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Mon expérience avec un bypass gastrique (témoignage)

Dernière mise à jour: mars 2021 | 1124 visites

dossier Anouk était fatiguée d'être en surpoids. Quelque chose devait changer. Après mûre réflexion, elle a opté pour une dérivation gastrique. Voici son témoignage.

« Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours été en surpoids. Enfant, j’ai voulu participer à la procession du carnaval habillée en princesse. Malheureusement, les robes étaient toujours trop petites pour moi et j'ai été obligée de choisir une tenue de clown. C’est quelque chose qu’on n’oublie pas facilement.

Avec l'âge, j'ai appris à accepter mon obésité. J'ai économisé mon argent pour pouvoir faire du shopping dans de belles boutiques spécialisées tout en restant à la mode. Dans les autres magasins, je ne trouvais que des vêtements informes. »

Pourquoi avez-vous finalement opté pour la chirurgie ?

« Après la naissance de mon premier enfant, c'était difficile pour moi. J'ai fait la connaissance de nouvelles personnes - à la crèche, à la sortie de l'école... - et j'avais de plus en plus l'impression d'être « la grosse à la porte de l'école ». Lorsque les lacets de mon enfant étaient défaits, je devais me pencher en public, ce qui n'était pas évident. Quand nous allions au parc d'attractions, j'évitais certaines attractions de peur d'être considérée comme « trop grosse ». La déception sur le visage de mon enfant me faisait mal.

Il fallait donc faire quelque chose : j'ai essayé un régime protéiné, j’ai consulté une diététicienne, j'ai commencé à faire beaucoup d'exercice… J'ai tout essayé, mais rien ne changeait, j’étais toujours une grosse maman.

L'été dernier, j'ai commencé à penser de plus en plus à la chirurgie. J'ai lu sur le sujet, les effets secondaires possibles, le parcours, l’opération… Finalement, j'ai décidé d'appeler le centre de l’obésité d'un hôpital. J'ai pris rendez-vous en me disant : C'est juste pour prendre des infos. »

Combien de temps vous a-t-il fallu pour prendre votre décision ?

« Plus la date du premier rendez-vous approchait, plus j’étais sûre de moi. Après cet entretien, on m'a demandé d'y réfléchir. Mais ma décision était prise, je voulais lancer le processus. J'étais déterminée. »

Quelles ont été les réactions de votre entourage lorsque vous lui avez dit avoir opté pour cette procédure ?

« J'ai trouvé assez difficile de partager ma décision avec ceux qui m'entourent. D’autres patients racontaient qu'ils avaient reçu pas mal de commentaires négatifs : ils choisissaient le moyen le plus simple, ils étaient tout simplement trop paresseux et devraient manger moins…

C'est pourquoi je m’en suis d’abord ouvert aux personnes en qui j'ai vraiment confiance. Et en fait, toutes les réactions ont été réconfortantes. Mes contacts les plus proches - mon mari, ma mère... - ont eu un peu de mal au début. Ils pensaient que j'étais bien comme cela et ils avaient peur que je mutile et fasse du mal à mon corps. Pour le reste, je n'ai eu que des réactions positives. Certaines personnes ont remis en question l'opération: « Tu n’es pas grosse à ce point, si ? » , « Vous allez vraiment faire ça ? »… Mais à la fin, elles ont accepté ma décision. »

Qui avez-vous consulté pour préparer l'opération ?

« J'ai beaucoup vu mon médecin tout au long du processus. Il a expliqué l'opération à mon mari, évoqué les complications possibles... De cette façon, nous étions tous sur la même longueur d'onde.

J'ai rejoint un groupe Facebook. Là, on peut lire beaucoup de témoignages de réussites, mais aussi des histoires de personnes pour qui les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Évidemment, cela m'a fait peur. Mais mon psychologue m'a dit : « Anouk, si vous avez mal à la gorge et que vous cherchez des conseils sur Internet, vous avez 99% de chances de tomber sur un diagnostic de cancer, car dans bien des cas, seules les personnes avec une expérience négative la partagent. Si vous avez mal à la gorge et que vous êtes guérie 3 jours plus tard, vous n'irez pas le dire sur un forum ». Cela a tout mis en perspective pour moi.

J’ai aussi demandé conseil à des personnes que je connaissais et qui avaient subi un bypass. Cela m'a beaucoup aidé. Ce sont toutes des personnes en qui j'ai confiance. »

Quel a été le chemin parcouru avant l'opération ?

« Le chemin menant à l'intervention est long, vous passez beaucoup de temps à l'hôpital. Pour moi, cela a commencé par des examens radiologiques : scintigraphie osseuse, échographie, radio des poumons... Ensuite, j'ai fait une prise de sang, je suis allée chez le cardiologue pour des tests et une échographie de mon cœur. J’ai subi une gastroscopie et j’ai eu une consultation avec l'endocrinologue.

Après, j'étais attendue chez une diététicienne. Nous avons discuté de mes habitudes alimentaires, du passé au présent. Son travail consistait à évaluer si j'étais prête à changer complètement de cap. Et enfin j'ai vu un psychologue. Il devait déterminer si j'étais assez bien dans ma peau, car l'opération n’est pas légère.

Finalement, tous les médecins ont donné leur feu vert. Ce n'est qu'alors que j'ai vu le chirurgien de mon choix et une date a été fixée pour l'opération. »

C’est là qu’a démarré le dernier compte à rebours...

« En effet, les préparatifs se sont poursuivis pendant ces dernières semaines. Durant les dix derniers jours avant mon opération, j'ai dû suivre un régime strict de shakes pour que mon foie ne soit pas gras au moment de l'opération. Deux jours avant l'échéance, j'ai vu l'anesthésiste et j'ai passé un test Covid. Encore une fois, j'ai reçu le feu vert pour continuer. Et puis le moment est arrivé : l'opération. »

Comment vous êtes-vous sentie pendant la première semaine après l’opération ?

« On m’avait prévenue que ce qu’on ressent pendant cette première semaine dépend beaucoup d'une personne à l'autre. Une de mes connaissances a mangé un croque-monsieur 4 jours après son opération. Puis, 5 jours après l’intervention, elle est partie en vacances avec ses 2 jeunes enfants.

Les choses se sont un peu moins bien déroulées pour moi. J'ai passé la première semaine sur le canapé. J'ai beaucoup dormi, j'étais très nauséeuse. Je pouvais à peine manger ou boire. J'étais épuisée. A la fin de la semaine, j’ai commencé doucement à me sentir mieux à certains moments de la journée. »

Quelles sont vos attentes par rapport à cette opération et dans quel délai ?

« J'avais décidé de ne pas avoir de trop grandes attentes afin d'éviter les grosses déceptions. Je veux juste avoir un corps en meilleure santé et ne plus subir les complications d'un surpoids. Pour le reste, j'aimerais être cette maman énergique qui peut aller dans n'importe quelle attraction et faire du ski avec toute la famille. Selon le médecin, je devrais perdre environ 35 à 40 kilos. »

Êtes-vous inquiète d'éventuelles complications qui pourraient encore survenir ?

« A peine dix jours se sont écoulés depuis l’opération. Mais je me suis préparée à toute complication en lisant beaucoup à ce sujet.

Dans un premier temps, il y a les dumpings. Ils peuvent se produire lorsque le corps rejette un aliment particulier. Donc, la première année, il faut prendre le temps de tester ce que le corps peut tolérer et ce qu’il rejette. J'en ai moi-même peur. Imaginez tomber malade lors d'une soirée au restaurant avec des amis...

D'autres symptômes après un bypass sont la perte de cheveux, des problèmes dentaires ou une mauvaise haleine. Beaucoup disent aussi que leurs flatulences sentent particulièrement mauvais. Ce sont des complications dont je n'ai pas si peur. Sinon, les complications les plus graves sont la hernie intestinale, les calculs biliaires et les calculs rénaux.

Et puis bien sûr, il ne faut pas oublier l'aspect psychologique. Parce que dans tous les cas, vous êtes sur une énorme montagne russe émotionnelle. Je lis régulièrement des articles sur des personnes aux prises avec une dépendance à l'alcool depuis leur bypass. On m’a également informée à ce sujet à l'hôpital. Du coup, je m'interdis de boire de l'alcool pendant les six premiers mois après l'opération. Il faut ce qu’il faut ! »

Source: Annemie Vandeweerdt
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