin.
• Préparez des repas qui sentent bon et attisent l’appétit.
• Prenez votre repas principal au moment de la journée qui vous convient le mieux.
• Buvez un bouillon 30 minutes avant chaque repas.

En cas de sécheresse buccale

• Mâchez longtemps pour favoriser la production de salive.
• Buvez un peu lors de chaque bouchée.
• Prenez de la sauce à profusion avec vos repas chauds.
• Préparez des petits pains avec des aliments tartinables ou mous.

Glaires dans la bouche

Certains aliments peuvent entraîner une sensation de bouche pâteuse.

• Rincez votre bouche après chaque repas.
• Bon à savoir : le lait fermenté, le yaourt et la crème aigre causent moins de glaires.

Attention : les produits laitiers sont importants, ne les laissez pas de côté sans raison.

Chirurgie

La chirurgie s’impose dans des circonstances exceptionnelles, principalement dans le cas de l’emphysème. En cas d’emphysème sévère, plus localisé, le reste du poumon peut être opprimé et une intervention chirurgicale se révélera nécessaire pour éliminer ces zones touchées. Cela entraîne un meilleur épanouissement du poumon restant, afin que les symptômes de dyspnée soient soulagés. Ceci ne représente toutefois généralement qu’une solution temporaire.

La BPCO accompagnée d’emphysème est en Belgique la principale justification d’une transplantation pulmonaire. Pour l’obtenir, le patient doit être relativement jeune et se trouver en bonne santé. En fonction des conditions, un patient pourra recevoir un ou deux poumons (avec ou sans trachée). Dans des circonstances exceptionnelles, une transplantation cardio-pulmonaire pourra être pratiquée.

Classification de la BPCO selon le degré de gravité

Stade

Caractéristiques

0 : pas de BPCO

- spirométrie normale
- symptômes chroniques (toux, production de glaires)

I : BPCO légère

- VEMS/CVF < 70%
- VEMS > 80% de la valeur théorique
- avec ou sans symptômes chroniques (toux, production de glaires)

II : BPCO modérée

- VEMS/CVF < 70%
- 50% > VEMS < 80% de la valeur théorique

III : BPCO sévère

- 30% > VEMS < 50% de la valeur théorique

IV : BPCO très sévère

- VEMS/CFV < 70%
- VEMS < 30% de la valeur théorique ou
- VEMS < 50% de la valeur théorique + insuffisance respiratoire ou signes cliniques d’insuffisance cardiaque ventricule droit

Le VEMS (Fev sec-1)= Volume expiratoire maximal par seconde ou FEV 1 (ForcedExired Volume 1 second). Le VEMS (Fev sec-1) est le volume maximum qui peut être expiré en une seconde et est mesuré lors d’une expiration forcée. Le patient doit essayer d’inspirer le plus fort et le plus profondément possible pour ensuite expirer le plus fort et le plus rapidement possible jusqu’au bout. La CVF ou Capacité vitale forcée est le volume maximum d’air qui traverse la bouche d’une inspiration ou expiration complète. Le ratio VEMS / CVF chez un adulte normal oscille entre 70 et 80%. Une valeur inférieure à 70% indique une obstruction des voies respiratoires et la possibilité de BPCO. Le Volume expiratoire maximal par seconde ou FEV1 dépend de l’âge, du sexe et de l'ethnie et il est mieux calculé comme un pourcentage de la valeur théorique. Il existe des normes claires et des données locales dans la littérature pour des valeurs de VEMS normales, probables.

Ce dossier a été réalisée sur base de textes de : Dr V. Ninane (CHU Saint-Pierre), Pr W. De Backer (UZ Antwerpen), Pr M. Decramer (UZ Gasthuisberg, Leuven), Pr P. Bartsch (CHU Sart-Tilman, Liège).


publié le : 17/11/2020 , mis à jour le 17/11/2020
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